Éducation JOJ Dakar 2026 Société Rentrée universitaire 2026-2027 : l’UCAD place l’olympisme et la paix au cœur de sa leçon inaugurale Ndeye Fatou MbayeOctober 30, 2026016 views L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a officiellement ouvert son année académique 2026-2027, le jeudi 29 octobre 2026, autour d’une réflexion consacrée aux valeurs du sport et à leur contribution à la paix. Organisée au Centre de conférences de l’UCAD II, la cérémonie a été marquée par une leçon inaugurale prononcée par le professeur Djibril Seck sur le thème : « L’Olympisme, vecteur de paix ». Cette rentrée universitaire intervient dans un contexte particulier pour le Sénégal, à quelques jours de l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. En accueillant cette manifestation du 31 octobre au 13 novembre, le pays devient le premier du continent africain à organiser un événement sportif olympique. Le choix du thème prend ainsi une dimension à la fois académique, citoyenne et internationale. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Dr Boubacar Camara, du professeur Marie Teuw Niane, ministre et directeur de Cabinet du président de la République, ainsi que de plusieurs responsables universitaires et membres de la communauté académique. L’université appelée à promouvoir les valeurs du vivre-ensemble Dans son intervention, le recteur de l’UCAD, le professeur Alioune Badara Kandji, a salué le choix de cette thématique, qu’il considère comme une invitation à réfléchir au rôle de l’université dans la construction d’une société plus solidaire. Il a notamment rappelé la place de l’institution dans la production intellectuelle et l’innovation, soulignant que l’UCAD ne doit pas être un simple observateur des évolutions mondiales, mais un acteur capable de contribuer à la réflexion et à la transformation des sociétés. Le recteur a également insisté sur la nécessité de rapprocher les exigences académiques des valeurs portées par l’olympisme, notamment le dépassement de soi, la solidarité, le respect et la recherche d’objectifs collectifs. Au-delà de la pratique sportive, il a attiré l’attention sur la montée des replis identitaires, du racisme, de la xénophobie et des discours nationalistes qui fragilisent les relations entre les communautés. Pour lui, la promotion des idéaux olympiques constitue une piste de réflexion face à ces tensions et aux difficultés du vivre-ensemble. Il a ainsi présenté cette leçon inaugurale comme un moment de sensibilisation et d’inspiration pour les étudiants, les enseignants et l’ensemble de la communauté universitaire. « La paix n’est pas naturelle et spontanée » Prenant la parole, le professeur Djibril Seck a développé une réflexion sur les rapports entre sport, culture et construction de la paix. Il a notamment rappelé que la coexistence pacifique entre les individus et les peuples ne va pas de soi. « La paix n’est pas naturelle et spontanée ; c’est une construction et une co-construction », a-t-il déclaré. À travers cette formule, l’enseignant a mis en évidence la nécessité d’un engagement collectif pour instaurer des relations fondées sur le dialogue, le respect mutuel et la compréhension de l’autre. Son intervention a notamment pris appui sur la lutte sénégalaise, discipline profondément ancrée dans les pratiques culturelles du pays. En évoquant les bakks, ces expressions artistiques, rythmiques et symboliques qui accompagnent l’entrée des lutteurs dans l’arène, il a montré comment la compétition sportive peut s’inscrire dans un univers culturel où se mêlent affirmation de soi, rivalité et respect des traditions. Cette référence à la lutte sénégalaise a permis d’ouvrir une réflexion sur la manière dont une confrontation sportive peut être encadrée par des règles et des valeurs communes. La compétition ne doit pas nécessairement conduire à l’hostilité : elle peut aussi devenir un espace de reconnaissance de l’adversaire et d’expression collective. L’olympisme, une philosophie qui dépasse la compétition La réflexion développée à l’UCAD rejoint les principes fondamentaux du mouvement olympique. Selon la Charte olympique, l’olympisme ne se limite pas à l’organisation des Jeux ou à la recherche de performances sportives. Il constitue une philosophie qui associe le sport à la culture et à l’éducation, dans le but de contribuer à une société pacifique respectueuse de la dignité humaine. Le Comité international olympique met notamment en avant trois valeurs fondamentales : l’excellence, le respect et l’amitié. Ces principes encouragent les sportifs à donner le meilleur d’eux-mêmes, à respecter les règles et leurs adversaires, mais également à reconnaître la diversité des cultures et des origines. Dans cette perspective, le sport peut servir de cadre de rencontre entre des personnes issues de sociétés différentes. Il offre des occasions de dialogue et de coopération, même lorsque les divergences politiques, culturelles ou sociales persistent. La leçon inaugurale a ainsi rappelé que la portée éducative de l’olympisme repose autant sur les comportements adoptés en dehors des terrains que sur les performances réalisées pendant les compétitions. Dakar 2026, une occasion de faire vivre les valeurs olympiques Le choix de ce thème prend une résonance particulière avec l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Prévus du 31 octobre au 13 novembre, ces Jeux réunissent environ 2 700 jeunes athlètes venus du monde entier. Les compétitions et activités se déroulent dans trois zones : Dakar, Diamniadio et Saly. Au-delà des épreuves sportives, l’événement entend promouvoir l’éducation, la rencontre entre les cultures et l’engagement de la jeunesse. Il représente également une étape historique pour le continent africain, puisqu’il s’agit de la première manifestation sportive olympique organisée sur son sol. Dans ce contexte, l’intervention du professeur Djibril Seck invite à considérer les Jeux comme une opportunité qui dépasse les résultats sportifs et les distinctions. La question de l’héritage transmis aux jeunes générations, notamment en matière de respect, de tolérance et de solidarité, demeure essentielle. L’université, en tant qu’espace de formation, de recherche et de débat, est également appelée à contribuer à cette réflexion. Elle peut participer à la sensibilisation des jeunes aux enjeux de la citoyenneté, de la cohésion sociale et du dialogue entre les peuples. Un hommage au professeur Djibril Seck La cérémonie s’est achevée par un hommage rendu au professeur Djibril Seck par le recteur de l’UCAD. Le professeur Alioune Badara Kandji lui a remis un cadeau en reconnaissance de sa contribution à la communauté universitaire et de ses services rendus à l’institution. Cette distinction est venue clôturer une rencontre qui a associé réflexion scientifique, engagement citoyen et actualité sportive internationale. À travers cette leçon inaugurale, l’UCAD ouvre son année académique sur une interrogation essentielle : comment faire du sport un véritable instrument de rapprochement entre les individus et les peuples ? À la veille des premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés en Afrique, le Sénégal est ainsi appelé à donner une portée concrète aux valeurs qu’il entend promouvoir. Pour l’université comme pour la société, l’enjeu est de faire de la paix, du respect et de la solidarité des principes qui se traduisent dans les comportements quotidiens, au-delà des discours et des cérémonies.