Les 24 et 25 octobre 2026, Dakar a accueilli la première édition de l’AFRICA RISE – The New Playbook Summit, un rendez-vous consacré au développement du sport africain et à ses perspectives économiques. Organisé autour du sport, de la culture, de l’innovation et de l’investissement, l’événement a réuni des athlètes, des entrepreneurs, des investisseurs, des responsables institutionnels et des professionnels venus échanger sur l’avenir de l’industrie sportive sur le continent.
À quelques semaines des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, cette rencontre a placé le Sénégal au centre des discussions sur les opportunités offertes par le sport africain. Au-delà de la compétition, les échanges ont porté sur la création d’emplois, le financement des infrastructures, la professionnalisation des disciplines, la valorisation des talents et la construction d’un véritable écosystème économique autour du sport.
Le sport africain, un secteur aux multiples opportunités
L’ambition d’AFRICA RISE repose sur une conviction : le sport représente bien plus qu’une activité de compétition. Il constitue également un secteur économique susceptible de stimuler l’entrepreneuriat, l’investissement, le tourisme, les industries créatives et le développement de la jeunesse.
Pendant longtemps, le potentiel sportif africain a principalement été associé aux performances des athlètes et aux résultats des équipes nationales. Pourtant, derrière les compétitions se trouvent de nombreuses activités économiques : gestion d’infrastructures, organisation d’événements, formation, équipements, communication, marketing, droits commerciaux et production audiovisuelle.
C’est dans cette perspective que The New Playbook Summit a été conçu comme un espace de réflexion et de mise en relation entre les différents acteurs de l’industrie sportive.
L’objectif est notamment de favoriser les investissements, de renforcer les capacités des structures sportives africaines et de permettre aux talents du continent de bénéficier de meilleures perspectives professionnelles.
La Ville de Dakar accompagne cette première édition
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la participation du maire de Dakar, Abass Fall, qui a prononcé le discours inaugural en tant que représentant de la ville hôte.
La participation de la municipalité traduit l’importance accordée au développement du sport et à son rôle dans la préparation des JOJ Dakar 2026.
L’organisation de cette rencontre à Dakar intervient dans un contexte particulier pour le Sénégal, qui s’apprête à accueillir le premier événement olympique organisé sur le continent africain.
Cette échéance représente une occasion de renforcer les infrastructures, de développer les compétences locales et de donner une meilleure visibilité aux initiatives sportives nationales.
Au-delà de l’accueil des compétitions, la question de l’héritage constitue un enjeu essentiel : comment faire en sorte que les investissements et les opportunités générés par les JOJ puissent continuer à profiter aux jeunes et aux communautés après les Jeux ?
Infrastructures, technologies et développement des talents au programme
Les discussions du forum ont notamment porté sur les nouvelles perspectives offertes par les technologies, les infrastructures sportives et la formation des talents.
Le premier panel, consacré aux nouvelles frontières du sport africain, a abordé le rôle des équipements, des académies, des fédérations et des innovations technologiques dans l’amélioration des performances et l’organisation des parcours sportifs.
Les intervenants ont également été invités à réfléchir aux moyens de renforcer les structures de formation et de créer des environnements capables d’accompagner les jeunes sportifs vers le haut niveau.
La question des infrastructures demeure particulièrement importante. Dans plusieurs pays africains, le manque d’équipements adaptés et les difficultés d’accès aux installations limitent encore les possibilités de pratique et de progression.
Le développement de centres de formation, la modernisation des installations et l’utilisation des outils numériques peuvent contribuer à améliorer les conditions de préparation des athlètes et la gestion des organisations sportives.
Le forum a également accueilli une intervention spéciale d’Amadou Gallo Fall, président fondateur de la Basketball Africa League (BAL), autour des perspectives de développement du basketball professionnel africain.
Son expérience dans le développement du basketball sur le continent a apporté un éclairage sur les possibilités de structuration des compétitions et de valorisation des talents africains.
Construire des franchises sportives viables en Afrique
L’un des autres axes majeurs du sommet concernait la création et le développement de franchises sportives capables de s’inscrire dans la durée.
La question est essentielle pour l’avenir du sport professionnel africain. La performance sportive ne suffit pas, à elle seule, à garantir la pérennité d’un club ou d’une organisation. Il faut également disposer d’un modèle économique solide, de partenaires financiers, d’une stratégie commerciale et d’une communauté de supporters engagée.
Les échanges ont ainsi porté sur l’actionnariat, les investissements, la mobilisation des supporters et les mécanismes permettant aux structures sportives de développer leurs revenus.
Cette réflexion met en évidence la nécessité de considérer les clubs et les compétitions comme de véritables entreprises, capables de créer de la valeur et de générer des emplois.
Pour le continent, l’enjeu consiste à développer des structures professionnelles qui ne dépendent pas uniquement des financements ponctuels, mais disposent de ressources et de stratégies adaptées à leur environnement.
