Sécurité Ziguinchor : 28 personnes interpellées lors d’une opération liée au MFDC wassare newsOctober 28, 2026012 views Des gendarmes pendant l’opération menée à Ziguinchor. Photo : Division de la communication de la Gendarmerie nationale. Des gendarmes pendant l’opération menée à Ziguinchor. Photo : Division de la communication de la Gendarmerie nationale. La Gendarmerie nationale et les Armées ont mené une opération conjointe à Ziguinchor. Les personnes interpellées, dont neuf femmes, ont été remises à la Section de recherches pour les besoins d’une enquête dont les conclusions ne sont pas encore connues. Vingt-huit personnes, dont neuf femmes, ont été interpellées à Ziguinchor lors d’une opération conjointe de la Gendarmerie nationale et des Armées sénégalaises. L’intervention était liée à un rassemblement au cours duquel un drapeau attribué au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) aurait été hissé, selon la communication officielle de la Gendarmerie. Ce que confirme la Gendarmerie Dans son compte rendu, la Gendarmerie nationale indique que l’opération a été menée dans le cadre des missions de préservation de l’ordre public et de protection de l’intégrité territoriale. Elle affirme que les forces de défense et de sécurité sont intervenues après un rassemblement de personnes soupçonnées d’appartenir au MFDC. Le drapeau présent sur les lieux a été retiré. Une perquisition a également conduit à la saisie de téléphones portables, de documents et d’insignes. Les 28 personnes interpellées et les objets saisis ont été remis à la Section de recherches de Ziguinchor, chargée de poursuivre les investigations. La communication officielle ne précise ni les infractions éventuellement retenues, ni le statut procédural de chaque personne, ni les conclusions des premières auditions. Une interpellation ne constitue pas une preuve de culpabilité. L’appartenance des personnes concernées au MFDC reste donc, à ce stade, une hypothèse examinée par les enquêteurs. Une intervention située à Magoukouro selon plusieurs médias Des sources sécuritaires citées par l’Agence de presse sénégalaise et reprises par APA situent l’intervention du 27 octobre sur le site de Magoukouro, dans le quartier de Lyndiane à Ziguinchor. Elles présentent ce lieu comme un espace de rassemblement lié à l’aile politique du MFDC. Les mêmes sources indiquent que la rencontre s’inscrivait dans le contexte de la commémoration de la mort d’Abdou Elinkine Diatta, ancien responsable du mouvement tué en 2019. Cette précision n’apparaît pas dans le communiqué officiel de la Gendarmerie et doit donc être comprise comme un élément rapporté par la presse, en attente d’éventuelles confirmations supplémentaires au cours de l’enquête. Certains médias évoquent la saisie de 17 téléphones. La Gendarmerie confirme l’existence de téléphones parmi les objets saisis, sans en préciser le nombre dans sa publication. WASSARE retient par conséquent le fait de la saisie, mais ne présente pas le chiffre de 17 comme une donnée officiellement établie. Le processus de paix reste fragmenté L’opération intervient dans une Casamance marquée par plusieurs années de baisse des affrontements et par des initiatives de désarmement, mais où le processus de paix demeure complexe. En février 2025, l’État du Sénégal et un comité provisoire réunissant des ailes politiques et combattantes du MFDC avaient réaffirmé à Bissau leur engagement en faveur du désarmement. Le Centre pour le dialogue humanitaire, facilitateur des négociations, avait alors précisé que les modalités pratiques du désarmement restaient à déterminer. L’organisation rappelait également que le processus prolongeait une déclaration signée en 2022 avec la faction de César Atoute Badiate et qu’un accord distinct avait permis le désarmement de membres de la faction de Diakaye. Le MFDC n’est pas une structure monolithique. Ses différentes composantes n’ont pas toutes participé aux mêmes accords ni accepté les mêmes engagements. L’opération de Ziguinchor ne suffit donc pas, à elle seule, à établir une rupture générale du processus de paix ou l’implication d’une faction précise. Un enjeu de sécurité et de confiance publique Pour les habitants de Ziguinchor et de la Casamance, l’affaire touche à deux exigences complémentaires : la prévention de toute activité susceptible de menacer la sécurité et le respect des garanties judiciaires accordées aux personnes interpellées. La transparence sur la procédure, les faits reprochés et les suites données aux auditions sera déterminante pour éviter les amalgames. Le contexte régional rend cette prudence particulièrement importante. Après plus de quatre décennies de conflit, la stabilisation de la Casamance dépend à la fois du contrôle sécuritaire, du désarmement, de la réintégration des anciens combattants et du maintien d’espaces de dialogue. Toute opération de cette nature est donc observée pour ses résultats judiciaires, mais aussi pour son effet sur la confiance entre l’État, les communautés locales et les acteurs du processus de paix. Ce que l’enquête doit encore établir La Section de recherches devra notamment déterminer la nature du rassemblement, l’identité et le rôle des participants, l’origine des documents et insignes saisis ainsi que l’existence éventuelle d’infractions. Aucune annonce officielle ne permet pour l’instant de conclure à des inculpations ou à un lien individuel établi avec des activités armées. Les prochaines communications des autorités judiciaires et sécuritaires seront donc essentielles. Elles devront préciser si les personnes interpellées sont remises en liberté, placées sous un régime de garde à vue ou présentées à une autorité judiciaire, tout en respectant la présomption d’innocence.