Friday, October 30, 2026
Guinée : Djiba Diakité préside la 12e réunion stratégique de Simandou 2040

Guinée : Djiba Diakité préside la 12e réunion stratégique de Simandou 2040

La Guinée mise sur 122 projets structurants pour diversifier son économie et renforcer son développement à l'horizon 2040.

by Ndeye Fatou Mbaye
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La Guinée poursuit le déploiement de son Programme Simandou 2040, une stratégie nationale destinée à transformer en profondeur son économie au cours des quinze prochaines années. Le mercredi 28 octobre 2026, le Comité stratégique chargé de son pilotage a tenu sa douzième réunion de suivi de la mise en œuvre des projets, sous la présidence de Djiba Diakité, ministre Directeur de cabinet de la Présidence de la République et président du Comité stratégique de Simandou.

Cette nouvelle session s’inscrit dans le dispositif de gouvernance mis en place pour suivre l’exécution des projets, évaluer les résultats obtenus et identifier les contraintes susceptibles de ralentir leur réalisation. Elle traduit également la volonté des autorités guinéennes de renforcer la coordination entre les administrations, les partenaires techniques et les différentes structures chargées de la mise en œuvre du programme.

Autour de Djiba Diakité étaient réunis les membres du Comité stratégique, le président du conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen, les responsables du Guinea Development Board (GDB), de la Delivery Unit et les représentants du cabinet KPMG. La Société guinéenne du patrimoine minier (SOGUIPAMI) ainsi que la Primature ont également pris part aux échanges.

Un dispositif de suivi axé sur les résultats

À l’ouverture des travaux, Djiba Diakité a rappelé les orientations devant guider la poursuite du programme, notamment les priorités opérationnelles, la coordination entre les structures impliquées et le respect des objectifs assignés à chaque acteur.

Au cœur de cette douzième réunion figurait l’évaluation du niveau d’avancement des différents projets. Le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a présenté un état des lieux des réalisations, des difficultés rencontrées et des prochaines étapes à franchir.

Cette évaluation doit permettre de mesurer les progrès accomplis, mais également de repérer les retards et les insuffisances afin d’apporter les corrections nécessaires. L’enjeu est de faire du suivi régulier un véritable instrument de décision et d’amélioration de la performance publique.

Le ministre de la Modernisation de l’administration publique et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a également mis en avant l’intérêt de ces rencontres périodiques pour apprécier les performances des différentes structures, identifier leurs insuffisances et déterminer les efforts supplémentaires à fournir.

Les présentations du Guinea Development Board et de la Delivery Unit ont, dans cette perspective, permis de faire le point sur leurs activités respectives, les résultats enregistrés et les domaines nécessitant un suivi renforcé.

122 projets structurants au cœur de la stratégie nationale

Le Programme Simandou 2040 repose sur une ambition qui dépasse largement l’exploitation du minerai de fer. Il s’agit d’utiliser le potentiel minier et les investissements associés comme des leviers pour développer d’autres secteurs de l’économie guinéenne.

Selon les données présentées sur le portail officiel du programme, cette stratégie comprend 122 projets structurants, 48 programmes phares et 36 réformes institutionnelles, répartis entre cinq grands piliers prioritaires.

Le premier concerne l’agriculture, l’industrie alimentaire et le commerce. Il vise notamment à renforcer la production nationale, améliorer la sécurité alimentaire et développer la transformation locale des produits agricoles.

Le deuxième pilier porte sur l’éducation et la culture, avec des orientations consacrées à la formation, à la recherche, à l’innovation et à la valorisation du patrimoine culturel.

Le troisième regroupe les infrastructures, les transports et les technologies. Il prévoit le développement des réseaux de transport, de l’énergie, des infrastructures urbaines et de la connectivité numérique.

Le quatrième concerne l’économie, les finances et les assurances, avec un accent particulier sur le financement des entreprises, l’attractivité des investissements et le développement des services financiers.

Enfin, le cinquième pilier est consacré à la santé et au bien-être, notamment à travers le renforcement des infrastructures sanitaires et l’amélioration de l’accès aux services de santé et de protection sociale.

À ces cinq axes s’ajoutent des réformes transversales liées à la modernisation de l’État, au développement durable et à l’inclusion sociale.

Un investissement estimé à 200 milliards de dollars sur quinze ans

L’ampleur financière du Programme Simandou 2040 constitue l’un de ses principaux enjeux. Les projections officielles font état d’un volume global d’investissements estimé à 200 milliards de dollars sur la période 2025-2040.

Le déploiement est organisé en trois grandes phases.

La première, couvrant la période 2025-2030, correspond à la phase de fondation. Elle prévoit environ 65 milliards de dollars d’investissements, dont 20 milliards consacrés au mégaprojet intégré de Simandou.

La deuxième phase, de 2030 à 2035, prévoit 75 milliards de dollars et doit favoriser la diversification économique, notamment à travers le développement des industries de transformation locale.

La troisième, entre 2035 et 2040, prévoit 60 milliards de dollars supplémentaires. Elle vise à consolider les acquis, renforcer l’intégration régionale et favoriser l’émergence d’entreprises guinéennes capables de se positionner sur les marchés internationaux.

