Politique LFR 2026 : Thierno Alassane Sall accuse Pastef d’avoir empêché le débat wassare newsNovember 3, 202607 views Thierno Alassane Sall à l’Assemblée nationale. Photo d’archives WASSARE. Thierno Alassane Sall à l’Assemblée nationale. Photo d’archives WASSARE. L’Assemblée nationale a rejeté la LFR 2026 sans examen au fond, après l’adoption d’une question préalable par 109 voix contre 20. Thierno Alassane Sall accuse la majorité Pastef d’avoir volontairement empêché le débat. Thierno Alassane Sall a vivement mis en cause la majorité parlementaire issue de Pastef après le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026. Le 3 novembre, l’Assemblée nationale a adopté une question préalable présentée par le député Amadou Ba, ce qui a entraîné le rejet du texte sans discussion générale ni examen des articles. Le scrutin s’est soldé par 109 voix en faveur de la question préalable, 20 contre et 3 abstentions, sur 132 votants. Thierno Alassane Sall présente le recours à cette procédure comme une volonté politique d’empêcher la contradiction. Le mécanisme est prévu par le règlement intérieur ; l’intention qu’il lui attribue relève de son appréciation d’opposant. Ce que Thierno Alassane Sall reproche à la majorité Dans son message, Thierno Alassane Sall soutient que les députés Pastef ont « étouffé tout débat » pour éviter que l’opposition ne conteste leurs arguments. Il estime que cette attitude fragilise les acquis démocratiques et accuse le parti au pouvoir de faire passer ses intérêts politiques avant ceux du pays. Il s’agit d’une accusation portée par un opposant. La publication ne fournit pas de compte rendu détaillé des incidents de séance, du temps de parole accordé à chaque groupe ou des décisions prises par le président de séance. Pour apprécier précisément l’existence d’un blocage du débat, le procès-verbal, les vidéos intégrales et le compte rendu officiel de la plénière restent les références attendues. Les faits de procédure déjà établis L’issue officielle du scrutin confirme l’adoption de la question préalable à 82,58 % des suffrages exprimés. Prévue par l’article 83 du règlement intérieur, cette procédure demande à l’Assemblée de décider qu’il n’y a pas lieu de poursuivre l’examen du texte. Avant la plénière, le projet avait déjà été rejeté deux fois par la commission des Finances, après des demandes d’informations complémentaires au gouvernement. Le rejet du 3 novembre met fin à cette procédure législative : le projet n° 40/2026 n’est pas devenu une loi et les modifications budgétaires qu’il contenait ne sont pas autorisées dans cette forme. Commission et plénière : deux étapes différentes Le rejet en commission n’avait pas clos automatiquement l’examen. La plénière pouvait encore examiner le rapport et se prononcer. Le 3 novembre, la majorité a choisi la question préalable, qui met un terme au texte avant la discussion générale. Il est donc exact que la LFR n’a pas été débattue article par article. Cette absence d’examen au fond découle toutefois d’un vote prévu par le règlement, et non d’une interruption informelle. L’opposition peut y voir une manière d’éviter la contradiction ; la majorité soutient qu’elle a exercé sa prérogative parlementaire face à un texte jugé insuffisamment sincère et documenté. Pourquoi une LFR est politiquement sensible Une loi de finances rectificative permet de modifier en cours d’année les prévisions de recettes, les autorisations de dépenses ou les équilibres fixés par la loi de finances initiale. Elle peut devenir nécessaire lorsque la conjoncture, les priorités publiques ou l’exécution budgétaire évoluent sensiblement. Le projet de LFR 2026 engage donc des choix concrets : financement des politiques publiques, trajectoire du déficit, mobilisation des recettes et affectation des crédits. Le conflit parlementaire dépasse la simple rivalité entre partis, car un rejet ou un retard peut obliger le gouvernement à revoir sa copie et à préciser ses arbitrages. Ce que le rejet change — et ce qu’il ne prouve pas Le PLFR voulait porter les dépenses à 7 583,9 milliards de FCFA, réviser le déficit à 7,6 % du PIB et augmenter les subventions énergétiques à 790,3 milliards. Il prévoyait aussi 300 milliards de FCFA pour intégrer une dette non financière fiabilisée et une hausse des crédits des bourses de sécurité familiale. Le rejet empêche l’entrée en vigueur de ces modifications par cette loi. Il ne signifie pas automatiquement que les fonctionnaires cesseront d’être payés, que toutes les bourses disparaîtront ou que le Sénégal perdra mécaniquement un financement du FMI. La loi de finances initiale 2026 reste le cadre en vigueur ; le gouvernement devra recourir aux instruments légaux disponibles, redéposer un texte ou revoir ses choix. Une majorité large, mais une responsabilité de transparence Pastef dispose d’une majorité très confortable à l’Assemblée nationale depuis les élections législatives de novembre 2024. Cette force numérique lui permet de peser sur l’issue des votes, mais elle ne dispense ni la majorité ni l’opposition d’un débat documenté sur les finances publiques. Pour les citoyens, l’enjeu n’est pas seulement de savoir quel camp a remporté la séquence. Il est aussi de comprendre pourquoi le texte a été rejeté, quelles informations ont été jugées insuffisantes, quels crédits sont concernés et quelles corrections le gouvernement pourrait proposer. La publication des rapports, des amendements et des réponses du ministère serait la meilleure manière de réduire les interprétations contradictoires. Les prochaines décisions attendues Le gouvernement doit maintenant préciser les mesures qu’il juge indispensables, leur base juridique et leur financement. Il peut revoir le projet, apporter les informations réclamées par les députés ou présenter de nouvelles solutions dans le respect de la loi organique relative aux lois de finances. Le fait vérifié est désormais clair : la LFR 2026 a été rejetée par l’adoption d’une question préalable, sans examen au fond. L’affirmation selon laquelle Pastef aurait utilisé cette procédure pour empêcher volontairement la contradiction demeure la lecture politique de Thierno Alassane Sall. Les annonces alarmistes sur l’arrêt immédiat des salaires ou la perte automatique d’un accord international ne sont pas établies par le seul rejet du texte.