Tuesday, October 27, 2026
PLFR 2026 : 295,6 milliards FCFA de projets reprogrammés, concentrés sur six grandes lignes

PLFR 2026 : 295,6 milliards FCFA de projets reprogrammés, concentrés sur six grandes lignes

by wassare news
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Chantier d’infrastructures publiques au Sénégal

Une liste de projets affectés par la révision des investissements publics fait apparaître près de 295,6 milliards de francs CFA de crédits reprogrammés. Présentée publiquement par le député Amadou Ba comme tirée des documents du ministère chargé des Finances, elle comporte 18 lignes distinctes après retrait des doublons, et non 15 comme l’indique son intitulé.

Cette incohérence de présentation ne change pas l’ordre de grandeur du total annoncé, mais elle appelle à distinguer les montants vérifiables des commentaires politiques. Elle permet surtout de mesurer la forte concentration des arbitrages : les six lignes les plus importantes représentent 250,4 milliards de francs CFA, soit environ 84,7 % de l’ensemble.

La santé, les agropoles et l’eau concentrent les plus gros montants

La ligne la plus élevée concerne un programme de 35 centres de santé, pour 58,5 milliards de francs CFA. Elle est suivie par l’Agropole Centre, également présenté comme l’Agropole du Sine-Saloum, pour 50,47 milliards, puis par le Grand Transfert d’Eau, à hauteur de 50 milliards.

L’Agropole Sud représente 40,93 milliards. L’acquisition de deux avions pour Air Sénégal est évaluée à 25,5 milliards et le renouvellement des installations de la SONACOS à 25 milliards. À elles seules, ces six lignes absorbent donc plus de quatre francs sur cinq du montant recensé.

Projet ou programme Montant annoncé
35 centres de santé 58,50 milliards FCFA
Agropole Centre / Sine-Saloum 50,47 milliards FCFA
Grand Transfert d’Eau 50 milliards FCFA
Agropole Sud 40,93 milliards FCFA
Deux avions pour Air Sénégal 25,50 milliards FCFA
Renouvellement des installations de la SONACOS 25 milliards FCFA
Projet de 30 000 logements 20 milliards FCFA

Ces sept premières lignes totalisent environ 270,4 milliards de francs CFA, soit plus de 91 % de l’enveloppe recensée. Le reste est réparti entre des programmes agricoles, routiers, universitaires, énergétiques et territoriaux.

Onze autres lignes se partagent environ 25 milliards FCFA

La liste mentionne 9,63 milliards pour les coopératives agricoles communautaires, 6,1 milliards pour le renforcement d’urgence de la distribution d’eau potable et 3,4 milliards pour la route Mékhé–Pékesse–Thilmakha.

Elle recense également 1,44 milliard pour le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers, 1,05 milliard pour le Programme d’urgence de développement communautaire, puis trois programmes industriels consacrés respectivement à l’arachide et aux oléagineux, aux fruits et légumes, et au mil-fonio-sorgho, chacun doté d’un milliard.

Les montants les plus faibles concernent l’Université du Sénégal oriental, avec 280 millions de francs CFA, un programme d’urgence d’électrification rurale, avec 250 millions, et le centre délocalisé de Kolda de l’Université Assane-Seck de Ziguinchor, avec 50 millions.

Reprogrammation ne signifie pas abandon, mais implique un délai

Le Gouvernement soutient que les projets concernés sont reportés vers 2027 et non supprimés. Cette distinction est essentielle sur le plan budgétaire : une réduction des crédits de paiement en 2026 peut préserver l’autorisation ou l’objectif d’un projet tout en retardant son exécution effective.

Pour les usagers et les entreprises, le délai produit néanmoins des effets concrets. Un centre de santé différé prolonge les difficultés d’accès aux soins. Un projet agricole reporté retarde les commandes, les emplois et les gains de production. Un investissement dans l’eau ou l’électricité repoussé maintient plus longtemps les contraintes supportées par les ménages et les activités économiques.

La liste de 295,6 milliards ne couvre d’ailleurs qu’une partie de l’ajustement global. Le projet de loi de finances rectificative ramène les crédits de paiement d’investissement d’environ 2 803,9 milliards à 2 248,9 milliards de francs CFA, soit une baisse totale proche de 555 milliards. Les autres écarts peuvent relever de programmes non inclus dans cette publication, d’économies d’exécution ou de lignes présentées sous une autre nomenclature.

Le calendrier 2027 sera le véritable test

Le débat ne peut donc pas se limiter à l’opposition entre « suppression » et « report ». Pour vérifier la reprogrammation, il faudra comparer le budget 2027 avec les engagements annoncés aujourd’hui : crédits ouverts, calendrier de passation des marchés, état des financements et taux d’exécution.

La concentration des montants sur quelques projets facilite ce suivi. Les six principales lignes constituent un indicateur clair : si elles réapparaissent avec des financements crédibles et un calendrier public, la thèse du report sera confirmée. Dans le cas contraire, les retards risquent de se transformer en réduction durable de l’investissement public.

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