Société Technologie Sénégal Digital, Citoyens Sacrifiés : Quand la bureaucratie de Wave et du BRT plume le consommateur après 21 heures wassare newsJuly 17, 20260147 views La voix des citoyens • Grand angle investigation Rubrique : Société & Économie Numérique Alors que l’État sénégalais célèbre à grande échelle le « New Deal Technologique » et vante la dématérialisation des services publics, la réalité du terrain offre un visage bien plus sombre pour le citoyen lambda. Entre failles logicielles aberrantes, incohérences managériales flagrantes et mépris initial de la clientèle, une enquête exclusive de Wassare News met en lumière les angles morts d’un partenariat public-privé pourtant stratégique : celui unissant la multinationale Wave et le Bus Rapid Transit (BRT). Récit d’un parcours du combattant kafkaïen pour M. Mbaye, révélateur d’une défaillance systémique généralisée. C’est l’histoire d’un usager dakarois, d’un citoyen ordinaire qui, le soir du jeudi 16 juillet, décide d’agir en consommateur moderne. Devant l’arrêt de la Grande Mosquée, M. Mbaye utilise l’application Wave pour acheter deux tickets BRT en direction de Parcelles (à 21h04) et de la Préfecture de Guédiawaye (à 21h05). Montant de la transaction : 500 CFA par ticket. Un geste anodin, répété des dizaines de milliers de fois chaque jour à Dakar par des usagers faisant pleinement confiance aux outils numériques. Mais ce soir-là, la machine se grippe. M. Mbaye n’a absolument reçu aucune information indiquant que les services de transport du BRT s’arrêtent à 21h00. Sans aucun message d’avertissement ni blocage préventif sur son écran, l’application Wave encaisse l’argent avec fluidité pour un service déjà expiré. Le premier rempart auquel se heurte le citoyen sur le quai est le vigile de la station : « Monsieur, vous avez perdu votre argent, passez à autre chose ». Une phrase terrible, lâchée avec un détachement déconcertant, traduisant une culture solidement ancrée du mépris du client, comme si la spoliation financière de l’usager était une fatalité structurelle face à laquelle il faut s’incliner. L’enfer de la bureaucratie croisée : Un ping-pong institutionnel Refusant d’accepter cette injustice au nom du droit et du respect fondamental dû à chaque client, M. Mbaye insiste pour obtenir un interlocuteur légitime. C’est le début d’un ping-pong intolérable entre le service public (BRT) et l’opérateur financier privé (Wave), où chaque entité renvoie la responsabilité à l’autre avec une désinvolture déconcertante. Le soir même du 16 juillet, l’assistance de Wave demande à l’usager de patienter jusqu’à l’expiration du ticket (22h04 et 22h05). Une ironie mordante quand on sait que le service client de Wave ferme ses lignes à 22h00 précises ! Une impasse programmée qui force l’usager à abandonner ses droits. Le lendemain matin, vendredi 17 juillet, le marathon reprend et met à nu un déficit criant de cohérence interne chez Wave. À 10h37, une première agente nommée Meimouna assure qu’un remboursement est “impossible”, promettant un rappel d’un supérieur qui ne viendra jamais. À 11h14, une autre conseillère, Aïda, maintient la position d’impuissance de Wave et renvoie la balle vers le BRT au numéro 818 55 55 55, prétextant un blocage lié au statut de “compte marchand”. Saisi à son tour à 11h25, le BRT, par la voix d’un agent nommé Malik Mbaye, décline toute responsabilité technique : « Ce n’est pas notre application, nous ne pouvons rien faire à notre niveau. » Le citoyen sénégalais se retrouve ainsi pris au piège d’une zone grise technologique : l’argent a quitté son compte Wave, le BRT refuse le service, et les deux géants se rejettent la faute, laissant le consommateur dépouillé. L’effet « Magique » de la Presse : Quand la menace médiatique débloque les systèmes Il aura fallu qu’à 11h31, face à une énième conseillère de Wave (Patricia Sylva), M. Mbaye sorte l’arme absolue : la notification claire et nette qu’il documente chaque échange (noms, heures, fonctions) et qu’il s’apprête à porter l’affaire devant la presse, notamment auprès de Wassare News. Subitement, l’impossibilité technique proclamée pendant des heures s’évanouit. Quelques minutes plus tard, un responsable d’équipe de Wave, M. Baboucar Diagne, intervient personnellement au téléphone pour concéder un « geste commercial » sous forme de bonus de 500 CFA crédité sur le compte de l’usager, marquant sur son écran un premier règlement à 50 % avec la mention “crédit pour paiement après heure de service”. Après une perte momentanée de ligne, M. Diagne rappelle M. Mbaye à 12h01 suite à un court échange avec l’agente Anta Thiam à 11h57, pour finaliser l’appel et corriger un manquement sur le profil de l’usager. Si le cas particulier a été résolu grâce à la fermeté de la victime, le problème de fond reste entier et pose une question cruciale : Pourquoi faut-il menacer de saisir les médias pour qu’un droit élémentaire soit respecté ? Une faille technique intolérable : Nos propositions concrètes Cette affaire soulève une incohérence systémique majeure. L’arrêt des services de transport du BRT est fixe et parfaitement connu (les bus cessent de circuler à 21h00). Dès lors, comment est-il technologiquement possible que l’application Wave continue de vendre et de facturer des tickets hors des heures de service à des clients maintenus dans l’ignorance ? Une simple mise à jour logicielle, une restriction algorithmique ou un blocage automatique des transactions BRT sur l’application Wave au-delà de 21h00 suffirait à régler définitivement ce problème. Maintenir cette fonctionnalité ouverte après le passage du dernier bus s’apparente, aux yeux des consommateurs, à un piège financier automatique sur le dos des citoyens. Focus : Le fossé entre le « New Deal Technologique » et le quotidien des Sénégalais Le 4 décembre 2025, le Chef de l’État recevait en audience la délégation de Wave, conduite par sa Directrice régionale pour l’Afrique de l’Ouest, Mme Coura Tine Sène. Lors de cette rencontre au sommet, Wave réaffirmait sa volonté d’accompagner l’inclusion financière et la modernisation des services au bénéfice des citoyens. Wassare News pose aujourd’hui la question : l’inclusion financière signifie-t-elle tolérer des systèmes asynchrones qui spolient le citoyen sans mécanisme automatique de remboursement ? Les ambitions politiques de haut niveau ne doivent pas occulter les réalités de la rue dakaroise. Appel pressant aux régulateurs et à la société civile : L’ONG 3D interpellée Le citoyen ne doit plus être le dindon de la farce de la transition numérique. Face au manque de cohérence interne des équipes de support de Wave — où chaque agent distille une information différente avant qu’un supérieur ne doive éteindre l’incendie — il est urgent que les autorités de régulation et de défense des consommateurs sortent de leur mutisme. Wassare News lance un appel solennel aux organisations de la société civile, et plus particulièrement à l’ONG 3D dirigée par le leader d’opinion Moundiaye Cissé, reconnue pour son combat constant en faveur de la bonne gouvernance et des droits citoyens. La lutte pour le bien-être du peuple sénégalais passe aussi par la sécurisation de son pouvoir d’achat face aux dérives technologiques. L’ARTP (Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes) ainsi que le CETUD doivent impérativement imposer un cahier des charges strict à Wave et au BRT pour qu’aucun ticket invalide ne puisse plus jamais être vendu. Wassare News continuera de suivre de près ce dossier. Aucun compromis ne sera fait sur le respect du citoyen sénégalais.