Sénégal–Algérie : une nouvelle étape dans la coopération énergétique

La coopération énergétique entre le Sénégal et l’Algérie connaît une nouvelle dynamique. En visite de travail à Alger les 3 et 4 octobre 2026, le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a multiplié les échanges avec les responsables algériens du secteur autour de l’électricité, des énergies renouvelables et des hydrocarbures.

Cette mission intervient quelques semaines après une première rencontre entre le ministre sénégalais et son homologue algérien Mourad Adjal. Le 31 août dernier, les deux responsables avaient déjà échangé sur les moyens de renforcer la coopération dans l’énergie, l’électricité et les énergies renouvelables, notamment à travers le partage d’expertise, la formation et le transfert de technologies.

Senelec et Sonelgaz officialisent leur rapprochement

Le principal résultat concret de cette visite à Alger est la signature d’un mémorandum d’entente entre la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) et le groupe public algérien Sonelgaz.

L’accord a été signé le samedi 3 octobre à Alger par le directeur général par intérim de Sonelgaz, Nabil Kafi, et le directeur général de Senelec, Gaye Toby, sous la supervision des deux ministres de l’Énergie.

Ce mémorandum vise à encadrer et à développer la coopération entre les deux entreprises publiques. Il doit notamment favoriser les échanges d’expertise et d’expériences dans le domaine de l’électricité.

Pour Alger, cette signature constitue une nouvelle étape dans le rapprochement énergétique avec Dakar. Le ministre algérien Mourad Adjal a souligné que l’accord traduit la volonté des deux pays de construire des partenariats durables entre leurs entreprises publiques.

L’expertise algérienne au service des défis énergétiques sénégalais

La mission du ministre sénégalais comprend également plusieurs visites d’infrastructures énergétiques algériennes.

La délégation sénégalaise s’est notamment intéressée aux dispositifs de pilotage et de gestion du système électrique ainsi qu’aux installations techniques de Sonelgaz.

Ces visites prennent une importance particulière au regard des discussions engagées depuis plusieurs mois entre Dakar et Alger. Lors de leur échange du 31 août, les deux pays avaient déjà identifié le transfert de compétences, la formation, le partage d’expériences et de technologies comme des axes prioritaires de leur coopération.

Pour le Sénégal, l’enjeu est notamment de tirer profit de l’expérience algérienne dans le développement et la gestion des infrastructures énergétiques.

Cette orientation s’inscrit dans les priorités affichées par le ministère sénégalais de l’Énergie et du Pétrole. En juillet, El Hadji Abdourahmane Diouf avait notamment effectué une visite au Centre national de Dispatching de Senelec, présenté comme le cœur opérationnel du système électrique national, avec un intérêt particulier pour la sécurisation de l’alimentation électrique et la modernisation du réseau.

Un rapprochement qui concerne aussi les hydrocarbures

La coopération ne se limite pas au secteur de l’électricité.

Au cours de son séjour, El Hadji Abdourahmane Diouf a également échangé avec Mohamed Arkab, ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures, autour des perspectives de coopération entre les deux pays dans le secteur pétrolier et gazier.

Ces discussions ouvrent notamment des perspectives de rapprochement entre les entreprises publiques des deux pays, dont PETROSEN et le groupe algérien Sonatrach.

À ce stade, il convient toutefois de parler de perspectives de partenariat plutôt que d’un accord déjà conclu entre les deux compagnies. Les discussions peuvent notamment porter sur le partage d’expertise, le développement des compétences et la coopération dans les différentes activités de la chaîne des hydrocarbures.

Cette piste est cohérente avec l’objectif affiché par les deux pays de construire progressivement un cadre de coopération plus large dans le secteur énergétique.

Vers un accord intergouvernemental en décembre

Le mémorandum Senelec–Sonelgaz constitue une première étape. Un second rendez-vous est annoncé pour décembre à Dakar.

Lors des discussions engagées fin août, les deux gouvernements avaient prévu la préparation d’un accord intergouvernemental destiné à renforcer le cadre de coopération entre l’Algérie et le Sénégal dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables.

Cette échéance est annoncée autour du 3 décembre 2026, dans le cadre de la Conférence MSGBC Oil, Gas & Power prévue à Dakar.

L’objectif est de donner un cadre plus durable aux échanges entre les deux pays et de permettre la mise en œuvre de projets concrets.

Une coopération Sud-Sud mise en avant

Au-delà des accords techniques, Dakar et Alger présentent ce rapprochement comme une démarche de coopération entre deux pays africains.

Pour le Sénégal, l’intérêt est de pouvoir s’appuyer sur l’expérience d’un pays disposant d’une industrie énergétique importante, notamment dans l’électricité et les hydrocarbures.

Pour l’Algérie, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération énergétique avec les pays africains.

Le ministre sénégalais El Hadji Abdourahmane Diouf a d’ailleurs présenté cette démarche comme une opportunité de tirer profit de l’expérience algérienne pour répondre aux défis énergétiques du Sénégal.

La coopération annoncée porte ainsi sur plusieurs dimensions : électricité, énergies renouvelables, transfert de technologie, formation, expertise technique et hydrocarbures.

Dakar et Alger veulent passer aux projets concrets

Après plusieurs échanges préparatoires, la signature du mémorandum entre Senelec et Sonelgaz marque donc une première traduction concrète du rapprochement engagé entre les deux pays.

La prochaine étape sera désormais de transformer ces engagements en programmes opérationnels et en projets effectivement mis en œuvre.

À travers cette nouvelle dynamique, le Sénégal cherche à renforcer ses capacités techniques et institutionnelles dans le secteur énergétique, tandis que l’Algérie met en avant son expérience et son savoir-faire.

La perspective d’un accord intergouvernemental en décembre pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans la construction d’un partenariat énergétique plus large entre Dakar et Alger.

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