Entrepreneuriat féminin : le PNAF déploie des formations dans les 14 régions du Sénégal

Le PNAF déploie des sessions de formation technique, managériale et financière destinées aux femmes et aux jeunes filles dans les 14 régions du Sénégal.

Le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités déploie des sessions de formation entrepreneuriale destinées aux femmes et aux jeunes filles dans les 14 régions du Sénégal. L’initiative, menée dans le cadre du Projet national d’autonomisation des femmes et des jeunes filles, couvre la transformation agroalimentaire, la fabrication de produits courants, la gestion et l’éducation financière. Le nombre de bénéficiaires, le calendrier détaillé et les objectifs chiffrés de création d’entreprises ou d’emplois n’ont pas encore été communiqués.

Le dispositif est mis en œuvre à travers le Programme genre et autonomisation économique des femmes. Il vise à renforcer les compétences techniques, managériales et financières des participantes afin qu’elles puissent développer des activités plus compétitives et mieux structurées.

Des formations centrées sur des activités accessibles localement

Le programme annoncé couvre la transformation des fruits et légumes, des céréales et du lait, ainsi que la production d’huile, de thé naturel, de savon et d’eau de Javel. Les participantes reçoivent également un accompagnement sur le choix des emballages, le conditionnement, les bonnes pratiques d’hygiène et la gestion de leur activité.

Cette combinaison répond à une difficulté fréquente des petites unités de production : savoir fabriquer un produit ne suffit pas pour accéder durablement au marché. La qualité sanitaire, la présentation, la conservation, le calcul des coûts et la capacité à gérer la trésorerie déterminent aussi la viabilité de l’entreprise.

Un milliard de francs CFA inscrit au budget 2026 du PNAF

Le Document budgétaire genre annexé à la loi de finances 2026 inscrit 1 milliard de francs CFA en autorisations d’engagement et 1 milliard en crédits de paiement pour le Projet national d’autonomisation des femmes et des jeunes filles. Cette enveloppe concerne le PNAF dans son ensemble ; elle ne peut donc pas être présentée comme le coût des seules formations annoncées.

Pour apprécier l’utilisation de ces ressources, il faudra connaître la répartition régionale des sessions, le nombre de participantes formées, le coût par bénéficiaire et les formes d’appui prévues après la formation. Ces indicateurs permettront de comparer l’effort budgétaire aux résultats obtenus.

Les femmes restent minoritaires parmi les propriétaires et dirigeants

Les données les plus récentes de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie donnent la mesure de l’écart. Dans l’Enquête nationale sur la démographie des entreprises 2025, les femmes représentent 27,3 % des propriétaires ou dirigeants des entreprises créées ex nihilo étudiées, contre 72,7 % pour les hommes.

Une étude de l’ANSD consacrée à l’entrepreneuriat féminin avait également identifié l’accès au crédit, les impôts et taxes ainsi que plusieurs contraintes de productivité parmi les principales difficultés rencontrées par les femmes entrepreneures du secteur formel. La formation peut réduire certaines fragilités, mais elle ne règle pas à elle seule l’accès au financement, aux équipements et aux débouchés.

Le passage de la formation au marché sera décisif

Pour les participantes, la valeur du programme dépendra de la possibilité de transformer les compétences acquises en revenus réguliers. Cela suppose un suivi après la formation, des solutions de financement adaptées, l’accès à des équipements, l’accompagnement vers la formalisation et des liens avec des acheteurs.

Les activités agroalimentaires présentent un potentiel important dans les régions productrices. Elles peuvent limiter les pertes après récolte, allonger la durée de conservation des produits et capter localement une plus grande part de la valeur ajoutée. Mais la qualité doit rester constante et les produits doivent respecter les règles d’hygiène, d’étiquetage et de conditionnement.

La durabilité des entreprises, un indicateur plus exigeant

L’ENDES 2025 montre que, toutes catégories confondues, 86,6 % des entreprises sont encore actives un an après leur création, mais que le taux de survie descend à 53,8 % après cinq ans. Ce recul souligne l’importance de mesurer les résultats au-delà du nombre de certificats distribués ou de sessions organisées.

Les indicateurs utiles seront le nombre d’activités effectivement lancées, leur chiffre d’affaires, les emplois créés, l’accès au financement et la proportion d’entreprises toujours actives après plusieurs années. Une ventilation par région et par filière permettra également de savoir si les formations correspondent aux ressources et aux marchés locaux.

Une ambition nationale encore à documenter

Le déploiement dans les 14 régions donne au programme une portée nationale et peut réduire la concentration des dispositifs d’appui à Dakar. Il faudra cependant préciser les critères de sélection, la durée des modules, les organismes formateurs et les mécanismes de suivi pour garantir une mise en œuvre comparable sur l’ensemble du territoire.

L’initiative répond à un besoin réel de compétences et de structuration. Son impact économique se jugera sur la capacité des participantes à accéder aux marchés et à maintenir une activité rentable, ainsi que sur la transparence des résultats publiés par le ministère.

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