Le chef de l’État a également demandé d’accélérer le Grand Transfert d’Eau vers Touba-Mbacké, de relancer les chantiers à l’arrêt et d’étudier un fonds spécial pour l’artisanat.
Le président Bassirou Diomaye Faye a demandé au gouvernement d’engager rapidement l’apurement de la dette intérieure et la relance des chantiers à l’arrêt. Ces orientations figurent dans le communiqué du Conseil des ministres tenu mercredi 28 octobre 2026 au Palais de la République.
Le chef de l’État a également ordonné l’accélération des projets d’électrification rurale et d’hydraulique, en citant le Grand Transfert d’Eau vers l’agglomération de Touba-Mbacké et le nouveau programme de forages multivillages. Le texte officiel a été diffusé par la RTS et repris par plusieurs médias sénégalais.
Il s’agit d’instructions données au Premier ministre et au gouvernement. Le communiqué ne fournit ni montants, ni nouveaux calendriers détaillés, ni liste de paiements déjà exécutés. Ces annonces ne doivent donc pas être confondues avec des réalisations achevées.
La dette intérieure placée parmi les urgences économiques
Le président demande un « apurement rapide » de la dette intérieure, en liaison avec les organisations faîtières du secteur privé. Cette dette correspond notamment aux sommes dues par l’État ou ses entités à des fournisseurs, entreprises et prestataires nationaux.
Lorsqu’un paiement public tarde, l’effet se propage dans l’économie : les entreprises peuvent manquer de trésorerie, différer leurs propres règlements, réduire leurs investissements ou suspendre des recrutements. Les petites et moyennes entreprises, qui disposent souvent de réserves plus limitées, sont particulièrement exposées.
Le communiqué ne précise pas le stock de créances à apurer, la période couverte ni la méthode de validation. Pour que la mesure soit évaluable, le gouvernement devra distinguer les factures reconnues, celles encore en audit et le calendrier effectif de paiement. La publication de ces données permettrait aussi d’éviter que des montants contestés soient assimilés à des dettes définitivement établies.
Relancer les chantiers et accélérer les investissements sociaux
Le chef de l’État demande des « actions concertées » pour relancer les activités économiques et les chantiers à l’arrêt. Il veut également intensifier la réalisation et l’équipement des établissements publics de santé, des universités, des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel et des écoles modernes.
Le texte ajoute une condition souvent décisive : ces infrastructures doivent être dotées de personnels qualifiés. Construire un bâtiment ne suffit pas à produire un service public si les enseignants, soignants, techniciens, équipements et budgets de fonctionnement ne suivent pas.
Le Conseil n’a pas publié la liste des chantiers concernés ni leur taux d’avancement. Un inventaire public, indiquant les coûts actualisés, les entreprises, les retards et les nouvelles dates de livraison, permettrait de mesurer la portée réelle de la relance annoncée.
Le Grand Transfert d’Eau vers Touba-Mbacké revient au premier plan
Parmi les projets cités figure le Grand Transfert d’Eau vers l’agglomération de Touba-Mbacké. Le président demande aussi d’accélérer un nouveau programme de forages multivillages et les projets d’électrification rurale.
Pour les habitants, l’enjeu dépasse la construction d’ouvrages. Il concerne la quantité d’eau disponible, sa qualité, la régularité du service et le coût supporté par les ménages. Dans le domaine électrique, le raccordement doit également être distingué de la continuité de l’alimentation et du prix du branchement.
Le communiqué ne fixe pas de nouvelle date de livraison pour le Grand Transfert d’Eau. La prochaine étape vérifiable sera donc la publication d’un calendrier, de jalons techniques et de données sur l’avancement. Sans ces éléments, l’instruction politique reste difficile à traduire en résultat mesurable.
Les lois de finances 2026 et 2027 au cœur de l’exécution
Bassirou Diomaye Faye a demandé au Premier ministre de prendre les dispositions juridiques et les mesures nécessaires à la mise en œuvre des politiques et projets inscrits dans le projet de loi de finances rectificative pour 2026 et dans le projet de loi de finances pour 2027, tous deux déposés à l’Assemblée nationale.
Cette formulation replace les arbitrages budgétaires au centre de l’action gouvernementale. Une instruction présidentielle peut définir une priorité, mais son exécution dépend des crédits autorisés, de la disponibilité de la trésorerie, des procédures de passation et de la capacité des administrations à engager les dépenses.
Le président a aussi demandé une évaluation intégrale du Plan de redressement économique et social et du déploiement des projets prioritaires de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Là encore, le communiqué annonce une évaluation, sans en publier les résultats.
Un fonds spécial envisagé pour financer l’artisanat
Le Conseil des ministres a placé l’artisanat parmi ses autres priorités. Le président souhaite un recensement général des artisans, leur enrôlement dans les dispositifs d’accompagnement et un meilleur accès à la commande publique.
Il demande au gouvernement d’étudier, à court terme, la création d’un Fonds spécial pour le financement de l’artisanat. Le mécanisme envisagé intégrerait les initiatives de l’État et des contributions directes des artisans. À ce stade, le montant, les critères d’éligibilité, le mode de gouvernance et les conditions de financement ne sont pas arrêtés dans le communiqué.
Le gouvernement devra aussi moderniser les Chambres de métiers, restructurer les activités de l’Agence de promotion et de développement de l’artisanat et du Projet Mobilier national, puis achever la régularisation foncière des sites qui abritent les villages artisanaux. Un Conseil interministériel consacré au secteur doit se tenir avant la fin de 2026.
Six mille volontaires des JOJ à accompagner après les Jeux
À trois jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, le gouvernement a consacré une partie importante de sa réunion aux derniers préparatifs. Les ministres doivent maintenir un dispositif de veille pendant la compétition et finaliser la stratégie d’héritage des Jeux.
Le communiqué met l’accent sur l’apprentissage et l’insertion des 6 000 jeunes volontaires mobilisés pour l’événement. Ce chiffre donne une dimension sociale à l’après-JOJ : l’expérience acquise dans l’accueil, la logistique, la communication, le transport ou l’organisation devra être transformée en compétences reconnues et, lorsque cela est possible, en débouchés professionnels.
Aucun dispositif précis de certification, de formation complémentaire ou d’accompagnement vers l’emploi n’est détaillé. Ces paramètres détermineront pourtant si le volontariat laisse un héritage durable ou s’achève avec la compétition.
Un programme dense dont l’exécution devra être documentée
Le Conseil a enfin demandé de poursuivre le dialogue social avec les centrales syndicales, d’accélérer la rationalisation des secteurs public et parapublic et de présenter un bilan d’étape du New Deal technologique. Il a aussi adopté un projet de décret sur les conditions d’octroi, de suspension ou de retrait des autorisations de mise sur le marché des médicaments à usage humain.
La feuille de route couvre ainsi la trésorerie des entreprises, l’eau, l’électricité, les infrastructures sociales, l’artisanat, la réforme publique et l’héritage des JOJ. La diversité des instructions rend indispensable un suivi public par projet : budget, responsable, calendrier, indicateurs et état d’exécution.
Pour les ménages et les entreprises, l’impact ne se mesurera pas au nombre d’orientations annoncées, mais aux factures effectivement payées, aux chantiers remis en activité, aux services d’eau et d’électricité disponibles et aux emplois créés. Le prochain enjeu sera donc de transformer le communiqué en résultats datés et vérifiables.