Le sport féminin et le leadership des femmes
La place des femmes dans l’industrie sportive a également été abordée au cours d’une session consacrée à leur leadership, leur visibilité et leur potentiel économique.
Malgré les progrès enregistrés dans plusieurs disciplines, les sportives africaines restent confrontées à des difficultés liées à la médiatisation, au financement, aux infrastructures et à l’accès aux responsabilités.
La valorisation du sport féminin représente pourtant une opportunité importante pour le développement de nouvelles audiences, la création de partenariats commerciaux et l’émergence de modèles inspirants pour les jeunes générations.
Les échanges ont ainsi permis de rappeler la nécessité de renforcer la représentation des femmes dans les instances sportives et de leur offrir davantage d’opportunités dans les métiers liés à ce secteur.
Les athlètes au centre des discussions
Au-delà des questions économiques et institutionnelles, AFRICA RISE a accordé une place importante aux expériences des sportifs.
La session « La parole aux athlètes » a permis à plusieurs athlètes de haut niveau de partager leurs parcours, leurs difficultés et les enseignements tirés de leurs expériences dans la compétition internationale.
Parmi les intervenants figurait Mamour Niang, boxeur et entraîneur de l’équipe nationale du Sénégal, également fondateur de l’association Street Kids To Champions.

Son engagement illustre une dimension sociale du sport : utiliser la pratique sportive comme un moyen d’encadrement, de transmission et d’accompagnement des jeunes.
À travers son initiative, le sport est envisagé comme un outil d’éducation et d’insertion, particulièrement pour les enfants et les jeunes issus de milieux défavorisés.
Cette approche rappelle que la réussite sportive ne se mesure pas uniquement aux médailles ou aux titres remportés. Elle peut également se traduire par les possibilités offertes aux jeunes de développer leur discipline, leur confiance et leurs compétences.
La reconnaissance de Mamour Niang a constitué l’un des temps forts de cette édition. Il a reçu le prix Africa Rising lors des AFRICA RISE Honors, une distinction qui vient saluer son engagement dans le développement du sport et son action auprès de la jeunesse.
Ibrahima Diba présente la Basketball University League
La rencontre a également permis de découvrir des initiatives qui participent à la structuration du sport au Sénégal. Parmi elles figure la Basketball University League (BUL), présentée par son fondateur, Ibrahima Diba.
Cette initiative ambitionne de développer le basketball universitaire en offrant aux étudiants-athlètes un cadre de compétition, de progression et de valorisation de leurs talents.
Au-delà des rencontres sportives, la BUL entend contribuer à une meilleure organisation du sport universitaire grâce à la structuration des compétitions, à la visibilité des joueurs et à l’utilisation des outils numériques.
Le sport universitaire représente en effet un vivier important de talents. Les établissements d’enseignement supérieur peuvent jouer un rôle déterminant dans l’identification et l’accompagnement des jeunes sportifs, tout en leur permettant de poursuivre leur parcours académique.
Pour Ibrahima Diba, l’enjeu est de construire une plateforme capable de rapprocher les étudiants-athlètes des opportunités sportives et professionnelles.
Cette initiative souligne également l’intérêt de développer des partenariats avec les établissements universitaires, les entreprises et les institutions susceptibles d’accompagner le financement et l’organisation des compétitions.

Fatima Diallo : préparer l’héritage des JOJ Dakar 2026
La dimension culturelle et communautaire du sommet a également occupé une place importante dans les échanges.
Fatima Diallo, responsable culture et communautés d’AFRICA RISE, a notamment présenté la dimension institutionnelle de la rencontre et introduit le maire de Dakar lors de la cérémonie d’ouverture.
Dans son intervention accordée à Wassaré News, elle a mis l’accent sur les possibilités offertes à la jeunesse africaine et sur la nécessité de croire en son potentiel pour construire son avenir sur le continent.
Elle a également souligné l’importance des infrastructures sportives et de la préparation de l’après-JOJ.
À l’approche de Dakar 2026, cette question mérite une attention particulière. L’organisation d’un événement international constitue une étape importante, mais son véritable impact dépend aussi de ce qu’il laisse derrière lui.
Les équipements, les compétences développées, les emplois créés et les opportunités offertes aux jeunes doivent pouvoir continuer à produire des effets après la fin des compétitions.
La réflexion autour de l’héritage olympique dépasse ainsi le cadre sportif. Elle concerne également la culture, l’économie, l’éducation et la participation des communautés.

Les étudiants et l’innovation à travers le programme DAUST
L’innovation et l’entrepreneuriat ont également été mis en avant à travers une session consacrée à la Dakar American University of Science & Technology (DAUST).
Cinq étudiants ont été invités à présenter leurs projets dans le cadre de l’atelier de pitchs « The Next Play ».
