Wednesday, October 28, 2026
Sénégal : l’ADL vise 140 écoquartiers, seulement cinq réalisés à ce stade

Sénégal : l’ADL vise 140 écoquartiers, seulement cinq réalisés à ce stade

by wassare news
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Un quartier durable à Dakar avec des arbres, des lampadaires solaires et des équipements de gestion des déchets
Un quartier durable à Dakar avec des arbres, des lampadaires solaires et des équipements de gestion des déchets
Aménagement durable et gestion de proximité dans un quartier sénégalais. Illustration éditoriale WASSARE.

L’objectif prévoit dix écoquartiers dans chacune des 14 régions. Le programme veut agir sur les déchets, l’assainissement, les inondations et la gouvernance locale, mais son calendrier et son financement restent à préciser.

L’Agence de développement local (ADL) prévoit la mise en place de 140 écoquartiers au Sénégal, à raison de dix dans chacune des 14 régions. Cinq ont été réalisés dans quatre régions, soit environ 4 % de l’objectif, a annoncé mercredi 28 octobre son directeur général, Diamé Signaté.

Le projet veut répondre à des problèmes quotidiens qui affectent directement les habitants : collecte des déchets, assainissement, inondations, occupation des espaces publics, dégradation du cadre de vie et adaptation au changement climatique. L’annonce fixe une ambition nationale, mais plusieurs données essentielles — calendrier complet, coût total et sources de financement — n’ont pas encore été rendues publiques.

Un objectif national encore au début de son exécution

Avec cinq écoquartiers réalisés sur 140, le programme a atteint environ 3,6 % de sa cible. Il reste donc 135 sites à mettre en place pour couvrir l’ensemble du pays selon la répartition annoncée.

Cette phase initiale s’étend sur quatre régions. L’ADL n’a pas communiqué la liste complète des cinq réalisations ni l’échéance à laquelle les dix écoquartiers prévus dans chaque région devront être opérationnels. Sans ces précisions, il est encore impossible d’évaluer le rythme annuel nécessaire ou le volume d’investissement à mobiliser.

Le chiffre de 140 donne toutefois une dimension mesurable au programme. Il permettra de suivre les réalisations région par région et de comparer les annonces avec les équipements effectivement livrés et entretenus.

Un écoquartier ne se limite pas à de nouveaux logements

Le programme présenté par l’ADL ne doit pas être confondu avec les grands projets immobiliers construits sur des sites nouveaux. Ici, l’écoquartier est aussi conçu comme une organisation locale du cadre de vie, appuyée sur la participation des habitants et la coordination entre la commune, les services publics et les associations.

Le secrétaire général du ministère de l’Urbanisme et des Collectivités territoriales, Pape Alioune Diouf, a insisté sur ce point lors du forum « Pencum Gox Yi » : un écoquartier ne constitue pas simplement un label. Sa réussite dépend de la qualité des aménagements, mais aussi de la gouvernance et de l’entretien dans la durée.

Concrètement, les interventions peuvent concerner l’organisation de la collecte des déchets, la protection des espaces communs, l’amélioration du drainage, la végétalisation ou encore la mobilisation des habitants autour des priorités du quartier. La nature exacte des travaux doit cependant être définie pour chaque site.

Les habitants placés au centre du dispositif

L’ADL veut associer les populations depuis l’identification des besoins jusqu’à la mise en œuvre des actions. Les délégués et conseils de quartier, les brigadiers, les présidents d’associations sportives et culturelles ainsi que les communes sont appelés à jouer un rôle complémentaire.

Cette méthode vise à éviter des équipements décidés sans connaissance suffisante des usages locaux. Elle peut aussi améliorer l’entretien, à condition que les responsabilités soient clairement réparties et que les collectivités disposent de ressources techniques et financières suffisantes.

En juin 2026, l’ADL avait déjà engagé l’installation de dix nouvelles régies de quartier dans neuf communes, notamment à Diourbel, Grand Yoff, Sangalkam, Podor, Balingore, Bignona, Tenghory, Tambacounda et Diendieng. Ces structures constituent un outil de gouvernance de proximité associé au programme d’écoquartiers et de territoires durables.

Dakar comme premier terrain d’apprentissage

La première édition du forum « Pencum Gox Yi » accorde une attention particulière à la région de Dakar, où la densité urbaine amplifie les problèmes d’assainissement, de déchets, de circulation et d’occupation des espaces publics.

Les enseignements tirés de cette première étape doivent servir à étendre la démarche aux autres territoires. Cette progression peut permettre d’adapter le modèle aux réalités très différentes de Dakar, des villes secondaires et des communes rurales. Une solution pertinente dans un quartier dense de la capitale ne répond pas nécessairement aux besoins d’une localité exposée à l’érosion, au manque d’eau ou à l’enclavement.

Ce que le programme peut changer pour les Sénégalais

Si les écoquartiers sont effectivement réalisés et entretenus, les bénéfices attendus sont concrets : réduction des dépôts sauvages, amélioration du drainage, espaces publics plus sûrs, baisse de l’exposition aux inondations et participation accrue des habitants aux décisions locales.

Ces améliorations peuvent aussi avoir un effet économique. Un quartier mieux desservi et mieux entretenu facilite l’activité des commerces, réduit certaines dépenses liées aux dégâts des eaux et peut créer des emplois locaux dans la collecte, le recyclage, l’entretien des espaces verts et les petits travaux urbains.

Mais l’effet dépendra moins du nombre annoncé que de la qualité de chaque réalisation. Un écoquartier sans budget d’entretien, sans suivi des déchets ou sans dispositif de drainage fonctionnel risque de perdre rapidement ses bénéfices.

Les indicateurs indispensables pour mesurer les 140 projets

Pour rendre l’objectif vérifiable, l’ADL devra publier un calendrier, une carte des sites, le coût par opération, les financements mobilisés et les critères permettant de déclarer un écoquartier achevé. Des indicateurs sur la collecte des déchets, les surfaces végétalisées, les ouvrages d’assainissement et la participation des habitants permettraient également de mesurer les résultats.

Le programme s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2025-2029, qui prévoit des villes plus vertes, résilientes et intelligentes. Le passage de cinq à 140 écoquartiers constituera néanmoins un changement d’échelle majeur. Sa crédibilité dépendra de la capacité à transformer une ambition nationale en opérations financées, suivies et maintenues dans les 14 régions.

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