Économie Guinée–Royaume-Uni : 1,8 milliard £ de projets au cœur du forum WCAF wassare newsOctober 23, 2026020 views Mamadi Doumbouya et la délégation britannique reçue à Conakry en marge du WCAF. Photo : Présidence de la République de Guinée. Mamadi Doumbouya et la délégation britannique reçue à Conakry en marge du WCAF. Photo : Présidence de la République de Guinée. La Guinée a placé un portefeuille de projets évalué à environ 1,8 milliard de livres sterling au centre de son dialogue économique avec le Royaume-Uni lors du cinquième Forum sur le commerce et l’investissement entre Londres et les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre, organisé les 20 et 21 octobre 2026 à Conakry. Ce chiffre, avancé par les autorités guinéennes, décrit un ensemble de projets soutenus ou envisagés avec UK Export Finance ; il ne correspond pas à une somme déjà décaissée. En marge du forum WCAF, le président Mamadi Doumbouya a reçu au palais Mohammed V une délégation britannique. La présidence guinéenne indique que les échanges ont porté sur les investissements, le renforcement des relations économiques et les perspectives de coopération dans le cadre du programme Simandou 2040. Cette audience intervient au moment où le gouvernement britannique annonce plus de 330 millions de livres de contrats d’exportation pour neuf projets d’infrastructure en Guinée et au Bénin, avec l’appui de son agence de crédit à l’exportation. Les annonces guinéenne et britannique sont complémentaires, mais leurs périmètres diffèrent : le portefeuille de 1,8 milliard de livres concerne les projets présentés par Conakry, tandis que les 330 millions couvrent un ensemble de contrats répartis entre deux pays. Plus de 1 500 participants et près de 100 entreprises britanniques Les autorités guinéennes font état de plus de 1 500 participants venus de plus de 50 pays, réunis autour de 23 panels. La délégation britannique comprenait notamment le directeur général d’UK Export Finance, Tim Reid, des représentants de British International Investment et du Private Infrastructure Development Group, ainsi que près de 100 entreprises britanniques. Le forum avait pour objectif de rapprocher les décideurs publics, les bailleurs et les entreprises autour de projets susceptibles d’être financés ou garantis. Cette fonction d’intermédiation est importante : un forum peut accélérer la préparation d’un projet, mais il ne vaut ni signature automatique d’un contrat ni décaissement immédiat. Écoles, eau et réseau électrique parmi les projets mis en avant Le gouvernement britannique cite plusieurs projets guinéens dans son annonce. Un programme d’infrastructures éducatives évalué à 75 millions de livres doit concerner la construction d’écoles primaires et secondaires dans quatre régions. Un projet régional d’accès à l’eau, porté par Aqua Africa, est évalué à 91 millions de livres. Le projet de transport d’électricité La Côtière–Conakry, associé à Elecnor, représente pour sa part 129 millions de livres. Les autorités britanniques présentent ces opérations comme des débouchés pour leurs entreprises et comme des infrastructures destinées à améliorer les services publics. Les valeurs annoncées décrivent la taille financière des projets. Elles ne permettent pas, à elles seules, de connaître la part de subvention, de prêt, de garantie ou de contribution guinéenne. Les conditions de financement, les calendriers et les obligations de contenu local devront être appréciés projet par projet. UK Export Finance augmente sa capacité d’intervention Londres indique que les neuf contrats en Guinée et au Bénin sont soutenus par 1,1 milliard de livres de financements ou de garanties d’UK Export Finance. L’agence britannique annonce également une hausse de 1,7 milliard de livres de sa capacité d’exposition en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette capacité n’est pas un fonds versé aux gouvernements. Elle représente la marge que l’agence peut mobiliser pour garantir ou financer des opérations liées à des exportations britanniques, sous réserve d’approbations, de contrats éligibles et de conditions financières. Selon le ministère guinéen du Plan et de la Coopération internationale, le soutien britannique aux exportations dans la région est passé d’environ 214 millions de livres lors du premier forum en 2022 à près de 480 millions au cours du dernier exercice achevé. Le portefeuille de contrats constitué depuis l’édition de Lomé atteindrait environ 1,14 milliard de livres. Simandou 2040 : l’enjeu du contenu local Pour Conakry, l’intérêt du WCAF dépasse le financement d’infrastructures. Le Premier ministre Amadou Oury Bah et le ministre Ismaël Nabé ont insisté sur la diversification économique, le contenu local, la formation et la création d’emplois, des priorités associées au programme Simandou 2040. La question décisive est celle de la transformation d’un portefeuille de projets en activité économique locale. Les travaux peuvent stimuler la construction, les services d’ingénierie et les chaînes d’approvisionnement. Leur effet durable dépend toutefois de la part des achats réalisés en Guinée, de l’emploi de travailleurs locaux, des transferts de compétences et de la capacité des infrastructures à fonctionner après leur mise en service. Ce que ces annonces peuvent changer pour les Guinéens Les projets d’eau, d’écoles et de transport d’électricité répondent à des besoins concrets. Une meilleure alimentation électrique peut réduire les interruptions pour les ménages et les entreprises. L’accès à l’eau et l’augmentation des capacités scolaires peuvent améliorer les services essentiels dans les zones concernées. Mais l’impact ne se mesure pas à la valeur totale annoncée. Il dépendra du nombre d’ouvrages effectivement livrés, des populations desservies, du coût supporté par l’État, de la qualité des équipements et du budget prévu pour leur entretien. Les points à surveiller après le forum Les prochaines étapes permettront de distinguer les projets engagés des projets encore en discussion. Les informations les plus utiles seront les dates de signature, les montants définitivement financés, la nature des garanties publiques, le calendrier de décaissement, les appels d’offres, les entreprises retenues et les engagements de contenu local. Le WCAF renforce la visibilité économique de la Guinée et rapproche Conakry des institutions financières britanniques. Sa réussite se jugera toutefois sur l’exécution : la transformation des annonces en infrastructures opérationnelles, en services accessibles et en emplois durables.