Cette séquence a permis de mettre en lumière le potentiel entrepreneurial des jeunes et leur capacité à proposer des solutions innovantes.
Les présentations ont été suivies de questions et de conseils formulés par un jury composé de professionnels issus de différents secteurs, notamment l’investissement sportif, l’entrepreneuriat, les médias et les institutions.
Cette initiative illustre l’intérêt de rapprocher les établissements d’enseignement supérieur du monde professionnel. Elle offre aux étudiants un cadre pour défendre leurs idées, recevoir des conseils et mieux comprendre les attentes des investisseurs et des partenaires.
Dans un contexte où la jeunesse africaine représente une importante force de créativité, ce type de dispositif peut contribuer à faire émerger de nouveaux projets et à encourager l’innovation dans l’industrie sportive.
Médias, marques et image du sport africain
Le rôle des médias et des marques dans la valorisation du sport africain a constitué un autre axe important des discussions.
Un panel consacré à cette thématique a abordé la construction de récits sportifs, le développement des audiences, le design, les plateformes numériques et les stratégies de sponsoring.
L’enjeu est de permettre aux disciplines, aux athlètes et aux organisations africaines de bénéficier d’une meilleure visibilité, aussi bien sur le continent qu’à l’international.
Les médias jouent un rôle essentiel dans cette dynamique. Ils contribuent à raconter les parcours, à valoriser les performances et à donner une place aux disciplines qui restent parfois peu médiatisées.
La photographie, la production audiovisuelle et les réseaux sociaux représentent également des outils importants pour développer l’image des sportifs et renforcer l’attractivité des compétitions.
Pour les marques, le sport offre des possibilités de communication et de partenariat. Pour les organisations sportives, ces collaborations peuvent constituer une source de financement et favoriser leur développement.
Une journée communautaire consacrée au flag football
Dans le prolongement du forum professionnel, AFRICA RISE avait également prévu une journée communautaire consacrée au flag football, le 25 octobre 2026, au terrain de l’ASFA, au Camp militaire Idrissa Fall.
Cette activité, organisée avec la Ville de Dakar et l’Association pour la promotion des sports américains au Sénégal (APSUS), devait être gratuite et ouverte au public.
Le programme annoncé prévoyait des initiations, des rencontres sportives, des épreuves de sprint sur 40 yards, un match All-Star Sénégal et une rencontre réunissant des personnalités et des athlètes.
Une séquence devait également être consacrée à la présentation du sport par Decathlon Sénégal, partenaire d’activation communautaire.
Le choix du flag football n’est pas anodin. Cette discipline, dérivée du football américain, se pratique sans plaquage et repose notamment sur le retrait de bandes attachées à la ceinture des joueurs.
Son développement bénéficie d’une perspective internationale avec son entrée au programme des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.
À travers cette journée, AFRICA RISE entendait élargir la participation au-delà des professionnels et offrir aux populations un espace de découverte et de pratique sportive.
AFRICA RISE, une plateforme tournée vers l’avenir du sport africain
La première édition de The New Playbook Summit a réuni plusieurs dimensions du développement sportif : investissement, infrastructures, formation, innovation, médias et engagement communautaire.
La diversité des profils présents a permis de mettre en évidence les relations entre la performance sportive et les opportunités économiques qui entourent les disciplines.
Pour le Sénégal, cette rencontre intervient à un moment stratégique, à l’approche des JOJ Dakar 2026. Elle offre l’occasion de réfléchir à la place que le pays peut occuper dans le développement de l’industrie sportive africaine.
Mais les ambitions affichées nécessitent des actions durables. Le développement d’infrastructures adaptées, l’accompagnement des entrepreneurs, la professionnalisation des clubs, la formation des jeunes et la mobilisation des investissements constituent autant de chantiers à poursuivre.
La réussite de cette dynamique dépendra notamment de la capacité des acteurs publics et privés à transformer les échanges en partenariats concrets et en projets viables.
Conclusion : faire du sport un moteur de développement pour l’Afrique
AFRICA RISE 2026 a ouvert un espace de réflexion sur la place du sport dans les économies africaines. À travers les interventions des responsables institutionnels, des athlètes, des entrepreneurs et des professionnels, le sommet a mis en évidence les possibilités offertes par un secteur qui dépasse largement le cadre des compétitions.
Les initiatives présentées, notamment dans le sport universitaire et l’accompagnement de la jeunesse, rappellent que le développement de cette industrie passe aussi par la formation, l’encadrement et la création de nouvelles opportunités.
À l’approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, le défi pour le Sénégal et les autres pays africains consiste désormais à faire de cette dynamique un levier durable de croissance, d’emploi et de rayonnement international.
Au-delà des performances sur les terrains, l’avenir du sport africain se jouera également dans la capacité du continent à investir, à structurer ses organisations, à valoriser ses talents et à construire ses propres modèles de développement.