Énergie OMVG : le Sénégal pousse à la reprise des travaux de Sambangalou wassare newsNovember 3, 202603 views Les délégations des États membres lors du 52e Conseil des ministres de l’OMVG à Bissau. Photo : ministère sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Les délégations des États membres lors du 52e Conseil des ministres de l’OMVG à Bissau. Photo : ministère sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Réunis à Bissau, les quatre pays de l’OMVG ont adopté leur programme 2026 et discuté de la relance du barrage de Sambangalou, un projet régional de 128 MW dont les travaux sont suspendus depuis mars 2024. Le Sénégal veut accélérer la reprise des travaux du barrage hydroélectrique de Sambangalou. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présenté les démarches engagées par Dakar lors du 52e Conseil ordinaire des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), tenu le 31 octobre 2026 à Bissau. Les représentants du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée et de la Guinée-Bissau ont adopté le programme d’activités et le budget 2026 de l’organisation. Ils ont aussi discuté du renforcement institutionnel de l’OMVG et de la mobilisation des contributions financières des États membres. Ces décisions doivent maintenant se traduire en financements, contrats et calendrier opérationnel. Un Conseil des ministres centré sur la relance Selon le communiqué du ministère sénégalais, la session a permis de faire le point sur les projets structurants et sur la situation financière de l’organisation. Cheikh Tidiane Dièye a réaffirmé l’engagement du Sénégal en faveur d’une gestion solidaire et durable des ressources en eau partagées. Le ministre a indiqué avoir présenté les « diligences » accomplies pour permettre la reprise de Sambangalou. Le communiqué ne donne toutefois ni date de redémarrage, ni montant final du financement, ni nouveau calendrier d’achèvement. La relance est donc un objectif politique confirmé, mais pas encore une reprise effective du chantier. Sambangalou, un projet de 128 MW suspendu depuis 2024 Le barrage de Sambangalou est prévu sur le fleuve Gambie, dans la région de Kédougou. D’une puissance annoncée de 128 mégawatts, il doit alimenter le réseau régional de l’OMVG. Un communiqué du Conseil des ministres sénégalais indiquait en juillet 2025 que le taux d’avancement atteignait 38 % et que les travaux de génie civil étaient suspendus depuis mars 2024. Le blocage a placé les États devant plusieurs difficultés : réorganiser le financement, traiter les engagements contractuels, actualiser les coûts et préserver les ouvrages déjà réalisés. En juillet 2026, la Présidence sénégalaise a demandé une feuille de route couvrant les échéanciers de prêts, les conventions de rétrocession, les paiements et les arriérés liés au projet. Ce que le programme 2026 doit financer Le Conseil de Bissau a adopté le programme d’activités et le budget 2026 de l’OMVG. Les États doivent notamment régler leurs contributions au fonctionnement de l’organisation, au budget d’investissement, à la Société de gestion de l’énergie de Sambangalou et au fonds de contrepartie. Ces versements ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir la reprise. Ils constituent toutefois une condition de crédibilité pour négocier avec les bailleurs, sécuriser les opérations techniques et assurer la gouvernance du projet. La régularité des contributions sera donc un indicateur essentiel au cours des prochains mois. Des retombées attendues pour quatre pays Sambangalou appartient à un dispositif régional plus large, qui comprend des lignes d’interconnexion destinées à partager l’électricité entre les pays membres. Pour les consommateurs et les entreprises, l’intérêt attendu réside dans une offre électrique plus diversifiée et dans la possibilité de mutualiser les capacités de production. Le projet concerne aussi la gestion de l’eau, le développement local et les usages agricoles en aval. Ces bénéfices potentiels devront être confrontés aux coûts, aux impacts environnementaux et sociaux, ainsi qu’aux conditions de réinstallation et d’indemnisation des populations concernées. Une relance crédible suppose donc une information publique régulière. Un audit externe évoqué pour restaurer la confiance Le média Le Cri 24 rapporte que le Conseil a recommandé un audit externe indépendant de l’OMVG. Cette information doit être lue comme une décision de gouvernance rapportée par une source secondaire, dans l’attente de la publication du relevé intégral des résolutions. Un audit pourrait clarifier les engagements financiers, les responsabilités et l’état réel des marchés. La révision annoncée des textes de l’organisation poursuit le même objectif : adapter son fonctionnement, préciser les responsabilités des structures de gestion et améliorer le suivi des projets. Pour les bailleurs comme pour les citoyens, cette transparence conditionnera la confiance dans la reprise. Les preuves concrètes attendues après Bissau Trois éléments permettront de mesurer les progrès : un calendrier public de redémarrage, la confirmation des financements et la reprise visible du génie civil. Il faudra également connaître le coût actualisé, le traitement des arriérés et les nouvelles échéances de mise en service. La réunion de Bissau a réaffirmé la volonté politique des quatre États et fixé un cadre de travail pour 2026. Elle ne clôt pas le dossier Sambangalou. Pour les populations du Sénégal oriental et les usagers du réseau régional, l’enjeu est désormais de convertir les déclarations et les budgets adoptés en chantier effectif, contrôlé et soutenable.