Service public : le Sénégal veut adapter le modèle azerbaïdjanais ASAN

Mamadou Lamine Dianté au Sommet des Nations unies sur l’innovation dans la gouvernance à Bakou. Photo : ministère sénégalais de la Fonction publique.

Mamadou Lamine Dianté au Sommet des Nations unies sur l’innovation dans la gouvernance à Bakou. Photo : ministère sénégalais de la Fonction publique.

Le Sénégal veut franchir une nouvelle étape dans la simplification des démarches administratives. À Bakou, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a sollicité l’appui technique de l’agence azerbaïdjanaise ASAN pour la conception et l’expérimentation de futures Maisons du Service public.

Un modèle de guichet unique centré sur l’usager

La démarche a été présentée les 4 et 5 novembre 2026, lors du Sommet des Nations unies sur l’innovation dans la gouvernance organisé dans la capitale azerbaïdjanaise. Selon le ministère sénégalais, l’objectif est de rompre avec une administration organisée en silos et des procédures souvent jugées complexes par les usagers.

Le modèle ASAN repose sur des centres regroupant plusieurs services publics dans un même espace, avec des procédures standardisées et un recours important aux outils numériques. Pour les citoyens, la promesse est simple : réduire les déplacements, les files d’attente et la multiplication des interlocuteurs pour accomplir une démarche.

Une coopération engagée depuis 2025

La rencontre à Bakou ne constitue pas un point de départ isolé. Un mémorandum d’entente conclu en 2025 entre les deux pays prévoit déjà le partage d’expertise, l’accueil de stagiaires et l’accompagnement du Sénégal dans l’adaptation du modèle ASAN. En septembre 2026, une délégation sénégalaise conduite par Mamadou Lamine Dianté avait visité des centres azerbaïdjanais afin d’en étudier le fonctionnement.

À Bakou, le ministre a rencontré Ulvi Mehdiyev, président de l’agence azerbaïdjanaise chargée du service public et des innovations sociales. Les échanges ont porté, selon le ministère, sur un soutien technique à la phase de conception et d’expérimentation des Maisons du Service public au Sénégal.

Ce que le projet peut changer pour les Sénégalais

Si le dispositif est effectivement déployé, il pourrait rapprocher l’administration des usagers et faciliter l’accès à plusieurs prestations dans un même lieu : documents administratifs, formalités sociales, services liés à l’emploi ou démarches destinées aux entreprises. La liste précise des services, les sites pilotes et le calendrier de mise en œuvre n’ont toutefois pas encore été rendus publics.

L’enjeu ne se limite pas à ouvrir de nouveaux bâtiments. L’efficacité du projet dépendra de l’interconnexion des administrations, de la fiabilité des bases de données, de la protection des informations personnelles et de la capacité des agents à traiter les dossiers sans renvoyer les usagers d’un service à l’autre.

Des résultats à mesurer, au-delà des annonces

Pour éviter que les Maisons du Service public ne deviennent de simples guichets supplémentaires, leur performance devra être mesurée : délais moyens, nombre de démarches réalisables de bout en bout, taux de résolution, disponibilité des plateformes et satisfaction des usagers.

La couverture territoriale sera également déterminante. Un modèle concentré à Dakar aurait un impact limité pour les habitants des régions éloignées. Des centres physiques, des unités mobiles et des services numériques accessibles sur des connexions modestes pourraient être combinés pour répondre aux réalités du pays.

La coopération avec l’Azerbaïdjan fournit au Sénégal une expérience déjà éprouvée. Elle ne garantit cependant pas, à elle seule, la réussite du projet. Celle-ci dépendra du financement, de la coordination entre ministères et surtout de la capacité à transformer les accords techniques en services réellement utilisables par la population.

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