Les femmes occupent une place importante dans le nombre de lignes de crédit garanties par le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP), mais leur part dans les montants reste nettement plus faible. Dans le bilan présenté par l’institution à l’occasion de la signature d’un pacte national à Dakar, 571 lignes sur 1 385 ont bénéficié à des femmes, pour 4,3 milliards de FCFA sur un total de 30,1 milliards.
Le Pacte national pour l’accélération du financement des femmes entrepreneures a été signé mardi 20 octobre 2026. Il vise à mieux coordonner les institutions publiques, les établissements financiers, les structures d’accompagnement et les partenaires au développement pour faciliter l’accès au crédit.
41,2 % des lignes, mais 14,3 % des montants
Les chiffres communiqués par le FONGIP font apparaître un écart entre le nombre d’opérations et leur poids financier. Selon les calculs de WASSARE, les lignes destinées aux femmes représentent 41,2 % du total, tandis que les montants correspondants en constituent 14,3 %. Ces proportions portent uniquement sur le périmètre du bilan présenté par le FONGIP : elles ne décrivent pas l’ensemble du crédit bancaire au Sénégal.
Une ligne de crédit ne correspond pas nécessairement à une bénéficiaire unique. Les données publiées ne permettent donc pas d’établir le nombre exact de femmes financées. Elles ne précisent pas non plus la répartition par secteur, par région, par taille d’entreprise ou par montant demandé.
Cette différence entre les deux proportions ne suffit pas, à elle seule, à expliquer les conditions d’accès au financement. Pour en déterminer les causes, il faudrait notamment connaître la structure des projets, les demandes déposées, les décisions des prêteurs et les conditions des crédits.
La garantie au centre du dispositif
L’administratrice générale du FONGIP, Ndèye Fatou Mbodj Diattara, a réaffirmé la volonté de faire de la garantie un levier d’accès au crédit pour les entrepreneures. Elle a appelé à renforcer la collaboration entre les acteurs du financement et à mieux structurer les projets présentés.
Les 4,3 milliards de FCFA cités correspondent aux financements associés aux lignes destinées aux femmes dans ce bilan. Ils ne doivent être confondus ni avec une nouvelle enveloppe annoncée à la signature du pacte, ni avec des subventions distribuées par le FONGIP. La publication officielle ne détaille pas le montant des garanties engagées sur ces crédits.
Ce que le pacte devra changer pour les entrepreneures
Pour une entrepreneure, l’accès à un financement adapté peut permettre de constituer un stock, d’acquérir un équipement ou de répondre à une commande. Son utilité dépend cependant aussi du coût du crédit, de sa durée, des échéances de remboursement et des revenus effectivement générés par l’activité.
L’effet du pacte devra donc se mesurer au-delà des signatures : évolution des montants accordés aux femmes, délais de traitement, conditions de financement, accès dans les régions et pérennité des entreprises accompagnées. La communication du FONGIP consultée ne précise ni nouvelle enveloppe dédiée ni modalités détaillées de demande au titre du pacte. Elle invite les entrepreneures à se rapprocher de l’institution pour connaître les mécanismes d’accompagnement disponibles.