Agriculture SM10 AGRO : une mission en Italie prépare l’usine de Bambali wassare newsNovember 3, 2026014 views Une ligne de traitement de fruits visitée en Italie dans le cadre de la préparation technique du projet SM10 AGRO. Photo : APIX S.A. Une ligne de traitement de fruits visitée en Italie dans le cadre de la préparation technique du projet SM10 AGRO. Photo : APIX S.A. Une délégation liée au projet agro-industriel porté par Sadio Mané a étudié en Italie des équipements de tri, de calibrage et de contrôle qualité destinés au futur site de transformation de mangues en Casamance. Le futur parc agro-industriel SM10 AGRO de Bambali entre dans une phase de préparation technique. Une mission organisée en Italie a permis à une délégation liée au projet d’examiner des équipements industriels et d’échanger avec plusieurs partenaires sur les solutions envisagées pour le traitement et la transformation de la mangue en Casamance. Dans une publication officielle, l’APIX cite le tri, le calibrage, le contrôle qualité des fruits, l’automatisation et l’organisation des installations parmi les sujets étudiés. L’agence présente cette mission comme une étape de préparation du futur outil industriel, sans annoncer pour l’instant la signature d’un contrat d’équipement. De la première pierre aux choix techniques La première pierre du parc a été posée le 19 septembre 2026 à Bambali, dans la région de Sédhiou. Le projet est porté par l’international sénégalais Sadio Mané et vise à regrouper, sur un même site, production agricole, préparation des fruits, transformation, développement des compétences et accès aux marchés. La mission italienne marque donc une évolution par rapport à la phase de lancement. Il ne s’agit plus seulement de présenter l’ambition générale, mais d’étudier les machines, les flux de production et les exigences de qualité qui devront structurer l’usine. Le choix de ces équipements sera déterminant pour limiter les pertes, adapter les fruits à différents débouchés et assurer une traçabilité conforme aux marchés visés. Un investissement annoncé à 11,7 milliards de FCFA Le ministère sénégalais de l’Industrie et du Commerce chiffre l’investissement à 11,7 milliards de FCFA. Le projet prévoit le développement progressif de 500 hectares de plantations et annonce plus de 1 000 emplois directs. Ces données correspondent à des objectifs de dimensionnement, et non à des emplois déjà créés ou à une production déjà réalisée. Le portail officiel de SM10 AGRO affiche actuellement une capacité cible de traitement de 8 500 tonnes par an. Lors de la présentation du projet en septembre, l’APS avait rapporté une capacité de 10 500 tonnes par an attribuée à une responsable de l’entreprise. Cette différence mérite une clarification publique. WASSARE retient ici le chiffre de 8 500 tonnes, car il figure sur la documentation actuelle du promoteur. Quels produits doivent sortir de l’usine ? Le parc doit préparer et conditionner des mangues fraîches, mais aussi accueillir des lignes consacrées à la pulpe ou à la purée, à la mangue séchée et au beurre de mangue. Cette diversification permettrait d’orienter les fruits selon leur qualité et leur maturité, au lieu de dépendre d’un seul débouché. Le modèle présenté par SM10 AGRO prévoit une chaîne intégrée allant des vergers au tri, puis à la transformation et à l’expédition. Les équipements étudiés en Italie devront donc être compatibles avec plusieurs usages : lavage, calibrage, refroidissement, préparation, contrôle des lots et transformation. L’automatisation peut améliorer la régularité, mais elle impose aussi des besoins en maintenance, en pièces de rechange et en compétences techniques locales. Un enjeu majeur pour les producteurs de Casamance Sadio Mané avait déclaré que 30 à 40 % des mangues de Sédhiou seraient perdues faute de capacités suffisantes de stockage et de transformation, selon un compte rendu de l’Agence de presse sénégalaise. Ce taux est une estimation présentée par le promoteur ; les sources consultées ne fournissent pas d’audit récent et indépendant permettant de le confirmer pour l’ensemble de la région. L’impact pour les producteurs dépendra surtout des modalités d’approvisionnement. Les prix d’achat, les critères de qualité, les volumes garantis, les délais de paiement et la répartition des risques devront être suffisamment clairs pour que les exploitations locales bénéficient réellement de l’usine. La seule présence d’une unité industrielle ne garantit pas automatiquement une hausse des revenus agricoles. Les défis derrière les machines La performance du futur site ne reposera pas uniquement sur la technologie. La mangue est une production saisonnière et périssable. Il faudra organiser la collecte, réduire le temps entre la récolte et le traitement, maintenir la chaîne du froid, sécuriser l’eau et l’énergie, et former les équipes aux normes d’hygiène et de sécurité alimentaire. Une étude de l’IPAR sur la filière mangue souligne depuis plusieurs années les difficultés d’approvisionnement régulier, la fragmentation des petits vergers et la faiblesse de la transformation. Le projet de Bambali devra donc articuler son propre verger avec les producteurs environnants, tout en préparant des débouchés nationaux et internationaux capables d’absorber les volumes annoncés. Ce qui reste à confirmer La communication de l’APIX ne précise pas les entreprises visitées, les fournisseurs présélectionnés, le coût des lignes étudiées ni la date prévue de mise en service. Elle ne dit pas non plus si les échanges en Italie ont déjà débouché sur des commandes fermes. À ce stade, il faut donc parler d’une mission d’exploration et de préparation technique. Les prochaines étapes attendues seront la sélection des équipements, la finalisation des plans du site, la construction des unités, le recrutement et la formation des futurs opérateurs. La mission italienne constitue un signal d’avancement, mais la réussite du projet se mesurera lorsque l’usine pourra traiter des mangues dans les conditions annoncées, acheter auprès des producteurs et commercialiser des produits transformés depuis la Casamance.