JOJ Dakar 2026 : un télépilote interpellé, les zones où les drones sont interdits

Visuel officiel de la Police nationale du Sénégal, adapté au format 16:9 pour WASSARE.

Un télépilote de drone a été interpellé à Dakar après avoir survolé sans autorisation une zone hôtelière accueillant des délégations officielles des Jeux olympiques de la jeunesse. L’incident, confirmé par la Police nationale du Sénégal, rappelle l’existence d’une interdiction temporaire particulièrement large autour des sites des JOJ Dakar 2026. Elle s’applique du 29 octobre au 14 novembre 2026 à Dakar, Diamniadio et Saly, ainsi que sur plusieurs axes stratégiques.

Une interpellation menée par le commissariat du Point E

Selon le communiqué de la Police nationale, le commissariat d’arrondissement du Point E a interpellé le télépilote le 1er novembre 2026. Un fonctionnaire de police l’a conduit au poste après avoir constaté le survol non autorisé d’une zone hôtelière abritant des délégations officielles.

La Police n’a pas communiqué l’identité de l’intéressé. Elle ne précise pas non plus le modèle du drone, la nature exacte des images enregistrées, la durée de l’audition ou les éventuelles suites judiciaires. En l’absence de ces éléments, il convient de parler d’une interpellation et d’une audition, sans conclure à une condamnation ni à une mise en cause définitive.

Le télépilote a reconnu l’absence d’autorisation

Entendu sur les faits, l’homme s’est présenté comme le gérant d’une agence de communication. Il aurait été engagé par un tiers pour réaliser la couverture photo et vidéo d’un événement. D’après la version rapportée par la Police, il a reconnu ne pas disposer d’une autorisation administrative.

Il a toutefois déclaré qu’il ignorait que la mesure d’interdiction s’appliquait au secteur de l’hôtel Azalaï. Cette déclaration est une explication attribuée à l’intéressé et non une exonération reconnue par les autorités. Le communiqué de la Police rappelle au contraire que les restrictions couvrent des périmètres plus larges que les seuls stades.

Une interdiction temporaire du 29 octobre au 14 novembre

La mesure découle d’une note circulaire de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), datée du 27 octobre 2026. Elle interdit l’exploitation des aéronefs sans équipage à bord autour des sites liés aux JOJ Dakar 2026 pendant toute la période allant du 29 octobre au 14 novembre.

L’ANACIM justifie cette restriction par la sécurité des athlètes, des spectateurs, des délégations et des autres acteurs mobilisés. Les drones peuvent présenter un risque en cas de chute, d’interférence ou d’intrusion dans un espace aérien temporairement protégé. La mesure concerne les professionnels, les médias et les particuliers.

Les trois zones placées sous restriction

L’interdiction s’applique dans un rayon de cinq kilomètres autour de trois zones principales :

  • Zone A, à Dakar : le stade Iba Mar Diop, la Piscine olympique et leurs environs ;
  • Zone B, à Diamniadio : le stade Abdoulaye Wade et ses environs ;
  • Zone C, à Saly : l’hôtel Lamantin Beach et ses environs.

Un rayon de cinq kilomètres dépasse largement l’enceinte d’un équipement sportif ou d’un hôtel. Un télépilote peut donc se trouver dans une zone interdite sans être immédiatement à côté du site mentionné. Avant tout décollage, la localisation exacte doit être comparée au périmètre de restriction applicable.

Les autoroutes et corridors olympiques sont aussi concernés

La circulaire couvre également l’autoroute, les voies réservées à la circulation olympique et les corridors stratégiques reliant Dakar à Diamniadio. Cette extension vise à protéger les déplacements des délégations et les itinéraires utilisés pendant la compétition.

Le cas du Point E montre l’importance de cette lecture élargie. L’absence d’un lieu dans une courte liste de sites ne signifie pas automatiquement que le vol y est permis. Le périmètre de cinq kilomètres, les axes protégés et la présence de délégations doivent être pris en compte conjointement.

Au Sénégal, un vol de drone exige déjà une autorisation

La restriction des JOJ s’ajoute à la réglementation générale des systèmes d’aéronefs télépilotés. L’annexe 5 au Règlement aéronautique du Sénégal n° 6 dispose qu’un drone ne peut pas être exploité dans le pays sans autorisation. Le texte couvre notamment les usages privés, de loisir, sportifs, lucratifs et médiatiques.

L’autorisation temporaire liée à une prestation commerciale ou audiovisuelle ne doit donc pas être confondue avec la simple possession du matériel ou la compétence technique du télépilote. Le donneur d’ordre, l’agence de communication et l’opérateur doivent vérifier les formalités avant la mission. Un contrat de couverture d’événement ne remplace pas l’accord de l’autorité aéronautique.

Ce que doivent faire les médias et agences de communication

Avant d’accepter une captation aérienne, les professionnels doivent identifier le lieu exact, la date, l’altitude prévue, le périmètre de sécurité et l’autorité compétente. Pour la période des JOJ, une attention particulière doit être portée aux sites de Dakar, Diamniadio et Saly ainsi qu’aux corridors de déplacement.

Les agences doivent aussi informer clairement leurs clients des délais d’autorisation. Une commande urgente ne permet pas de contourner les règles. Lorsque le vol n’est pas autorisé, des solutions terrestres — caméra au sol, point haut autorisé ou images fournies par l’organisateur — doivent être privilégiées.

Une information à mieux diffuser auprès des télépilotes

L’ANACIM a diffusé l’interdiction avant le début des Jeux et la Police affirme qu’elle reste mobilisée pour son application. L’affaire révèle néanmoins un enjeu de communication : les restrictions temporaires doivent atteindre les agences, vidéastes, photographes, entreprises événementielles, touristes et propriétaires de drones de loisir.

Une carte publique facilement consultable, associée à un rappel des procédures d’autorisation, permettrait de réduire les erreurs et les interprétations. En attendant, les exploitants doivent vérifier chaque mission auprès de l’ANACIM et des autorités concernées. La Police invite la population à transmettre toute information utile au 17 ou au numéro gratuit 800 00 17 00.

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