CAN 2032 et 2036 : la Guinée soumet ses infrastructures à l’évaluation de la CAF

Le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah lors de la rencontre avec la mission d’évaluation. Photo : Primature de la République de Guinée.

Le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah lors de la rencontre avec la mission d’évaluation. Photo : Primature de la République de Guinée.

Une mission associant la CAF et des experts spécialisés examine les stades, les transports, l’hébergement, la santé, le numérique et la sécurité. Pour Conakry, l’enjeu est aussi de démontrer qu’elle a tiré les leçons du retrait de la CAN 2025.

La candidature de la Guinée à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations en 2032 ou en 2036 entre dans une phase d’évaluation concrète. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a reçu, vendredi 23 octobre à Conakry, une délégation présentée par la Primature comme une mission associant la Confédération africaine de football et des cabinets spécialisés, en présence du ministre des Sports, Mamadou Cellou Baldé.

Cette étape ne constitue pas une attribution. Elle vise à mesurer la capacité du pays à répondre au cahier des charges de la compétition et à identifier les écarts qui devront être corrigés avant la décision de la CAF.

Un audit qui dépasse les stades

La mission porte sur les infrastructures sportives, mais aussi sur les capacités d’hébergement, les aéroports, les établissements sanitaires, les réseaux numériques et les dispositifs de sécurité. Les experts ont notamment visité les stades du 28-Septembre et de Nongo, selon la Primature guinéenne.

Cette approche élargie reflète la réalité économique d’une CAN moderne. La compétition suppose de pouvoir déplacer et accueillir des équipes, des supporteurs, des médias et des partenaires commerciaux dans plusieurs villes, tout en garantissant les soins, les communications et la sécurité. La qualité des enceintes sportives ne représente donc qu’une partie du dossier.

Le ministre Mamadou Cellou Baldé a fait état d’appréciations positives sur certaines installations visitées, tout en reconnaissant que des ajustements restent nécessaires face à l’évolution des exigences de la CAF. Le Premier ministre a demandé aux évaluateurs un examen critique, destiné à faire apparaître les insuffisances plutôt qu’à les minimiser.

Une procédure officiellement ouverte par la CAF

La Guinée a signé sa demande de candidature le 20 août 2026. Cette démarche s’inscrit dans la procédure lancée le 3 juillet par la CAF, qui a invité ses 54 associations membres à manifester leur intérêt pour les éditions 2028, 2032 et 2036. L’instance continentale indique avoir élaboré le processus d’attribution avec le cabinet PwC et des conseillers techniques, financiers et juridiques.

La Guinée vise deux échéances afin d’augmenter ses possibilités, mais l’évaluation ne préjuge pas du choix final. La CAF devra comparer plusieurs dossiers et apprécier la faisabilité technique, le financement, le calendrier des travaux et les garanties institutionnelles proposées par chaque candidat.

Le précédent de 2025 place l’exécution au centre

Le pays aborde cette nouvelle candidature avec un précédent lourd. En septembre 2022, la CAF lui avait retiré l’organisation de la CAN 2025, estimant que les infrastructures et les installations ne seraient pas prêtes pour accueillir une compétition répondant aux standards requis. La nouvelle démarche sera donc jugée autant sur la qualité des projets que sur leur capacité à être financés et livrés dans les délais.

Ce contexte donne une importance particulière à l’audit en cours. Les annonces de rénovation ou de construction devront s’accompagner d’échéanciers, de budgets identifiés, de procédures de marché solides et d’un dispositif d’entretien après la compétition. Sans ces éléments, l’effet d’entraînement attendu sur le tourisme, les transports et l’emploi resterait hypothétique.

Une opportunité économique, sous condition de discipline

Pour les autorités, l’accueil d’une CAN doit accélérer la modernisation des infrastructures et soutenir le programme Simandou 2040. L’impact potentiel est réel : amélioration de la mobilité, développement de l’hôtellerie, activité pour le bâtiment, services numériques et visibilité internationale.

Ces bénéfices dépendront toutefois du choix des investissements. Les équipements construits pour la compétition devront répondre à des besoins durables des populations et conserver une utilisation économique après l’événement. La prochaine étape décisive sera la publication d’une feuille de route précisant les travaux, leur coût, leur financement et leur calendrier.

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