International Ouganda : 11 morts confirmés et 16 disparus parmi des recrues de l’armée russe en Ukraine wassare newsOctober 29, 2026010 views Illustration éditoriale sur les risques liés au recrutement de ressortissants africains dans la guerre en Ukraine. WASSARE. Illustration éditoriale sur les risques liés au recrutement de ressortissants africains dans la guerre en Ukraine. WASSARE. Une lettre de l’ambassade ougandaise à Moscou fait état de onze décès confirmés et de seize ressortissants toujours introuvables. Le document relance les inquiétudes sur le recrutement d’Africains pour la guerre en Ukraine. Onze Ougandais engagés dans les forces armées russes ont été déclarés morts et seize autres restent introuvables dans le contexte de la guerre en Ukraine. Ces informations figurent dans une lettre datée du 17 octobre 2026, adressée par l’ambassadeur d’Ouganda à Moscou, Moses Kizige, au secrétaire permanent du ministère ougandais des Affaires étrangères. Un responsable du ministère a confirmé à Reuters l’authenticité du document. Le bilan exige toutefois une formulation précise. Le décès des onze premiers ressortissants est présenté comme confirmé. Pour les seize autres, les autorités russes ont indiqué que leurs corps n’avaient pas été retrouvés et qu’ils ne figuraient pas parmi les prisonniers de guerre connus. Ils sont donc considérés comme présumés morts dans la correspondance diplomatique, mais leur décès n’est pas établi individuellement. Une réponse russe transmise par la voie diplomatique Selon la lettre consultée par Reuters et plusieurs médias ougandais, l’ambassade de l’Ouganda avait saisi les autorités russes le 19 août 2026 afin d’obtenir des informations sur des ressortissants signalés par leurs familles. La demande s’appuyait notamment sur des numéros de passeport vérifiés avec la Direction ougandaise de la citoyenneté et de l’immigration. Le ministère russe des Affaires étrangères a répondu le 8 octobre par une note verbale, une forme de communication diplomatique officielle. Cette réponse a fourni les noms de onze personnes déclarées mortes et de seize autres dont la localisation n’a pas pu être établie. L’ambassade de Russie à Kampala n’avait pas réagi dans l’immédiat aux sollicitations de Reuters au moment de la publication de l’agence. Seize disparus dont le sort reste à établir La distinction entre morts confirmés et personnes disparues demeure centrale. L’absence de corps et l’impossibilité de retrouver un ressortissant parmi les prisonniers ne constituent pas, à elles seules, une preuve définitive de décès. Les familles restent donc confrontées à une double épreuve : l’incertitude sur le sort de leurs proches et la difficulté d’engager des démarches administratives ou financières sans documents officiels complets. La correspondance ne précise ni les dates ni les lieux de décès des onze personnes identifiées. Elle n’indique pas davantage les unités auxquelles elles auraient été affectées ou les circonstances exactes dans lesquelles les seize autres ont disparu. Ces zones d’ombre limitent toute conclusion au-delà des informations formellement communiquées. Cinq Ougandais encore sous contrat La lettre indique également que cinq ressortissants ougandais serviraient toujours dans l’armée russe. Ils devraient être libérés de leurs engagements à l’expiration de leurs contrats, selon les informations transmises à l’ambassade. Un autre ressortissant aurait été renvoyé des forces armées russes après un passage dans un hôpital militaire à Nijni Novgorod. Les autorités ougandaises disent avoir perdu sa trace alors qu’il devait être accompagné par le personnel de l’ambassade. Le document mentionne par ailleurs trois décès qui auraient déjà été confirmés antérieurement par le ministère russe de la Défense. Les familles concernées n’auraient pas encore pris contact avec la mission diplomatique. En l’absence d’un décompte officiel consolidé précisant si tous les dossiers sont distincts, ces trois cas ne doivent pas être ajoutés automatiquement au groupe des vingt-sept personnes évoqué dans la nouvelle correspondance. Le recrutement d’Africains au cœur des inquiétudes Cette affaire dépasse le seul cas ougandais. Au Kenya, au Ghana et en Afrique du Sud, des familles et des autorités ont déjà alerté sur le départ de ressortissants vers la Russie après des promesses d’emploi, de formation ou de rémunération. Certains auraient ensuite été engagés dans des activités militaires liées à la guerre en Ukraine. Les situations documentées ne sont pas toutes identiques : certains ressortissants ont signé des contrats militaires, tandis que d’autres disent avoir été trompés sur la nature de leur emploi. Les autorités russes ont rejeté les accusations de recrutement illégal visant des Africains. Cela n’écarte pas la nécessité d’examiner séparément les intermédiaires, les agences de placement, les contrats présentés aux candidats et les conditions réelles de leur départ. Les faits confirmés en Ouganda montrent surtout l’ampleur du risque lorsque les familles ne disposent d’aucune information fiable après le voyage d’un proche. Une urgence consulaire pour les familles L’ambassadeur Moses Kizige a demandé au ministère ougandais des Affaires étrangères d’informer rapidement les familles des personnes décédées. Cette notification doit notamment leur permettre d’entamer les démarches relatives aux éventuelles indemnités et prestations prévues par les contrats. Encore faut-il que les autorités russes transmettent les certificats et éléments administratifs nécessaires. Pour les seize disparus, la priorité reste l’identification de leur statut : hospitalisés, détenus, démobilisés, décédés ou toujours engagés. La coopération entre Kampala et Moscou sera déterminante pour obtenir des dossiers individuels, vérifier les informations militaires et permettre aux familles de disposer d’une réponse officielle. Un avertissement pour les candidats africains au départ L’affaire rappelle l’importance de vérifier toute offre de travail à l’étranger auprès des services consulaires, des ministères compétents et des agences de placement agréées. Un salaire élevé, une promesse de formation ou un voyage pris en charge ne garantissent ni la légalité du contrat ni la sécurité du poste proposé. Pour les États africains, l’enjeu concerne à la fois la protection consulaire, la surveillance des réseaux de recrutement et l’information du public. Le cas ougandais montre que l’absence de suivi peut laisser des familles sans nouvelles pendant des mois, jusque sur une ligne de front située à des milliers de kilomètres. Il appelle surtout à traiter chaque disparition avec rigueur, sans transformer les personnes portées disparues en décès établis avant la fin des vérifications.