Installé à la SODIDA, le Green Energy Training Center doit rapprocher la formation professionnelle des besoins des entreprises, avec quatre centres partenaires à Saint-Louis, Ziguinchor, Diourbel et Thiès.
Le Sénégal a inauguré le 28 octobre 2026, à la SODIDA de Dakar, le Green Energy Training Center, un établissement destiné à former aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Le projet veut répondre à un défi central de la transition énergétique : disposer de techniciens et de professionnels capables d’installer, d’exploiter et de maintenir durablement les nouveaux équipements.
Un centre issu de la coopération sénégalo-allemande
L’inauguration s’est déroulée sous la présidence de Mamadou Camara Fall, secrétaire général du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Le centre est présenté comme un résultat de la coopération entre le Sénégal et l’Allemagne et comme un outil de rapprochement entre la formation technique et les besoins des entreprises.
Le projet s’inscrit dans les initiatives soutenues par la coopération allemande en faveur de l’investissement et de l’emploi. Son objectif affiché est de développer les compétences nécessaires aux activités liées au solaire, à l’efficacité énergétique et aux services techniques qui accompagnent la transformation du système énergétique.
Quatre centres partenaires dans les régions
Le dispositif ne doit pas rester concentré à Dakar. Quatre centres de ressources partenaires sont annoncés à Saint-Louis, Ziguinchor, Diourbel et Thiès. Cette organisation peut élargir l’accès aux formations et rapprocher les compétences des besoins régionaux, notamment dans les zones où se développent des projets solaires, agricoles ou industriels.
La territorialisation constitue un enjeu concret : les entreprises qui installent des équipements hors de Dakar ont besoin de techniciens disponibles localement. Elle peut aussi réduire les coûts de déplacement et d’hébergement supportés par les apprenants. Le ministère n’a toutefois pas précisé, dans sa communication, la capacité d’accueil de chaque centre, le calendrier détaillé des formations ni le nombre de bénéficiaires visé.
Former pour installer, exploiter et maintenir
Le développement des renouvelables crée des besoins qui dépassent la pose de panneaux solaires. Il faut dimensionner les installations, assurer la sécurité électrique, contrôler les performances, diagnostiquer les pannes, remplacer les composants et conseiller les utilisateurs. L’efficacité énergétique exige aussi des compétences pour mesurer la consommation et proposer des solutions adaptées aux bâtiments et aux entreprises.
Sans main-d’œuvre qualifiée et sans maintenance, les investissements peuvent perdre rapidement en rendement. La formation doit donc associer théorie, pratique, normes de sécurité et expérience en entreprise. Mamadou Camara Fall a insisté sur le partenariat avec le secteur privé pour rapprocher les parcours des besoins du marché du travail.
Des débouchés attendus pour les jeunes et les femmes
Le gouvernement présente la formation professionnelle comme un levier de souveraineté, de compétitivité et d’insertion. Les métiers verts peuvent ouvrir des possibilités dans l’installation solaire, la maintenance, les audits énergétiques, le froid, l’électrotechnique, la gestion de l’énergie et l’entrepreneuriat de services.
L’impact sur l’emploi ne sera cependant pas automatique. Il dépendra du volume de projets lancés, de la reconnaissance des certifications, de la participation des entreprises et de l’accès des diplômés au financement ou aux équipements nécessaires pour créer une activité. La place réellement accordée aux jeunes femmes devra également être mesurée par les inscriptions, les diplômes obtenus et l’insertion après la formation.
Un outil lié à la stratégie Sénégal 2050
Le Green Energy Training Center est présenté comme cohérent avec l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Cette articulation vise à faire de la formation un maillon de la politique énergétique et industrielle, plutôt qu’un dispositif isolé. Pour être efficace, elle devra relier les programmes pédagogiques aux investissements publics et privés prévus dans l’énergie.
Les entreprises peuvent contribuer à définir les compétences recherchées, accueillir des apprentis et participer à l’évaluation des formations. Les pouvoirs publics devront, de leur côté, publier des données sur les effectifs, les taux de réussite, l’insertion et les partenariats conclus afin de mesurer la performance du centre.
La réussite dépendra des résultats observables
L’inauguration marque le début d’une nouvelle phase, mais ne permet pas encore de juger les résultats. Les indicateurs les plus utiles seront le nombre d’apprenants formés, la part de pratique dans les parcours, la qualité des équipements pédagogiques, l’accès des régions, le nombre de femmes bénéficiaires et le taux d’emploi ou de création d’entreprise après la formation.
Si ces conditions sont réunies, le GETC peut contribuer à réduire le manque de compétences techniques qui ralentit certains projets et à renforcer la maintenance locale. Il peut aussi aider le Sénégal à retenir davantage de valeur dans sa transition énergétique, en développant des services et des savoir-faire nationaux autour des équipements importés ou assemblés sur place.
