À Doha, le Sénégal présente cinq projets estimés à près de 15 milliards de dollars

Le directeur général de l’APIX a présenté le positionnement du Sénégal aux investisseurs réunis à Doha.

Le Sénégal a présenté au World Investment Forum de Doha un portefeuille de cinq projets structurants évalué à près de 15 milliards de dollars. Portée par le directeur général de l’APIX, Bakary Sèga Bathily, cette offensive vise à positionner le pays comme une plateforme d’investissement en Afrique de l’Ouest. Le montant annoncé correspond toutefois à une estimation de projets à promouvoir, et non à des financements déjà mobilisés.

La présentation sénégalaise s’est tenue le 25 octobre dans le cadre de la neuvième édition du Forum mondial de l’investissement, organisé à Doha du 25 au 27 octobre par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. La session officielle était consacrée à « Sénégal 2050 : investir dans l’avenir, votre porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest ».

Cinq projets pour près de 15 milliards de dollars

L’APIX affirme avoir mis en avant cinq projets structurants représentant une enveloppe globale d’environ 15 milliards de dollars. La communication publiée depuis Doha ne détaille ni le coût individuel de chaque projet, ni leur montage financier, ni leurs calendriers d’exécution.

Le programme officiel du forum situe les opportunités sénégalaises dans l’énergie, l’agro-industrie et les technologies de l’information et de la communication. L’APIX cite également le gaz, le rail, l’industrie et le numérique parmi les domaines couverts par son accompagnement aux investisseurs. En l’absence de fiches publiques détaillées, ces indications décrivent des secteurs de prospection plutôt que des engagements conclus.

Un Code des investissements assorti d’un délai de dix jours

Pour convaincre les investisseurs, l’agence met en avant le Code des investissements adopté en 2025. Le texte prévoit que la réponse à une demande d’agrément ou d’approbation de listes soit communiquée dans un délai de dix jours ouvrables à compter du dépôt, à condition que le dossier soit complet.

Cette précision est importante. Le délai annoncé ne signifie pas que tout projet sera agréé en dix jours, ni que toutes les autorisations sectorielles, foncières ou environnementales seront obtenues dans ce laps de temps. Il concerne la procédure d’agrément régie par le Code et reste soumis à la complétude du dossier.

Un accompagnement présenté comme plus direct

L’APIX a également promu son Investor Desk, conçu comme un point d’entrée pour orienter les porteurs de projets et accélérer le traitement des difficultés administratives. L’agence promet moins d’intermédiaires, davantage de clarté et une remontée plus rapide des blocages.

Pour les investisseurs, la valeur de ce dispositif dépendra de sa capacité à coordonner les administrations, sécuriser l’accès au foncier, rendre les incitations prévisibles et publier des délais vérifiables. Pour l’État, l’enjeu consiste à attirer des capitaux sans affaiblir les exigences de transparence, de contenu local et de soutenabilité financière.

Ce que l’offensive de Doha peut changer pour le Sénégal

Si les projets présentés débouchent sur des accords financés, ils pourraient renforcer les infrastructures, la transformation locale et les capacités numériques. Leur impact sur l’emploi et les entreprises sénégalaises dépendra cependant des contrats, de la part de sous-traitance locale, des compétences mobilisées et des conditions de financement.

Le chiffre de 15 milliards de dollars donne une mesure de l’ambition affichée. Il ne permet pas encore d’évaluer les retombées économiques. Les indicateurs déterminants seront les montants effectivement engagés, la part de capitaux privés, les garanties publiques éventuelles, les dates de démarrage et les résultats mesurables dans les territoires.

Doha comme étape de prospection

Le World Investment Forum réunit gouvernements, agences de promotion, investisseurs et institutions financières. La présence sénégalaise offre donc un accès direct à des fonds et groupes du Golfe et d’autres régions, mais la compétition pour les capitaux reste forte.

La prochaine étape sera la publication d’informations projet par projet : promoteur, coût, statut des études, risques, calendrier et financement recherché. C’est à cette condition que la présentation de Doha pourra être appréciée comme un pipeline d’investissements crédible, au-delà de l’annonce globale.

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