Pour mobiliser ces ressources, le programme prévoit une contribution du secteur privé à hauteur de 40 %, du budget de l’État à 30 %, du Fonds souverain guinéen à 20 % et des partenaires internationaux à 10 %. Ces proportions constituent une architecture financière prévisionnelle et non des financements déjà entièrement mobilisés.

Le financement, un enjeu déterminant pour la réalisation des projets

La mobilisation des ressources financières demeure une condition essentielle à la concrétisation des ambitions affichées. Dans cette perspective, la Guinée a engagé plusieurs démarches auprès de partenaires financiers régionaux et internationaux.

Le 8 avril 2026, à Accra, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) et la République de Guinée ont signé un protocole d’accord portant sur l’accompagnement financier de six projets prioritaires inscrits dans le cadre de Simandou 2040.

L’enveloppe annoncée pour ces projets est estimée à plus de 310,5 millions d’euros et 387,9 millions de dollars américains. Les secteurs concernés comprennent les infrastructures de transport, les énergies renouvelables, l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’administration foncière et la modernisation de l’administration publique.

Parmi les initiatives mentionnées figurent des infrastructures routières à Conakry, des programmes de mécanisation agricole, le développement de la filière avicole, la modernisation du cadastre foncier ainsi que la construction de centrales solaires photovoltaïques totalisant 80 mégawatts dans quatre régions du pays.

Ce partenariat illustre la dimension régionale de la stratégie de financement du programme. Il reste toutefois important de distinguer les engagements de financement annoncés de la réalisation effective des projets et du décaissement des ressources.

En parallèle, le dispositif de gouvernance de Simandou 2040 prévoit la structuration d’un Fonds souverain guinéen destiné à contribuer au financement du développement sur le long terme. Le programme accorde également une importance particulière à la notation souveraine du pays, un instrument susceptible de renforcer sa visibilité auprès des investisseurs et de faciliter son accès aux marchés financiers.

La Guinée a obtenu en septembre 2025 sa première notation souveraine auprès de Standard & Poor’s, avec une note B+ à long terme et B à court terme. En mars 2026, l’agence a relevé la perspective associée à cette notation de stable à positive, tout en maintenant la note B+.

Le mégaprojet minier comme moteur d’une transformation plus large

Le projet intégré de Simandou occupe une place centrale dans cette stratégie. Situé dans le sud-est de la Guinée, le massif de Simandou abrite d’importantes réserves de minerai de fer à haute teneur. Son exploitation s’accompagne du développement d’infrastructures ferroviaires et portuaires destinées à assurer le transport et l’exportation de la production.

La Compagnie du TransGuinéen figure parmi les acteurs associés à ce dispositif logistique. Le développement du chemin de fer et des installations portuaires doit également contribuer à améliorer les capacités de transport du pays.

Pour les autorités guinéennes, l’enjeu consiste à faire en sorte que les retombées de cette activité dépassent le secteur extractif. La création de valeur ajoutée locale, le développement industriel, le transfert de compétences, la formation de la main-d’œuvre nationale et la création d’emplois constituent des dimensions importantes de cette ambition.

C’est précisément dans cette logique que Simandou 2040 a été conçu comme un programme de développement multisectoriel et non comme un simple projet minier.

2027 : accélérer les financements et les projets en attente

Les perspectives pour 2027 ont également occupé une place importante dans les échanges de la douzième réunion. Le ministre Ismaël Nabé a évoqué la nécessité d’accélérer les projets qui ne sont pas encore entrés en phase d’exécution, notamment ceux dont le démarrage dépend de financements extérieurs.

Il a également attiré l’attention sur les dossiers de financement soumis à l’Assemblée nationale, en évoquant quatorze projets concernés. Leur aboutissement constitue un enjeu pour la poursuite des investissements et la réalisation des objectifs du programme.

Pour les structures chargées de la coordination, la prochaine étape devra ainsi porter sur la levée des contraintes financières, l’amélioration de la préparation technique des projets et le respect des calendriers d’exécution.

Le représentant de KPMG, Maïssa Tall, a pour sa part insisté sur la nécessité de maintenir une méthode de travail rigoureuse, fondée sur la discipline, l’efficacité et le respect des orientations stratégiques.

Les interventions de la Compagnie du TransGuinéen, de la SOGUIPAMI et de la Primature ont également contribué à alimenter les discussions sur les responsabilités opérationnelles et les défis liés à la mise en œuvre.

Des ambitions économiques confrontées à l’exigence de résultats

Avec Simandou 2040, la Guinée entend engager une transformation économique qui s’étend bien au-delà de la durée d’exploitation de ses ressources minières. Le programme ambitionne de renforcer la production nationale, de développer les infrastructures, d’améliorer les services sociaux et de favoriser une économie plus diversifiée.

La douzième réunion du Comité stratégique témoigne de la poursuite du mécanisme de suivi instauré autour de cette vision. Elle rappelle également que la réussite d’une stratégie de cette ampleur dépend autant de la qualité de sa planification que de sa capacité à produire des résultats concrets.

La mobilisation effective des financements, la transparence dans la gestion des ressources, la coordination institutionnelle et le respect des délais constitueront des facteurs déterminants pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2040.

Au-delà des investissements annoncés et des ambitions affichées, le principal défi pour les autorités guinéennes reste désormais de traduire les projets inscrits dans Simandou 2040 en réalisations visibles, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée pour les populations.

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