Tuesday, October 27, 2026
Hôpitaux de Mbour et Saint-Louis : Amadou Ba conteste leur financement dans le PLFR 2026

Hôpitaux de Mbour et Saint-Louis : Amadou Ba conteste leur financement dans le PLFR 2026

by wassare news
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Le député Amadou Ba, membre du groupe parlementaire Pastef

Le député Amadou Ba, membre du groupe parlementaire Pastef, conteste l’idée qu’un rejet du projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2026 empêcherait le lancement des hôpitaux de Mbour et de Saint-Louis. Il affirme que le texte prévoit respectivement 94 milliards et 78 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement, mais aucun crédit de paiement pour ces deux projets au titre de l’année 2026.

Cette prise de position intervient au cœur du bras de fer budgétaire entre le Gouvernement et sa majorité parlementaire. Elle porte sur une distinction technique déterminante : l’inscription d’un projet dans un budget ne signifie pas nécessairement que des dépenses pourront être réglées immédiatement.

Les montants avancés par le député

Dans une publication rendue publique dimanche 26 octobre, Amadou Ba indique que le projet d’hôpital de Mbour disposerait de 94 milliards de francs CFA en autorisations d’engagement et celui de Saint-Louis de 78 milliards de francs CFA. Selon lui, les crédits de paiement associés à ces deux lignes seraient fixés à zéro pour 2026.

Le parlementaire dit tirer ces données des documents budgétaires transmis à l’Assemblée nationale par le ministère chargé des Finances. Il en conclut qu’aucun décaissement destiné au démarrage de ces projets ne pourrait être effectué cette année sur la base de ces lignes.

WASSARE a examiné la version publique de 122 pages du PLFR 2026. Ce document confirme les grands arbitrages du budget rectificatif et détaille plusieurs investissements, mais les deux lignes précises de 94 milliards et 78 milliards de francs CFA n’y sont pas identifiables dans les annexes accessibles. Ces montants restent donc présentés comme ceux cités par le député, dans l’attente d’une publication du document programmatique détaillé permettant une vérification indépendante ligne par ligne.

Autorisation d’engagement et crédit de paiement : deux fonctions différentes

La loi organique sénégalaise relative aux lois de finances distingue les autorisations d’engagement, qui fixent le plafond des dépenses pouvant être juridiquement engagées, et les crédits de paiement, qui couvrent les sommes effectivement payables pendant l’exercice.

Pour un investissement pluriannuel, une autorisation d’engagement peut donc réserver l’enveloppe totale d’un projet, tandis que les crédits de paiement sont ouverts progressivement au fil des années. Une ligne dotée en autorisation d’engagement mais sans crédit de paiement peut préserver la programmation du projet, sans fournir de capacité de paiement sur l’exercice concerné.

Un crédit de paiement nul ne prouve toutefois pas, à lui seul, que les études de faisabilité ou les procédures préparatoires n’existent pas. Cette hypothèse est avancée par Amadou Ba dans sa publication, mais elle n’est pas établie par les documents publics consultés.

Le Gouvernement situe plusieurs hôpitaux dans la programmation de 2027

Le Gouvernement a de son côté expliqué que les contraintes de mobilisation des recettes du Plan de redressement économique et social et de certains financements extérieurs avaient conduit à reporter une partie des investissements. Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a indiqué que 295 milliards de francs CFA de dépenses liées au plan avaient été différés et que 239 milliards de financements extérieurs attendus n’avaient pas été mobilisés.

Dans cette présentation, les infrastructures hospitalières de Mbour et de Saint-Louis figurent parmi les projets dont la poursuite est annoncée pour 2027, avec ceux de Kaolack, Ziguinchor et Matam. Cette programmation conforte l’idée que leur exécution matérielle dépendra surtout des crédits effectivement ouverts dans le prochain budget et de la disponibilité des financements.

Ce que le débat change pour Mbour et Saint-Louis

Pour les populations concernées, la question décisive n’est pas seulement la présence des projets dans un tableau budgétaire. Elle porte sur le calendrier des études, la passation des marchés, le démarrage des travaux et les paiements prévus année par année.

Mbour connaît une forte croissance démographique et une activité économique soutenue par le tourisme, la pêche et les services. Saint-Louis dessert pour sa part un vaste bassin de population dans le nord du pays. Dans les deux zones, le renforcement de l’offre hospitalière doit réduire la pression sur les structures existantes et limiter certains déplacements vers Dakar pour des soins spécialisés.

Le débat parlementaire peut permettre de clarifier quatre éléments : le coût total validé de chaque hôpital, le niveau exact des autorisations d’engagement, les crédits de paiement prévus pour 2026 et 2027, ainsi que le calendrier des procédures techniques et contractuelles. Sans ces précisions, le désaccord risque de rester politique alors que l’enjeu principal demeure l’accès effectif aux soins.

Le budget 2027 sera le prochain point de contrôle

Le PLFR 2026 réduit globalement les crédits de paiement consacrés aux investissements, dans un contexte de recettes revues à la baisse et de subventions énergétiques en forte hausse. Le report annoncé vers 2027 devra donc être vérifié dans le projet de loi de finances pour l’année prochaine.

La présence de crédits de paiement, leur montant et leur calendrier permettront de déterminer si les hôpitaux de Mbour et de Saint-Louis passent d’une programmation budgétaire à une phase d’exécution. C’est sur ces éléments mesurables que pourront être confrontées les affirmations du Gouvernement et celles des députés.

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