Énergie Électricité au Sénégal : un programme de 615,9 millions de dollars à l’approche de son échéance wassare newsOctober 24, 202609 views Le Senegal Power Compact finance des projets de transport, d’accès et de réforme du secteur de l’électricité. Photo d’illustration. Le Senegal Power Compact finance des projets de transport, d’accès et de réforme du secteur de l’électricité. Photo d’illustration. Le Senegal Power Compact doit s’achever le 9 mars 2027. La dernière revue de sa composante de réforme met en avant le nouveau Code de l’électricité, le renforcement du régulateur et la modernisation d’outils de Senelec, sans encore mesurer leur effet final sur les factures et la qualité du service. Le Sénégal aborde les derniers mois d’un programme électrique de 615,9 millions de dollars, soit près de 339 milliards de francs CFA selon les équivalences communiquées. Le Senegal Power Compact comprend une contribution américaine de 565,9 millions de dollars, annoncée à plus de 311 milliards de francs CFA, et une contribution de l’État sénégalais de 50 millions de dollars, soit 27,5 milliards de francs CFA. Signé le 10 décembre 2018 et entré en vigueur le 9 septembre 2021, le programme doit s’achever le 9 mars 2027. Sa quatrième revue annuelle, organisée le 22 octobre 2026 à Dakar, était la dernière prévue dans le cadre du Compact. Plus de 200 représentants de l’administration, du secteur énergétique, des partenaires financiers, des entreprises, de la société civile et des médias y ont participé. Trois projets distincts derrière l’enveloppe globale Le montant de 615,9 millions de dollars couvre l’ensemble du Compact et ne doit pas être confondu avec le seul Projet Réforme. Le programme est structuré autour de trois composantes complémentaires : le renforcement du réseau de transport de Senelec, l’amélioration de l’accès dans les zones périurbaines et rurales, et la réforme du cadre institutionnel et réglementaire. Le Projet Réforme dispose pour sa part d’un budget de 19,69 milliards de francs CFA, soit environ 35,8 millions de dollars, et couvre l’ensemble des régions. Son objectif est d’améliorer la gouvernance et la viabilité financière du secteur, tout en créant un environnement jugé plus favorable aux investissements privés. La revue a été présidée par Oumy Khairy Diao Diop, secrétaire permanente à l’Énergie, représentant le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, en présence de Jennifer Davis Paguada, chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Sénégal. Code de l’électricité, régulation et outils de Senelec Selon le communiqué conjoint, la composante de réforme a soutenu l’adoption du nouveau Code de l’électricité, le renforcement de la Commission de régulation du secteur de l’énergie et la modernisation des outils de gestion et de maintenance de Senelec. Plus de 200 agents du secteur ont également été formés. Le programme met aussi en avant l’adoption du Plan intégré à moindre coût et l’opérationnalisation d’un guichet unique. Ces instruments doivent améliorer la planification des investissements et simplifier certaines démarches pour les porteurs de projets. Ils constituent des changements de cadre et de capacité ; ils ne suffisent pas, à eux seuls, à démontrer une baisse des tarifs ou une amélioration uniforme de la fourniture d’électricité. La secrétaire permanente a estimé que les réformes engagées rendaient le secteur plus attractif pour les capitaux privés et pourraient soutenir les capacités de production ainsi que l’emploi. La représentante américaine a, de son côté, insisté sur la poursuite des réformes et l’engagement durable des institutions pour préserver les résultats. Ce que les usagers et les entreprises doivent pouvoir mesurer Pour les ménages, l’enjeu se traduit par des indicateurs concrets : fréquence et durée des coupures, délai de raccordement, disponibilité de l’électricité en milieu rural, sécurité des installations et poids de la facture dans le budget familial. Pour les entreprises, la fiabilité du réseau influence directement les coûts de production, les pertes liées aux interruptions et la décision d’investir. La modernisation du transport et de la maintenance peut réduire les contraintes techniques, tandis qu’une planification à moindre coût peut orienter les choix d’équipement. Mais l’effet réel du Compact devra être évalué à partir de données de service, et non seulement à partir des financements mobilisés ou des réformes adoptées. La question de l’accessibilité reste également centrale. Étendre le réseau ne garantit pas automatiquement qu’un ménage ou une petite entreprise puisse supporter les coûts de branchement et de consommation. La dernière phase du programme devra donc éclairer à la fois les progrès physiques, la qualité du service et la soutenabilité économique pour les usagers. Une échéance au 9 mars 2027 La dernière revue doit servir à identifier les difficultés persistantes et les mesures nécessaires pour consolider les acquis avant la clôture du Compact. Cette échéance impose de préciser les chantiers achevés, ceux qui resteront en cours et les institutions chargées d’en assurer la continuité. Le financement extérieur a permis d’engager des investissements et des réformes de grande ampleur. Leur pérennité dépendra désormais du suivi budgétaire, de la capacité opérationnelle de Senelec et du régulateur, ainsi que de la publication régulière d’indicateurs fiables sur l’accès, la qualité et le coût de l’électricité. Pour les Sénégalais, le succès du programme se jugera moins au volume financier annoncé qu’à sa capacité à fournir une électricité plus stable, plus accessible et compatible avec les besoins des ménages, des services publics et de l’économie.