TER de Dakar : derrière les 151 milliards de FCFA de prêts AFD, le défi du modèle économique

SENTER SA / Facebook

230 millions d’euros, soit environ 150,9 milliards de FCFA : c’est le financement AFD recensé pour la première phase du TER Dakar–Diamniadio. Ce montant historique éclaire le débat porté par SENTER au forum de Rabat : comment financer les extensions, entretenir le réseau et contenir les subventions publiques ?

Le financement du rail ne s’arrête pas à la construction des voies. C’est l’un des enjeux mis en avant par SENTER lors du Forum international sur le financement des projets ferroviaires en Afrique, organisé les 14 et 15 octobre 2026 à Rabat par l’ONCF et l’Union internationale des chemins de fer.

Selon la société, son directeur général, Cheikh Ibrahima Ndiaye, y a défendu trois priorités : l’équilibre de l’exploitation, de nouvelles ressources pour prolonger le TER vers Thiès et Mbour, et une meilleure articulation avec les autres transports dakarois, notamment le BRT.

230 millions d’euros de financement AFD pour la phase 1

La fiche du projet publiée par l’AFD indique un premier prêt de 100 millions d’euros, complété par 130 millions d’euros supplémentaires pour accompagner l’achèvement de la liaison Dakar–Diamniadio, longue d’environ 38 kilomètres selon cette source.

Financement AFD de la phase 1 Montant en euros Équivalent en FCFA
Premier prêt 100 millions 65,6 milliards
Financement complémentaire 130 millions 85,3 milliards
Total indiqué par l’AFD 230 millions 150,9 milliards

Conversions WASSARE, arrondies, au taux de 655,957 FCFA pour un euro affiché par la BCEAO le 19 octobre 2026.

Le complément représente ainsi 56,5 % du financement AFD total. L’engagement de l’agence a atteint 2,3 fois le montant du premier prêt. Ce calcul porte uniquement sur les prêts AFD : il ne mesure ni le coût total du TER, ni une hausse de 130 % de l’ensemble du projet.

Autre distinction essentielle : la fiche classe cette opération comme achevée, avec une fin de projet au 25 avril 2023. Les 230 millions d’euros ne sont donc pas un nouveau financement annoncé au forum de 2026, et la fiche ne donne pas le capital restant à rembourser.

Exploiter le réseau et financer les extensions : deux équations différentes

SENTER souhaite couvrir les dépenses d’exploitation et de maintenance tout en maîtrisant le soutien public. Les recettes de transport doivent ainsi être examinées avec les charges récurrentes ; elles ne suffisent pas, isolément, à juger la performance financière du réseau.

Pour Thiès et Mbour, la société évoque des financements innovants face aux limites de l’endettement souverain. Sa publication ne chiffre toutefois ni les investissements nécessaires, ni la répartition envisagée entre capitaux publics et privés.

Les chiffres qui permettront de juger le modèle

Pour apprécier les perspectives du TER, les indicateurs décisifs seront les recettes annuelles, le coût d’exploitation et de maintenance, la contribution publique et la fréquentation mesurée sur une même période. La communication de SENTER sur le forum ne fournit pas cette série de données : elle ne permet donc pas de conclure à une rentabilité ou à un déficit chiffré.

L’interconnexion avec le BRT constitue un autre levier cité par SENTER. L’enjeu économique est de rendre les correspondances plus utiles aux voyageurs ; son effet sur les recettes et les coûts devra être mesuré, plutôt que présumé.

Informations : SENTER SA et AFD. Conversion vérifiée auprès de la BCEAO. Photo : SENTER SA / Facebook.

Related posts

Sénégal : 998 milliards de FCFA promis pour l’électricité, le défi des raccordements reste entier

Diaspora en Côte d’Ivoire : la Primature évoque 35 millions de FCFA pour les femmes et les jeunes

ONAS : le Conseil d’administration renforce les mécanismes de contrôle et prépare le budget 2027