Fonds spéciaux : Ousmane Sonko remet la transparence au cœur du débat public

Dakar, 17 août 2026 – Le président du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko, a réaffirmé son exigence de transparence dans la gestion des fonds spéciaux de l’État. Lors d’un entretien accordé à plusieurs médias sénégalais, l’ancien Premier ministre a également évoqué le contrôle parlementaire, les commissions d’enquête et les divergences qui l’opposent au président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

La question des fonds spéciaux s’est imposée au centre de l’entretien. Ousmane Sonko estime que ces ressources, financées par l’argent du contribuable, doivent être soumises à des règles de contrôle et de transparence.

« En démocratie, tout budget doit être contrôlé et soumis à des règles de transparence. Les fonds politiques doivent être encadrés et contrôlés », a-t-il insisté. Le leader de Pastef rappelle que l’encadrement de ces fonds figure, selon lui, parmi les engagements défendus par son parti depuis sa création en 2014. Il affirme également que son programme prévoyait la suppression des fonds dits « politiques » au profit de fonds spéciaux encadrés par la loi et soumis au contrôle de l’Assemblée nationale.

Cette orientation avait notamment été évoquée dans le programme « Jotna » porté par Ousmane Sonko lors de la présidentielle de 2019. Le même principe avait ensuite été repris dans le programme du candidat Bassirou Diomaye Faye en 2024.

  • Le Parlement appelé à jouer pleinement son rôle

Ousmane Sonko a également abordé la question du fonctionnement de l’Assemblée nationale. Il a salué le travail réalisé par son prédécesseur à la tête de l’institution, El Malick Ndiaye, notamment dans les domaines de la modernisation et de la gouvernance.

Il estime toutefois que le Parlement doit davantage s’affirmer dans le débat public à travers les propositions de loi et les missions d’enquête parlementaires. Pour lui, ces mécanismes permettent aux députés de contribuer directement à l’action publique et de renforcer le contrôle démocratique.

Cette position intervient alors que plusieurs commissions d’enquête parlementaires doivent être examinées à l’Assemblée nationale. Le débat autour du contrôle des ressources publiques devrait ainsi occuper une place importante dans les prochaines discussions parlementaires.

  • Sonko évoque les fonds spéciaux et cite l’exemple français

Pour défendre sa position, Ousmane Sonko a également cité l’exemple de la France, où il affirme que les fonds spéciaux sont soumis à des mécanismes de contrôle depuis plusieurs années.

Au Sénégal, il soutient que la Primature dispose de fonds politiques et affirme avoir brandi un décret signé en 2004 par l’ancien président Abdoulaye Wade pour étayer son propos.

Ces déclarations relancent ainsi le débat sur la traçabilité des ressources publiques et sur la nécessité de renforcer les mécanismes institutionnels de contrôle.

  • Des divergences avec Bassirou Diomaye Faye

Au cours du même entretien, Ousmane Sonko est également revenu sur ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye. Il affirme que les divergences entre les deux hommes ne sont pas essentiellement liées à des considérations politiques.

Selon lui, les désaccords portent notamment sur des questions de transparence, de bonne gouvernance et de souveraineté dans la gestion des ressources nationales.

« Mon problème avec le chef de l’État n’est pas lié à la politique », a-t-il notamment déclaré.

À travers ces différentes prises de position, le leader de Pastef cherche ainsi à réaffirmer les principes de contrôle, de transparence et de responsabilité qu’il présente comme des engagements fondamentaux de son parti. La question reste désormais de savoir comment ces principes seront traduits concrètement dans le fonctionnement des institutions et dans la gestion des finances publiques.

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