L’ancien Premier ministre Amadou Ba appelle le président de la République, le gouvernement et l’Assemblée nationale à rechercher un compromis sur les orientations budgétaires du Sénégal. Dans une déclaration publiée mardi 20 octobre, le député met en garde contre les conséquences économiques d’un désaccord prolongé sur la loi de finances rectificative (LFR) pour 2026.
Son intervention porte notamment sur les subventions énergétiques. Il estime que près de 540 milliards de FCFA pourraient rester sans crédits budgétaires suffisants si la LFR n’était pas adoptée. Ce montant est celui avancé dans sa déclaration ; les documents consultés pour cet article ne permettent pas d’en confirmer indépendamment le périmètre détaillé.
Une alerte sur les impayés, pas l’annonce d’une dette nouvelle
Amadou Ba présente un enchaînement possible : une couverture budgétaire insuffisante pourrait conduire à des impayés, puis à une accumulation d’arriérés et à un renchérissement du financement de l’État. Il demande qu’un accord soit trouvé avant la fin de l’exercice.
Il s’agit d’un risque conditionnel formulé par l’ancien chef du gouvernement. Sa publication ne constitue ni un état comptable des paiements déjà en retard ni l’annonce d’un nouvel emprunt de 540 milliards de FCFA. Elle ne détaille pas non plus la répartition de cette somme entre les différents dispositifs de soutien à l’énergie.
Concilier pouvoir d’achat et contraintes budgétaires
Dans son appel, l’ancien ministre des Finances reconnaît les préoccupations relatives aux prix, aux dépenses sociales, à l’investissement et aux subventions. Il défend une concertation permettant de rapprocher ces objectifs et les contraintes de financement public.
Pour les ménages et les entreprises, l’enjeu est concret : les arbitrages sur l’énergie peuvent peser sur les dépenses quotidiennes et les coûts d’activité. Mais la déclaration d’Amadou Ba n’annonce aucun changement de tarif, aucune suppression de subvention ni aucune décision déjà arrêtée en ce sens. Ces évolutions éventuelles devront être appréciées à partir des textes et des mesures effectivement adoptés.
Une proposition de dialogue, sans accord annoncé
Amadou Ba réitère sa proposition d’Assises sur l’économie, qu’il dit avoir défendue lors du dialogue national. Il souhaite un diagnostic partagé sur les difficultés structurelles du pays et des échanges respectant les prérogatives des institutions.
Cet appel intervient dans un contexte de tensions autour du budget et des discussions financières du Sénégal, déjà analysé par WASSARE à propos de la dette et du financement de l’État. La publication ne fait état d’aucune concertation déjà conclue. Son effet dépendra donc de la réponse des institutions et de la traduction éventuelle du dialogue dans les décisions budgétaires.