Dans une prise de position, Ndeye Sow Leïla appelle à distinguer la lutte contre la xénophobie de la nécessité pour l’État de faire respecter les lois et de protéger les enfants exposés à la mendicité dans les rues.
Le débat sur la présence de personnes étrangères pratiquant la mendicité dans les rues sénégalaises ne doit pas, selon Ndeye Sow Leïla, se transformer en rejet ou en stigmatisation de communautés entières. « Non à la xénophobie, non au rejet des étrangers et non à la stigmatisation », insiste-t-elle, rappelant que le Sénégal demeure une terre d’hospitalité.
Pour autant, l’hospitalité ne saurait, à ses yeux, justifier le laisser-faire. Elle estime nécessaire d’ouvrir un débat sur l’encadrement de la mendicité dans l’espace public et sur les responsabilités des pouvoirs publics.
L’une de ses principales préoccupations concerne la présence de bébés et de très jeunes enfants dans les rues, parfois pendant de longues heures, dans des conditions susceptibles de les exposer à la chaleur, à la pollution et aux dangers de la circulation.
« Un enfant doit-il être dans la rue pour permettre à un adulte de mendier ? », s’interroge-t-elle, appelant à davantage de vigilance sur les conditions de vie de ces enfants et sur les éventuels risques d’exploitation.
Pour Ndeye Sow Leïla, la question ne doit donc pas être abordée sous l’angle de la nationalité. Elle relève avant tout de la protection de l’enfance, de la dignité humaine et de la responsabilité de l’État.
Elle appelle également les autorités à renforcer les contrôles et à chercher à comprendre les mécanismes qui favorisent l’arrivée et l’installation de certaines personnes en situation de mendicité. Elle pose notamment la question de l’existence éventuelle de réseaux organisés et de la responsabilité des acteurs qui faciliteraient ces déplacements.
La prise de position insiste toutefois sur la nécessité d’éviter les amalgames. Respecter les étrangers et exiger le respect des lois sénégalaises ne seraient pas, selon elle, des positions contradictoires.
« On peut être accueillant et demander un contrôle efficace de nos frontières. On peut être solidaire sans accepter le laisser-faire », soutient-elle.
Pour l’auteure, l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre hospitalité, solidarité et respect de la loi. Elle estime surtout que la présence d’enfants dans les rues doit conduire les pouvoirs publics à agir davantage pour leur protection.
« Notre combat n’est pas contre les étrangers. Notre exigence s’adresse à l’État : contrôler, protéger, encadrer et faire respecter la loi », affirme Ndeye Sow Leïla.
Elle conclut son message par un triple appel : non à la xénophobie, non à la stigmatisation, mais non également au laxisme et au laisser-faire.
Ndeye Sow Leïla
La Républicaine 🇸🇳