Tuesday, October 13, 2026
Finances publiques : Aminata Touré défend le rôle de la Cour des comptes et de l’IGE

Finances publiques : Aminata Touré défend le rôle de la Cour des comptes et de l’IGE

Cour des comptes, IGE et Assemblée nationale : les compétences au cœur du débat.

by Ndeye Fatou Mbaye
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Dakar, 13 octobre 2026 – Aminata Touré a pris position en faveur d’un contrôle de la gestion des finances publiques par les institutions habilitées. Dans une publication diffusée sur Facebook, l’ancienne Première ministre appelle à éloigner la vérification des fonds publics des « manœuvres et manipulations politiciennes » et demande que les dossiers évoqués soient transmis aux organes de contrôle compétents, notamment la Cour des comptes et l’Inspection générale d’État (IGE).

Dans son message, Aminata Touré, qui se réclame de la mouvance politique Kiiraay, défend la transparence et la bonne gouvernance comme des principes fondamentaux pour le Sénégal. Elle exprime également son soutien au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur ces questions.

La Cour des comptes et l’IGE au cœur du débat

Pour Aminata Touré, la vérification de l’utilisation de l’argent public doit relever des structures disposant des compétences juridiques et techniques nécessaires. Elle estime que les députés ne doivent pas se substituer à la Cour des comptes et à l’Inspection générale d’État dans l’exercice de leurs missions de contrôle financier.

La Cour des comptes dispose effectivement de compétences constitutionnelles et légales en matière de vérification des recettes et des dépenses publiques, de contrôle de la gestion des organismes publics et de sanction des fautes de gestion, conformément à la loi organique n° 2012-23 du 27 décembre 2012.

Toutefois, le rôle des institutions ne se limite pas à une séparation stricte entre contrôle parlementaire et contrôle juridictionnel. L’article 59 de la Constitution sénégalaise confie également à l’Assemblée nationale le contrôle de l’action du Gouvernement et l’évaluation des politiques publiques. La Cour des comptes assiste par ailleurs le Parlement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances.

Cette distinction est importante : les députés disposent de prérogatives de contrôle parlementaire, tandis que la vérification spécialisée des comptes publics relève notamment des institutions de contrôle compétentes.

Le fonds Jaam de la Casamance également évoqué

Dans sa publication, Aminata Touré demande que l’ensemble des dossiers évoqués soient transmis aux organes de contrôle dédiés. Elle cite expressément le fonds Jaam de la Casamance parmi les dossiers qui, selon elle, devraient faire l’objet de cette démarche.

Elle ne fournit cependant pas, dans ce message, de détails sur les faits précis qui justifieraient un contrôle de ce fonds. Sa publication constitue donc une prise de position en faveur d’un examen institutionnel des dossiers concernés, et non la preuve d’irrégularités établies.

Transparence et contrôle des finances publiques

En conclusion de son message, Aminata Touré appelle chacun à respecter les prérogatives de son institution, estimant que cette répartition des responsabilités servirait les intérêts de la République.

Sa sortie remet ainsi au centre du débat la question des mécanismes de contrôle de l’argent public au Sénégal : comment articuler le contrôle parlementaire, les vérifications administratives et les compétences de la Cour des comptes pour garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques ?

Les réponses à cette question reposent sur le respect des compétences prévues par les textes, mais aussi sur la capacité des institutions concernées à exercer leurs missions de manière effective et transparente.

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