Installés en 25 jours, les équipements doivent sécuriser les déplacements nocturnes pendant les Jeux. Leur véritable valeur dépendra surtout de la maintenance et de leur fonctionnement après l’événement.
L’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER) a installé 1 200 lampadaires solaires à Saly et Diamniadio pour un investissement annoncé de 1,5 milliard de francs CFA. Réalisés en 25 jours, les travaux doivent renforcer l’éclairage des espaces publics et des axes utilisés pendant les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.
Le directeur général de l’ANER, Thierno Alia Mbengue, a présenté le bilan après une visite des installations. Les informations publiées par l’Agence de presse sénégalaise ont également été confirmées par la RTS. Les deux sources indiquent que les marchés comprennent des pièces de rechange et un volet de maintenance, sans préciser la durée de cet engagement après les Jeux.
Un coût moyen de 1,25 million de FCFA par lampadaire
Rapporté aux 1 200 équipements, l’investissement de 1,5 milliard de francs CFA représente un coût moyen de 1,25 million de francs par lampadaire. Ce calcul donne un ordre de grandeur, mais il ne signifie pas que chaque unité a été achetée à ce prix.
Le montant peut inclure les panneaux solaires, les batteries, les mâts, les luminaires, les travaux de génie civil, le transport, la pose, les pièces de rechange et la maintenance. L’ANER n’a pas publié le détail du marché, la répartition entre Saly et Diamniadio ni les caractéristiques techniques des équipements.
Sans ces données, il n’est pas possible de comparer précisément le prix avec d’autres programmes d’éclairage public. La puissance des lampes, l’autonomie des batteries, la résistance aux intempéries et la durée de la garantie influencent fortement le coût.
1 200 installations réalisées en 25 jours
Le rythme annoncé correspond à environ 48 lampadaires installés par jour. Cette cadence répond au calendrier serré des JOJ, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026.
Les équipes ont inspecté les grands axes, les abords des installations sportives et les espaces publics de Diamniadio. L’objectif est de faciliter la circulation nocturne et d’améliorer les conditions d’accueil des délégations, des spectateurs et des habitants.
Un éclairage plus régulier peut accroître la visibilité des piétons et des conducteurs et rendre certains espaces plus utilisables en soirée. Il ne suffit toutefois pas, à lui seul, à garantir la sécurité : la signalisation, la surveillance, l’entretien des routes et l’organisation des déplacements restent également déterminants.
Pourquoi le solaire a été retenu
Les lampadaires solaires produisent leur électricité localement grâce à un panneau photovoltaïque et la stockent dans une batterie. Ils peuvent être déployés sans extension lourde du réseau électrique, ce qui réduit les travaux de câblage et permet d’éclairer plus rapidement des zones éloignées d’un point de raccordement.
Cette autonomie peut aussi limiter la consommation facturée sur le réseau public. L’ANER n’a cependant fourni aucune estimation des économies d’électricité, de la production solaire attendue ni des émissions évitées. Ces indicateurs seront nécessaires pour évaluer la rentabilité environnementale du projet.
La performance dépend surtout de la maintenance : nettoyage des panneaux, remplacement des batteries, contrôle des luminaires et sécurisation des composants. Une panne non traitée transforme rapidement un investissement visible en équipement inutilisé.
Le projet s’inscrit dans un programme de 390 milliards
Les 1 200 lampadaires font partie du Programme national d’éclairage public solaire lancé en 2019. Selon le directeur général de l’ANER, la troisième phase doit porter le total à 303 000 lampadaires dans le pays, pour un investissement proche de 390 milliards de francs CFA.
Ce montant correspond à une moyenne d’environ 1,29 million de francs CFA par équipement, très proche de la moyenne de 1,25 million calculée pour Saly et Diamniadio. Là encore, la comparaison doit être prudente : les conditions d’installation, les équipements et les services inclus peuvent varier selon les localités.
À cette échelle, l’enjeu budgétaire est considérable. Une variation de 100 000 francs sur le coût moyen représenterait plus de 30 milliards de francs sur 303 000 lampadaires. La publication des contrats, des spécifications et des résultats de fonctionnement permettrait donc de mieux apprécier l’efficacité de la dépense.
Ce que l’éclairage peut changer pour les habitants
Pour les populations de Saly et Diamniadio, l’intérêt du projet dépasse les deux semaines de compétition. Des axes mieux éclairés peuvent prolonger l’activité des commerces, faciliter les déplacements des travailleurs et améliorer l’accès aux transports en soirée.
À Saly, où le tourisme et la restauration occupent une place importante, l’éclairage des espaces fréquentés peut soutenir l’activité après la tombée de la nuit. À Diamniadio, la présence de grands équipements, d’administrations et de nouveaux quartiers crée des besoins permanents de mobilité et de sécurité.
Ces effets resteront limités si les installations se concentrent uniquement autour des sites olympiques ou si les pannes s’accumulent après l’événement. La carte exacte des 1 200 emplacements permettrait de vérifier les quartiers réellement couverts.
La maintenance après les JOJ sera le principal test
L’ANER assure que les marchés prévoient des pièces de rechange et un dispositif de maintenance. La durée, le budget et les entreprises responsables n’ont pas été précisés publiquement.
Pour mesurer la qualité du programme, plusieurs indicateurs devraient être suivis : proportion de lampadaires en service, nombre de pannes, délai moyen de réparation, durée de vie des batteries, coût annuel de maintenance et économies réalisées par rapport à un éclairage raccordé au réseau.
Les JOJ ont accéléré l’installation. Le véritable bilan commencera après le 13 novembre, lorsque les visiteurs seront repartis et que les équipements devront continuer à éclairer les habitants. La réussite ne se mesurera donc pas seulement au nombre de lampadaires posés, mais à leur disponibilité dans deux, cinq et dix ans.
