La rentrée scolaire 2026-2027 a officiellement débuté ce jeudi 1er octobre au Mali. Mais dans plusieurs zones du pays, des milliers d’élèves ne peuvent toujours pas reprendre le chemin des classes. Selon les données du Cluster Éducation Mali, reprises à l’occasion de la rentrée, 2 444 établissements scolaires sur 11 860 restent non fonctionnels, soit plus d’une école sur cinq. Cette situation affecte directement environ 733 200 enfants.
Les fermetures sont principalement liées à la dégradation de la situation sécuritaire. Certaines écoles ont été attaquées, pillées ou détruites, tandis que d’autres sont occupées par des familles déplacées par les violences. Dans certaines localités, l’insécurité empêche également des enseignants de rejoindre leur lieu d’affectation.
Le Nord et le Centre particulièrement touchés
Les régions du Nord figurent parmi les plus affectées. À Kidal, 84 % des établissements scolaires sont signalés comme fermés. À Ménaka, plus de la moitié des écoles ne fonctionnent pas. Dans le Centre, les académies de Bandiagara, Douentza et Tenenkou connaissent également des taux importants de fermeture.
La situation s’inscrit dans une tendance à la hausse. Le nombre d’écoles fermées était estimé à environ 1 300 en 2020, avant d’atteindre près de 1 800 en 2024. Le seuil des 2 400 établissements est désormais dépassé pour la rentrée 2026-2027.
Une rentrée placée sous le signe de l’éducation et de la citoyenneté
Cette rentrée intervient alors que les autorités maliennes ont placé l’année scolaire 2026-2027 sous le thème de l’éducation et de la culture. La cérémonie officielle de rentrée s’est tenue ce jeudi au Groupe scolaire Mamadou Diarra, à Bamako, en présence du ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savane, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et des acteurs du système éducatif.
À cette occasion, les autorités ont mis l’accent sur les valeurs patriotiques, citoyennes et républicaines. Une leçon modèle consacrée à la sécurité sanitaire des aliments en milieu scolaire a également été présentée, suivie d’une opération de plantation d’arbres fruitiers dans l’établissement.
En amont de la rentrée, le ministère de l’Éducation nationale avait engagé des concertations avec les syndicats et les partenaires de l’école. La question du nombre d’établissements fermés, mais aussi la situation des enseignants affectés à Ménaka et Kidal, figuraient parmi les préoccupations soulevées lors de ces échanges.
Malgré les mesures annoncées, le maintien de milliers d’écoles fermées demeure un défi majeur pour l’accès à l’éducation au Mali. La réouverture progressive de ces établissements dépend notamment de l’évolution de la situation sécuritaire et des conditions permettant aux élèves et aux enseignants de retrouver leurs salles de classe.