Friday, November 6, 2026
Gabon–Chine : six accords et un partenariat renforcé autour des minerais et de la sécurité

Gabon–Chine : six accords et un partenariat renforcé autour des minerais et de la sécurité

by wassare news
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Xi Jinping et Brice Clotaire Oligui Nguema lors de la visite d’État du président gabonais à Pékin
Xi Jinping et Brice Clotaire Oligui Nguema lors de la visite d’État du président gabonais à Pékin
Xi Jinping et Brice Clotaire Oligui Nguema lors de la visite d’État du président gabonais à Pékin. Photo : Présidence de la République gabonaise.

Le Gabon et la Chine ont élevé leur relation à un nouveau niveau politique et économique. Reçu le 6 novembre 2026 au Grand Palais du Peuple à Pékin par Xi Jinping, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a assisté à la signature de six mémorandums d’entente, selon la Présidence gabonaise.

Une « communauté d’avenir partagé »

Les deux chefs d’État ont adopté une déclaration conjointe présentant désormais les relations entre leurs pays comme une « communauté d’avenir partagé à l’ère nouvelle ». La formule marque un approfondissement du partenariat, après 52 ans de relations diplomatiques.

Le ministère chinois des Affaires étrangères confirme que les documents signés couvrent notamment la mise en œuvre de l’Initiative pour la sécurité mondiale, le régime de droits de douane, les chaînes de production et d’approvisionnement ainsi que l’enseignement du chinois. La Présidence gabonaise parle de six mémorandums, sans en publier immédiatement le texte intégral ni les montants éventuels.

Les minerais au cœur de la stratégie gabonaise

L’un des principaux enjeux est la transformation locale des ressources naturelles. Selon la déclaration rapportée par Reuters, Pékin s’est engagé à soutenir le Gabon pour convertir ses avantages miniers en moteurs de développement. Cette orientation correspond à la volonté de Libreville de capter davantage de valeur avant l’exportation de ses matières premières.

La veille de la rencontre présidentielle, plusieurs accords avaient déjà été conclus à Shanghai. Ils concernent notamment un projet d’alimentation électrique pour une future usine d’alliages de manganèse, ainsi que des infrastructures ferroviaires, énergétiques et portuaires liées au projet de fer de Belinga. Trois protocoles ont également été signés avec Huawei dans la sécurité publique, la modernisation numérique des universités et les équipements pédagogiques d’intelligence artificielle.

Sécurité, commerce, santé et éducation

La coopération annoncée ne se limite pas aux mines. La déclaration conjointe prévoit un renforcement des échanges entre les forces armées, les services chargés de l’application de la loi et les agences de sécurité. Elle mentionne aussi le commerce, l’éducation et la santé publique.

Sur le plan commercial, Pékin met en avant l’accès sans droits de douane et une « voie verte » pour certains produits agricoles africains. Pour le Gabon, l’enjeu sera de transformer ces facilités en exportations réelles, ce qui suppose des volumes suffisants, des normes sanitaires respectées et une logistique compétitive.

Des accords à convertir en investissements et en emplois

Les annonces sont politiquement importantes, mais leur impact économique dépendra de leur exécution. Un mémorandum d’entente fixe une intention ou un cadre de coopération ; il ne garantit pas automatiquement un financement, un chantier ni un calendrier.

Pour les Gabonais, les résultats devront se mesurer à la part des ressources transformées localement, au nombre d’emplois créés, au transfert de compétences et à la participation des entreprises nationales. La transparence des contrats, les conditions fiscales, les normes environnementales et le suivi des engagements seront également déterminants.

Un signal pour les autres pays africains

Le rapprochement illustre une tendance plus large : plusieurs États africains cherchent à renégocier leur place dans les chaînes de valeur mondiales en privilégiant la transformation locale plutôt que l’exportation de matières premières brutes. La Chine, de son côté, souhaite sécuriser ses approvisionnements et renforcer sa présence dans les infrastructures, le numérique et la sécurité.

Le Gabon dispose d’atouts miniers et énergétiques importants, mais la réussite de cette stratégie dépendra de sa capacité à négocier des projets équilibrés et à en publier les résultats. La prochaine étape sera donc moins diplomatique que concrète : transformer les six mémorandums et les accords signés à Shanghai en investissements vérifiables, en unités industrielles opérationnelles et en emplois durables.

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