Éducation PASEC2024 : Diomaye Faye sollicité pour porter le plaidoyer sur les apprentissages wassare newsOctober 23, 202601 views Audience entre le président Bassirou Diomaye Faye et une délégation de la CONFEMEN. Photo : Présidence de la République du Sénégal. Audience entre le président Bassirou Diomaye Faye et une délégation de la CONFEMEN. Photo : Présidence de la République du Sénégal. Présentés à Dakar, les résultats de l’évaluation menée dans 16 pays révèlent d’importantes fragilités en mathématiques, en lecture et dans la formation des enseignants. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a reçu, vendredi 23 octobre 2026, une délégation de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN). L’audience intervient au moment où Dakar accueille la présentation internationale des résultats PASEC2024, une vaste évaluation qui met en évidence d’importantes fragilités dans les apprentissages en Afrique subsaharienne. La délégation a présenté au chef de l’État les conclusions du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC). Elle lui a également demandé de porter auprès de ses pairs de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine un plaidoyer en faveur d’une utilisation plus systématique des données sur les apprentissages dans les politiques éducatives. Des résultats qui dépassent la seule question de l’accès à l’école Les données agrégées publiées par le PASEC concernent 16 pays, dont le Sénégal. L’enquête a porté sur 364 313 élèves évalués au début et à la fin du primaire et, pour la première fois dans ce dispositif, à la fin du collège. Elle a aussi concerné 23 254 enseignants du primaire, en plus d’enseignants du collège, de responsables d’établissement et de parents interrogés sur les contextes d’apprentissage. Les résultats internationaux montrent que 25 % des élèves atteignent le niveau attendu en mathématiques à la fin du primaire. Au début du primaire, cette proportion est de 74 %. Ces deux chiffres décrivent des niveaux de scolarité distincts et ne doivent pas être lus comme le suivi d’une même cohorte, mais ils signalent l’ampleur des difficultés accumulées au fil du parcours scolaire. À la fin du collège, 33 % des élèves atteignent le seuil de compétences fixé en lecture, après neuf ou dix années de scolarité. Du côté des enseignants du primaire, 21 % maîtrisent les contenus attendus en mathématiques, contre 43 % en compréhension de l’écrit. Ces résultats replacent la qualité de la formation initiale et continue des enseignants au centre du débat sur les performances des systèmes éducatifs. Une évaluation, pas un classement des pays Le PASEC précise que son objectif n’est pas d’établir un palmarès. Les scores, les seuils de compétences et les comparaisons doivent être interprétés en tenant compte des marges d’incertitude, des contextes nationaux et des différences méthodologiques. Les données internationales permettent d’identifier des tendances communes, mais elles ne suffisent pas à décrire à elles seules la situation exacte de chaque pays. Pour le Sénégal, une lecture complète nécessitera donc les résultats nationaux détaillés, les écarts entre territoires et milieux sociaux, ainsi que l’analyse des facteurs associés aux performances. Les rapports internationaux portent sur trois volets : les acquis au primaire, les compétences en fin de collège et les connaissances, pratiques et conditions d’exercice des enseignants du primaire. PASEC2024 constitue la troisième évaluation internationale comparative du programme, après les cycles de 2014 et 2019. La collecte principale a été réalisée en 2025. Son extension au collège permet désormais d’examiner les apprentissages à trois étapes de la scolarité et de mieux documenter les difficultés qui persistent au-delà du primaire. Le rôle attendu du Sénégal dans le plaidoyer régional La demande adressée au président sénégalais donne à cette audience une portée régionale. Elle vise à faire remonter la question des apprentissages dans les priorités de la CEDEAO et de l’Union africaine, alors que les débats sur l’éducation restent souvent dominés par la construction d’infrastructures, l’accès à l’école et les effectifs scolarisés. Porter ce plaidoyer ne signifie toutefois ni l’adoption immédiate d’un programme commun ni l’annonce de financements nouveaux. L’effet concret dépendra de la manière dont les États intégreront les résultats dans leurs plans sectoriels, leurs politiques de formation des enseignants et leurs dispositifs nationaux d’évaluation. La présidence sénégalaise relie cette démarche à la Vision Sénégal 2050, qui présente la qualité de l’éducation comme une condition de la souveraineté et de la compétitivité. Pour que cette orientation produise des effets mesurables, les résultats du PASEC devront être traduits en objectifs précis, suivis dans le temps et adaptés aux réalités des écoles sénégalaises. Ce que les chiffres impliquent pour les familles et l’économie Pour les familles, la question centrale n’est plus seulement de savoir si un enfant est inscrit à l’école, mais s’il acquiert effectivement les compétences nécessaires pour poursuivre ses études, accéder à une formation et s’insérer sur le marché du travail. Une maîtrise insuffisante de la lecture et des mathématiques réduit les possibilités d’apprentissage ultérieur et renforce les inégalités déjà liées au revenu, au territoire ou à la langue parlée à la maison. Pour l’économie sénégalaise, ces acquis conditionnent la disponibilité future de compétences techniques, numériques et managériales. L’enjeu est particulièrement important pour les ambitions de transformation industrielle et de création d’emplois inscrites dans les stratégies publiques. Les données du PASEC fournissent un diagnostic ; leur utilité se mesurera aux décisions prises pour améliorer les apprentissages dans les classes.