Justice Momo Cissé renonce à faire appel de son amende de 300 000 FCFA wassare newsOctober 27, 202604 views Mamadou Cissé a annoncé qu’il ne ferait pas appel de sa condamnation à une amende de 300 000 FCFA. Le chroniqueur Mamadou Cissé, dit « Momo Cissé », a annoncé avoir demandé à ses avocats de ne pas interjeter appel de l’amende ferme de 300 000 FCFA prononcée contre lui par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Condamné le 21 octobre pour diffusion de fausses nouvelles, il dit accepter la décision sans renoncer à son engagement contre la xénophobie. Cette annonce ferme, sauf changement de procédure, la voie de recours que le chroniqueur envisageait après le jugement. Dans son message publié le 26 octobre, Mamadou Cissé soutient avoir défendu son innocence durant le procès et affirme vouloir se conformer à la décision judiciaire. Une condamnation liée à l’affaire Nourah Ba La procédure trouve son origine dans des déclarations faites à propos de l’interpellation et de la garde à vue de l’influenceuse Mariama Ba, connue sous le nom de Nourah Ba. Momo Cissé avait notamment relayé des allégations concernant les circonstances de l’arrestation et l’accès de la jeune femme aux toilettes pendant sa garde à vue à la Division spéciale de cybersécurité. À l’audience, il a contesté l’infraction et expliqué s’être appuyé sur des informations communiquées par des tiers. La défense a plaidé sa bonne foi et demandé sa relaxe. Le ministère public a, au contraire, estimé que la diffusion de fausses nouvelles était constituée et requis une amende de 300 000 FCFA. Le tribunal a suivi ces réquisitions. Un témoin entendu à titre de renseignement a déclaré avoir été présent au moment où Nourah Ba aurait été évacuée vers un hôpital, tout en précisant ne pas avoir assisté à son arrestation. Cette distinction a occupé une place importante dans les débats : elle confirmait une partie du contexte rapporté, sans établir l’ensemble des affirmations diffusées par le chroniqueur. Le refus de l’appel présenté comme un choix de principe Mamadou Cissé affirme avoir pris sa décision « par principe et par respect pour la justice ». Il ajoute qu’il respectera le jugement tout en maintenant ses convictions. Son message associe désormais le dossier judiciaire à un débat plus large sur le vivre-ensemble et le rejet de la xénophobie. Cette présentation relève de sa position personnelle. Le jugement, tel qu’il a été rapporté par plusieurs médias présents à l’audience, portait sur l’infraction de diffusion de fausses nouvelles et non sur une appréciation générale du débat sur la xénophobie au Sénégal. Un dossier qui pose la question de la vérification Au-delà de la personnalité du chroniqueur, l’affaire rappelle la responsabilité attachée à la diffusion publique d’informations sensibles. Le statut de chroniqueur ou d’analyste ne supprime pas l’exigence de distinguer un témoignage, une allégation et un fait vérifié, surtout lorsque les propos visent des institutions ou portent sur des conditions de garde à vue. La décision de ne pas faire appel signifie que le débat public se déplace désormais du terrain judiciaire vers celui des pratiques médiatiques. Deux exigences y coexistent : protéger la liberté d’expression et soumettre les affirmations factuelles à une vérification proportionnée à leur gravité.