Thursday, October 29, 2026
Transition énergétique : Diourbel relie les renouvelables à l’agriculture, à l’élevage et au commerce

Transition énergétique : Diourbel relie les renouvelables à l’agriculture, à l’élevage et au commerce

by wassare news
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Responsables réunis à Diourbel pour le Comité régional sur la transition énergétique juste
Responsables réunis à Diourbel pour le Comité régional sur la transition énergétique juste
Comité régional de développement consacré à la transition énergétique juste, à Diourbel. Crédit : Ministère de l’Énergie et du Pétrole.

Le dernier Comité régional de développement consacré au Partenariat pour une transition énergétique juste a mis l’accent sur les usages productifs de l’énergie et clôturé une concertation menée dans les 14 régions du Sénégal.

La transition énergétique sénégalaise cherche à sortir du seul débat sur la production d’électricité pour se rapprocher des besoins économiques des territoires. Réunis à Diourbel le 28 octobre 2026, autorités, collectivités et acteurs du secteur ont examiné la manière dont les énergies renouvelables peuvent soutenir l’agriculture, l’élevage, le commerce et la création d’emplois verts.

Une concertation achevée dans les 14 régions

Le Comité régional de développement organisé par le ministère de l’Énergie et du Pétrole clôt la série de rencontres consacrées au Partenariat pour une transition énergétique juste dans les 14 régions du Sénégal. Cette démarche, soutenue par la coopération allemande GIZ à travers le Programme énergie durable, vise à présenter la stratégie nationale et à recueillir les priorités locales.

Le passage par toutes les régions est important pour un programme qui doit répondre à des réalités très différentes. Les besoins d’une zone agricole, d’un centre urbain, d’un bassin d’élevage ou d’un territoire industriel ne se traduisent ni par les mêmes équipements ni par les mêmes modèles de financement.

Pourquoi Diourbel met l’accent sur les usages productifs

À Diourbel, les participants ont relié l’énergie à trois secteurs structurants : l’agriculture, l’élevage et le commerce. L’électricité renouvelable peut alimenter le pompage, la conservation, la transformation des produits, la réfrigération ou les petits équipements utilisés par les entreprises locales. Ces usages peuvent réduire les pertes, prolonger les périodes d’activité et augmenter la valeur créée sur place.

Dans l’élevage, l’accès à une énergie fiable peut notamment améliorer l’approvisionnement en eau, la conservation du lait et le fonctionnement des unités de transformation. Dans le commerce, il peut sécuriser la chaîne du froid et limiter la dépendance aux groupes électrogènes. Le CRD n’a cependant annoncé ni liste de projets, ni budget, ni calendrier propre à la région.

Le Sénégal atteint 27 % de capacités renouvelables installées

Selon les données présentées à Diourbel et rapportées par l’Agence de presse sénégalaise, les énergies renouvelables représentent actuellement 27 % des capacités électriques installées du Sénégal. Ce niveau traduit les investissements réalisés dans le solaire et l’éolien, mais il ne mesure pas à lui seul la disponibilité de l’électricité, son coût pour les usagers ou la qualité du réseau dans chaque localité.

Le plan d’investissement de la transition énergétique vise notamment à porter la part des renouvelables à 40 % et à accompagner l’accès universel à l’électricité. Ces objectifs nécessitent des moyens de production, mais aussi des réseaux, du stockage, des mécanismes de financement et une régulation capable d’assurer la stabilité du système.

Ce que cela peut changer pour les producteurs

Pour un agriculteur ou un éleveur, le bénéfice ne viendra pas du pourcentage national d’énergie renouvelable, mais de la possibilité d’obtenir un service fiable à un coût compatible avec son activité. Un équipement solaire mal dimensionné, sans maintenance ou sans solution de financement peut rapidement devenir inutilisable. La formation des techniciens et l’organisation du service après-vente sont donc aussi importantes que l’installation initiale.

Les emplois verts évoqués pendant la concertation peuvent concerner l’installation, la maintenance, l’audit énergétique, la fabrication de certains composants, la gestion des équipements et les services associés. Leur développement dépendra de commandes effectives, de formations reconnues et de débouchés durables pour les entreprises locales.

Une transition dite « juste » doit traiter le coût et l’accès

La notion de transition juste implique que la transformation du système énergétique ne creuse pas les inégalités entre territoires ou catégories d’usagers. Les ménages modestes, les petites entreprises et les producteurs ruraux doivent pouvoir accéder aux nouvelles solutions sans supporter des coûts disproportionnés.

La concertation régionale peut aider à identifier ces obstacles, mais elle devra être suivie de décisions mesurables : nombre de localités raccordées, coût moyen des installations, puissance mise à disposition des activités productives, emplois créés, taux de fonctionnement des équipements et économies réalisées par les bénéficiaires.

Après la concertation, l’enjeu de l’exécution

La clôture de la tournée nationale marque la fin d’une phase d’information et de consultation. Elle ouvre celle de la consolidation des besoins et de leur traduction en projets finançables. Le ministère devra préciser comment les contributions des 14 régions seront intégrées au plan d’investissement, comment les priorités seront choisies et quels acteurs assureront la mise en œuvre.

Pour Diourbel, la réussite de la transition énergétique sera jugée sur sa capacité à améliorer la productivité, stabiliser les revenus et rendre les services énergétiques plus accessibles. Sans projets concrets, financement, maintenance et suivi public, les ambitions présentées pendant le CRD resteraient difficiles à évaluer.

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