Dakar, Sénégal – Du 22 au 24 octobre 2026, le King Fahd Palace a accueilli la sixième édition du Salon international de l’immobilier, de l’habitat et de la construction (SENHABITAT). Placée sous le thème « L’habitat souverain : Sunu Dekkuwaay », cette rencontre a réuni des institutions publiques, des entreprises privées, des établissements financiers et des professionnels du bâtiment autour des défis de l’urbanisation, de l’accès à la propriété et de la construction durable.

Durant trois jours, les participants ont présenté leurs activités, partagé leurs expériences et échangé sur les solutions susceptibles d’accompagner la transformation du secteur. Financement immobilier, matériaux de construction, architecture adaptée au climat et aménagement du territoire ont notamment figuré parmi les grandes préoccupations de cette édition.
Au-delà des expositions, le salon a mis en évidence la nécessité de développer un modèle d’habitat qui tienne compte des réalités économiques, sociales et environnementales du Sénégal.
La souveraineté de l’habitat, une ambition nationale
Le thème retenu cette année traduit une volonté de renforcer les capacités nationales dans un secteur stratégique pour le développement. Il s’agit notamment de valoriser les ressources locales, de promouvoir les compétences sénégalaises et de favoriser des solutions techniques adaptées aux besoins des populations.
Cette ambition concerne toute la chaîne de construction : production des matériaux, financement des projets, maîtrise d’ouvrage, réalisation des bâtiments et aménagement des quartiers.
Elle suppose également une meilleure collaboration entre les pouvoirs publics et les acteurs privés afin de concilier les impératifs économiques, la qualité des ouvrages et les exigences du développement durable.
Dans cette perspective, SENHABITAT constitue un cadre de dialogue et de mise en relation entre les différents intervenants du secteur.
L’accès à la propriété au cœur des préoccupations
La croissance démographique et l’expansion des villes accentuent les besoins en habitations au Sénégal. À Dakar particulièrement, la pression foncière et le coût de l’immobilier représentent des obstacles pour de nombreux ménages souhaitant acquérir une parcelle ou une maison.
Les difficultés de financement, les revenus parfois insuffisants et les dépenses liées aux travaux compliquent également les projets des primo-accédants.
Face à ces contraintes, le développement de programmes sociaux, la diversification des offres et l’amélioration des mécanismes de crédit apparaissent comme des leviers importants. L’objectif est de rapprocher les possibilités d’acquisition des capacités financières des familles, sans compromettre la sécurité ni la qualité des constructions.
La question dépasse toutefois le seul prix d’achat. La localisation des quartiers, l’accès aux transports, à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement déterminent aussi les conditions de vie des futurs occupants.
La SN HLM présente ses solutions et ses perspectives
La Société nationale des habitations à loyer modéré (SN HLM) figurait parmi les organismes présents à cette édition. Elle a notamment mis en avant ses offres et ses perspectives de développement, dont le projet HLM Ngalelé.
Sa participation a permis aux visiteurs de s’informer sur les programmes proposés, les modalités d’acquisition et les possibilités de paiement. Ces échanges répondent à un besoin important d’information des personnes qui souhaitent devenir propriétaires et mieux comprendre les démarches à entreprendre.
Pour les organismes publics spécialisés, le défi consiste à proposer des programmes accessibles tout en respectant les exigences de qualité, les délais de réalisation et les capacités financières des bénéficiaires.
La réussite de ces initiatives dépendra également de la transparence des procédures et de la capacité à accompagner les acquéreurs à chaque étape de leur projet.

Banque Atlantique : des solutions financières pour les entreprises et la diaspora
Le financement constitue un levier essentiel du développement immobilier. La présence de Banque Atlantique a permis d’aborder les mécanismes d’accompagnement destinés aux entreprises ainsi que les services proposés à la diaspora.
Lors de la couverture de Wassare News, Aïssatou Dièye Koundoul a présenté le volet diaspora de la banque, tandis que Mme Kane a expliqué les dispositifs d’accompagnement des entreprises.
Les Sénégalais établis à l’étranger représentent une source importante d’investissement pour le pays. Beaucoup souhaitent acquérir un terrain, construire une maison ou développer une activité économique. Des services adaptés, des démarches sécurisées et une meilleure transparence des opérations peuvent faciliter la concrétisation de ces projets.
Les promoteurs et les entreprises du bâtiment ont eux aussi besoin de financements adaptés pour développer leurs activités et mener leurs opérations à terme.
Toutefois, le coût du crédit, les garanties exigées et les revenus des demandeurs continuent de déterminer l’accès effectif aux ressources financières. L’enjeu consiste donc à mieux rapprocher les offres bancaires des besoins des particuliers et des professionnels.

