Formation professionnelle : le Sénégal évalue la mise en œuvre de l’Approche par les Compétences

La mise en œuvre de l’ Approche par les Compétences (APC) dans la formation professionnelle et technique au Sénégal fait l’objet d’une évaluation nationale. Un atelier tripartite consacré à la restitution et à la validation des résultats de cette évaluation s’est tenu mardi 29 septembre 2026 à Dakar, à l’initiative de la Direction des Curricula et Innovations pédagogiques (DCIP).

La rencontre, organisée sous la tutelle de la Direction générale de la Formation professionnelle et technique du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, a réuni plusieurs catégories d’acteurs intervenant dans le système de formation. Des représentants de l’État, des organisations patronales et syndicales, des établissements de formation, du secteur productif ainsi que des partenaires techniques et financiers ont pris part aux travaux.

Les échanges étaient présidés par Mamadou Mbengue, Conseiller technique du ministre. Le Directeur général de la Formation professionnelle et technique et Samira Daoud, Directrice du Bureau Afrique de l’Ouest de l’Organisation internationale du Travail (OIT), figuraient également parmi les participants.

Une évaluation menée dans les 14 régions

Réalisée avec l’appui technique de l’OIT dans le cadre du Global Skills Programme, financé par la Norvège, l’étude a porté sur l’ensemble du territoire national.

Les enquêteurs ont notamment examiné la situation de 50 structures de formation, 50 entreprises et 190 diplômés. L’objectif était d’apprécier les effets de l’Approche par les Compétences, mais également d’identifier les difficultés rencontrées dans sa mise en œuvre et les ajustements nécessaires.

Les résultats présentés lors de l’atelier font ressortir une situation globalement favorable en matière d’insertion des diplômés. Pour les cohortes 2022-2023 concernées par l’étude, le taux d’occupation s’établit à 75,7 %.

Autre enseignement de l’évaluation : 97,2 % des diplômés interrogés se déclarent satisfaits de la formation reçue. L’étude relève également une contribution de l’APC à l’acquisition des compétences techniques, à l’adaptation des diplômés à leur environnement professionnel et au développement de leur capacité à apprendre et à s’adapter.

Des insuffisances encore identifiées

Malgré ces résultats, l’évaluation met en évidence plusieurs points nécessitant des améliorations.

Les difficultés concernent notamment le pilotage du dispositif, les mécanismes d’assurance qualité, la formation continue des formateurs, la disponibilité et l’adéquation des équipements pédagogiques ainsi que la mise à jour des référentiels de formation.

L’actualisation des contenus apparaît particulièrement importante dans un contexte marqué par l’évolution rapide des métiers et des besoins des entreprises. Pour les acteurs du secteur, l’enjeu consiste à maintenir une correspondance entre les compétences enseignées dans les établissements et celles effectivement recherchées sur le marché du travail.

La question de la formation des formateurs constitue également un axe important. L’efficacité de l’APC dépend en effet de la capacité des enseignants et formateurs à maîtriser les méthodes pédagogiques correspondantes et à accompagner les apprenants dans l’acquisition de compétences directement mobilisables en situation professionnelle.

22 recommandations pour améliorer le dispositif

Les travaux de Dakar ont permis d’examiner 22 recommandations issues de l’évaluation. Elles sont organisées autour de quatre grandes orientations : « Piloter, Actualiser, Capaciter et Associer ».

Le premier axe porte sur le pilotage et la gouvernance du système. Le deuxième concerne l’actualisation des référentiels et des contenus de formation afin de mieux tenir compte de l’évolution des métiers.

Le troisième axe met l’accent sur le renforcement des capacités des acteurs, notamment les formateurs. Le quatrième vise à renforcer l’association des différents acteurs concernés par la formation professionnelle, en particulier le secteur productif.

Ces recommandations doivent contribuer à l’élaboration et à la consolidation de la feuille de route couvrant la période 2027-2032.

Rapprocher davantage la formation des besoins des entreprises

Au-delà de l’évaluation de l’APC, l’enjeu est de renforcer l’adéquation entre la formation professionnelle et les réalités du marché de l’emploi.

La participation des entreprises et des organisations professionnelles aux réflexions doit notamment permettre de mieux identifier les compétences recherchées et d’adapter les formations aux transformations des secteurs économiques.

La prise en compte des réalités territoriales constitue également un enjeu. L’évaluation ayant couvert les 14 régions du Sénégal, les recommandations doivent permettre de mieux intégrer les spécificités des différents territoires dans le développement de l’offre de formation.

L’atelier de Dakar ouvre ainsi une nouvelle étape dans le processus d’amélioration de la formation professionnelle et technique. Les résultats de l’évaluation et les 22 recommandations examinées doivent désormais servir de base à la mise en œuvre des prochaines orientations pour la période 2027-2032.

L’objectif affiché est de consolider la qualité des formations, d’améliorer l’insertion des diplômés et de renforcer l’adéquation entre les compétences développées dans les établissements de formation et les besoins du monde professionnel.

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