Le Ferlo dispose d’un nouveau centre destiné à rapprocher la formation professionnelle des jeunes et des femmes. Le Centre de formation professionnelle et technique de Warkhokh, dans le département de Linguère, a été officiellement inauguré le 5 novembre 2026 par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb.
Des formations liées aux besoins du territoire
L’établissement doit accueillir des apprenants de Warkhokh, Yang-Yang, Dodji, Kamb, Linguère et des localités environnantes. Les cursus annoncés vont du certificat d’aptitude professionnelle au brevet de technicien.
Les filières couvrent notamment l’élevage, l’électricité, l’énergie solaire, le froid, la maintenance industrielle, le numérique, la comptabilité, la couture, la coiffure et la restauration. Ce choix est stratégique pour une zone où l’économie pastorale occupe une place centrale, mais où les besoins en maintenance, en énergie et en services se développent rapidement.
Un investissement annoncé à 3,1 milliards de FCFA
Selon les comptes rendus de l’inauguration, le centre de Warkhokh représente un investissement d’environ 3,1 milliards de FCFA. Il s’inscrit dans un programme national de 23 centres mené avec le groupe Mitrelli, pour lequel l’État annonce un investissement global de 83 milliards de FCFA.
Le partenaire du programme estime que l’ensemble des 23 établissements pourrait accueillir à terme environ 30 000 apprenants par an. Cette projection concerne le réseau complet et ne constitue pas la capacité propre du seul centre de Warkhokh.
Former ne suffit pas : l’enjeu est l’emploi
L’ouverture d’un centre constitue une première étape. Son impact dépendra du nombre de formateurs disponibles, de l’entretien des équipements, de l’approvisionnement des ateliers et de l’adaptation régulière des programmes aux besoins des employeurs.
Pour les jeunes du Ferlo, la valeur du dispositif se mesurera surtout à la possibilité d’obtenir un stage, un emploi ou de créer une activité viable après la formation. Des partenariats avec les entreprises agricoles, les ateliers de maintenance, les installateurs solaires, les collectivités et les structures de financement seront donc essentiels.
Une place attendue pour les filles et les femmes
Le ministère a appelé les filles et les femmes à intégrer l’ensemble des filières, y compris celles traditionnellement considérées comme masculines. À l’occasion de l’inauguration, 280 femmes ont également reçu des attestations de formation, selon les comptes rendus de la cérémonie.
Pour que cette ambition se traduise dans les inscriptions, il faudra traiter les obstacles concrets : information des familles, transport, hébergement, garde d’enfants, sécurité et accès aux stages. La présence de femmes formatrices et de modèles de réussite dans les filières techniques pourrait aussi favoriser les candidatures.
Un projet attendu depuis plusieurs mois
Les documents budgétaires de l’État prévoyaient initialement la réception du centre de Warkhokh à la fin de 2025. Son inauguration en novembre 2026 montre que le calendrier a pris du retard. Le prochain test sera donc son fonctionnement effectif : ouverture des inscriptions, démarrage des cours, effectifs réels et insertion des premières promotions.
Le gouvernement affiche l’objectif de former 700 000 techniciens à l’horizon 2029. Le centre de Warkhokh peut contribuer à cette ambition, à condition que la quantité de personnes formées s’accompagne de compétences reconnues et de débouchés mesurables.