Sococim Industries et la maîtrise des coûts de construction
La participation de Sococim Industries a mis en évidence l’importance de l’industrie des matériaux dans la chaîne de valeur du bâtiment.
Le ciment et les autres intrants représentent une part significative du budget de nombreuses opérations immobilières. Leur prix, leur disponibilité et leur qualité influencent directement les dépenses des promoteurs et des particuliers.
Dans ce contexte, la maîtrise des coûts constitue un enjeu majeur. Elle passe notamment par une meilleure organisation des chantiers, une gestion rigoureuse des ressources et l’adoption de techniques permettant d’améliorer l’efficacité des travaux.
La durabilité doit également guider les choix techniques. Les matériaux utilisés doivent offrir une résistance suffisante, contribuer au confort des occupants et répondre aux exigences de sécurité.
La recherche de solutions locales et l’amélioration des procédés de construction peuvent ainsi participer à une meilleure maîtrise des budgets, à condition de préserver la qualité des ouvrages.
Le projet Thanys parmi les initiatives présentées
Le salon a également servi de vitrine à plusieurs initiatives, dont le projet Thanys, présenté par Thilele Ba.
Pour les porteurs de projets, ce type de rendez-vous représente une occasion de faire connaître leurs activités, de présenter leurs ambitions et de nouer des relations avec des partenaires potentiels.
Les échanges professionnels peuvent favoriser la recherche de financements, la mise en relation avec des investisseurs et l’identification de débouchés commerciaux.
La concrétisation de ces opportunités dépend néanmoins de la structuration des projets, de leur viabilité économique et de la capacité de leurs promoteurs à mobiliser les ressources nécessaires.
Architecture et climat : repenser les modes de construction
L’adaptation des bâtiments aux conditions climatiques a également occupé une place importante dans les réflexions menées pendant le salon. Un panel était consacré au thème : « Quelle architecture pour le climat et les modes d’habiter au Sénégal ? »
La question est particulièrement pertinente dans un pays où les fortes chaleurs, les précipitations et les risques d’inondation imposent des choix techniques adaptés.
L’orientation des bâtiments, la ventilation naturelle, l’ombrage et la sélection des matériaux peuvent améliorer le confort thermique et réduire la dépendance à la climatisation. La valorisation des savoir-faire locaux offre également des pistes intéressantes pour concevoir des constructions mieux adaptées aux réalités du territoire.
L’architecture durable doit aussi intégrer la gestion des eaux pluviales, l’assainissement et la préservation des espaces verts. Ces éléments sont essentiels pour limiter les risques environnementaux et améliorer le cadre de vie.
La réflexion architecturale doit donc être associée à une planification urbaine cohérente, capable d’anticiper les besoins des populations et les contraintes liées au climat.

Maîtrise d’ouvrage et qualité des réalisations
Les échanges suivis par Wassare News ont également porté sur les conditions de construction et la conduite des projets immobiliers.
Abdoulaye Faye est intervenu sur les conditions de construction, tandis qu’ Ababacar Guèye, directeur de la maîtrise d’ouvrage à la SN HLM, a apporté un éclairage sur la réalisation des programmes.
La maîtrise d’ouvrage joue un rôle déterminant dans la préparation des opérations, la coordination des intervenants, le suivi des budgets et le respect des délais. Une gestion rigoureuse contribue à limiter les retards, à prévenir les malfaçons et à garantir la conformité des bâtiments.
Pour les futurs propriétaires, la qualité d’exécution est aussi importante que le prix d’acquisition. La sécurité, la durabilité des matériaux et le respect des normes techniques doivent rester des priorités.
L’enjeu consiste ainsi à concilier accessibilité financière, efficacité des travaux et fiabilité des constructions.
Un aménagement du territoire qui dépasse Dakar
L’évolution des villes constitue un autre défi majeur. La concentration des activités économiques dans la région de Dakar accentue la pression sur le foncier et les infrastructures, tandis que les autres territoires ont besoin d’investissements pour accompagner leur développement.
Une politique d’aménagement équilibrée suppose de renforcer les équipements collectifs, les réseaux de transport et les services publics, mais aussi de favoriser l’émergence de nouveaux pôles économiques.
L’objectif est de rapprocher les populations des établissements scolaires, des structures sanitaires et des opportunités d’emploi. Une telle approche peut limiter les déplacements contraints et améliorer les conditions de vie des ménages.
La planification urbaine doit également prévenir l’occupation de zones exposées aux inondations et garantir une meilleure intégration des réseaux d’assainissement.
La qualité de l’habitat dépend ainsi autant des bâtiments que de l’organisation des espaces dans lesquels ils s’insèrent.

Des partenariats à transformer en résultats concrets
En réunissant des organismes publics, des banques, des industriels, des promoteurs et des entrepreneurs, SENHABITAT 2026 a favorisé les échanges entre les différents maillons du secteur.
Pour les entreprises, cette plateforme offre des possibilités de prospection, de recherche de partenaires et de présentation de nouvelles solutions. Pour les institutions, elle constitue un espace de dialogue avec les professionnels confrontés aux réalités du marché.
Cependant, la portée de ces rencontres devra se mesurer aux résultats obtenus après l’événement : projets effectivement lancés, collaborations concrétisées, innovations adoptées et solutions rendues accessibles aux populations.
La transformation du secteur nécessite une coordination durable entre les acteurs, des investissements adaptés et une attention constante aux besoins des ménages.
Conclusion : faire de l’habitat souverain une réalité
Avec le thème « L’habitat souverain : Sunu Dekkuwaay », SENHABITAT 2026 a placé la construction, le financement et l’aménagement du territoire au centre des réflexions sur le développement du Sénégal.
La participation des organismes de logement, des établissements financiers, des industriels et des porteurs de projets a permis d’aborder les principaux défis d’un secteur qui mobilise de nombreuses compétences et contribue à l’économie nationale.
Mais au-delà des présentations et des rencontres professionnelles, l’enjeu reste de produire des résultats tangibles : faciliter l’accès à la propriété, maîtriser les coûts, améliorer la qualité des constructions et concevoir des quartiers adaptés aux réalités climatiques et sociales.
La souveraineté de l’habitat prendra véritablement tout son sens lorsque les ressources locales, les compétences nationales et les investissements se traduiront par un cadre de vie plus accessible, plus sûr et plus durable pour les populations sénégalaises.