Femmes, climat et conflits : Dakar au cœur de la mobilisation continentale de l’OPDAD

La capitale sénégalaise a accueilli, mercredi, une rencontre de haut niveau de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement (OPDAD), consacrée au renforcement de la résilience des femmes et des filles face aux changements climatiques et aux conflits. Organisée à l’initiative de la Première Dame du Sénégal, Marie Khone Faye, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la campagne continentale « Building Resilience ».

La cérémonie s’est déroulée en présence du Président de la République, SEM Bassirou Diomaye Faye, et de plusieurs Premières Dames africaines, notamment Fatima Maada Bio de Sierra Leone, Fatoumatta Bah-Barrow de Gambie, Zita Oligui Nguema du Gabon, Brigitte Touadéra de la République centrafricaine, Angeline Ndayishimiye du Burundi et Débora Katisa Carvalho du Cap-Vert.

Les échanges ont porté sur les difficultés auxquelles les femmes et les filles sont confrontées dans un contexte marqué par les crises environnementales, les déplacements de populations et les inégalités socioéconomiques. Les participantes ont mis en avant l’importance de l’éducation, de la protection des droits, de l’autonomisation économique et de la participation des femmes aux décisions qui concernent leur avenir.

Marie Khone Faye : faire de la résilience une réalité concrète

Dans son allocution d’ouverture, la Première Dame du Sénégal, Marie Khone Faye, a appelé à une mobilisation continentale en faveur des femmes et des filles. Elle a rappelé que le développement durable de l’Afrique ne peut se construire sans leur pleine participation à la vie économique, sociale et communautaire.

Son intervention s’est appuyée sur les réalités vécues par les femmes sénégalaises et africaines. Dans les zones touchées par les inondations, les régions confrontées à l’avancée de la mer ou les territoires où l’accès à l’eau devient plus difficile, les femmes supportent une part importante des conséquences des dérèglements climatiques. Les conflits aggravent également leur vulnérabilité, notamment lorsque les familles sont contraintes de quitter leurs lieux de résidence.

Face à ces situations, Marie Khone Faye a insisté sur la nécessité de dépasser les réponses ponctuelles à l’urgence. Selon l’orientation défendue dans son discours, renforcer la résilience suppose de donner aux femmes les moyens de préserver leurs revenus, de développer leurs activités et de participer aux solutions mises en place dans leurs communautés.

La Première Dame a notamment présenté les initiatives engagées au Sénégal en faveur de l’éducation des filles. Parmi celles-ci figurent des actions de soutien scolaire, la remise de bourses et de kits scolaires à des élèves issues de familles modestes, ainsi que des activités de sensibilisation relatives à la santé, au bien-être et à l’hygiène menstruelle.

L’autonomisation économique a également occupé une place importante dans son intervention. Les programmes destinés aux groupements de femmes transformatrices visent à renforcer leurs capacités de production et à valoriser les ressources locales. La transformation des fruits, des légumes et des céréales, ainsi que le développement envisagé d’activités autour des produits de la pêche, constituent des pistes pour diversifier les revenus et améliorer la conservation des produits.

Marie Khone Faye a également évoqué les besoins exprimés par les organisations féminines, notamment en matière d’accès au financement, à la terre et à la formation. La création annoncée d’une Maison des femmes doit contribuer à répondre à ces préoccupations par l’information, l’accompagnement et le renforcement des compétences.

Elle a enfin appelé à mieux orienter les jeunes filles vers le numérique et les sciences, tout en veillant à leur protection face aux risques liés aux espaces numériques.

Au-delà des initiatives nationales, la Première Dame a invité ses homologues africaines à faire de la campagne « Building Resilience » une dynamique continentale capable de produire des résultats tangibles dans chaque pays.

Fatima Maada Bio : placer les femmes au cœur des décisions

Première Dame de Sierra Leone et présidente de l’OPDAD, Fatima Maada Bio a défendu une approche de la résilience qui ne se limite pas à la capacité des femmes à supporter les crises. Elle a plaidé pour qu’elles disposent des ressources, des possibilités et de la place nécessaires pour participer pleinement à la recherche de solutions.

Son intervention s’inscrit dans la continuité de son engagement en faveur des droits des femmes et des filles. Elle a notamment mis en avant l’importance de l’éducation, de l’autonomisation économique, de l’accès au financement et de la participation des femmes aux processus de décision et de consolidation de la paix.

Pour la présidente de l’OPDAD, les gouvernements, les partenaires au développement et le secteur privé doivent contribuer davantage à cette mobilisation. Les engagements doivent se traduire par des politiques publiques, des investissements et des actions mesurables.

La question des mariages précoces et forcés figure également parmi les combats portés par Fatima Maada Bio. Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement de l’OPDAD et le rôle de sa présidente dans la mobilisation internationale autour de la protection des filles.

Cette lutte rappelle que la résilience passe aussi par la défense des droits fondamentaux, le maintien des filles dans le système éducatif et la possibilité pour chacune de construire son avenir sans subir de violences ni de contraintes imposées.

Bassirou Diomaye Faye réaffirme le soutien du Sénégal

Prenant part à la rencontre, le Président de la République, SEM Bassirou Diomaye Faye, a salué l’engagement des Premières Dames africaines aux côtés des pouvoirs publics dans les domaines de la santé, de la protection sociale, de l’assistance aux populations sinistrées et de la promotion des droits des femmes.

Le Chef de l’État a souligné leur capacité à porter des causes sociales et à contribuer à l’évolution des décisions politiques, notamment par le plaidoyer en faveur de lois destinées à protéger les femmes et les filles.

Il a également salué les avancées enregistrées dans la mobilisation internationale contre les mariages précoces et forcés, soulignant l’importance de poursuivre les efforts de sensibilisation et de protection des droits des enfants.

Le Président a par ailleurs mis en lumière l’engagement de la Première Dame du Sénégal auprès des populations affectées par les inondations. Il a notamment évoqué les actions de solidarité comprenant la mise à disposition de motopompes et de camions hydrocureurs, ainsi que la distribution de vivres et de médicaments.

À travers cette intervention, SEM Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé l’importance d’une coopération entre les Premières Dames, les institutions publiques et les organisations régionales et sous-régionales pour répondre aux difficultés qui touchent les femmes et les filles.

Cette orientation rejoint les objectifs de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 », qui accorde une place importante à l’équité, à l’égalité de genre et à la participation des femmes au développement.

Dr Nardos Berhanu : une mobilisation portée par l’OPDAD

La secrétaire exécutive de l’OPDAD, Dr Nardos Berhanu, figure également parmi les responsables de l’organisation engagés dans cette campagne continentale.

Son rôle s’inscrit dans la coordination des initiatives de l’organisation et dans la mobilisation autour des priorités communes aux pays participants. La campagne « Building Resilience » vise à renforcer les capacités des femmes et des filles face aux conséquences des changements climatiques et des conflits, en encourageant le partage d’expériences et le développement de réponses adaptées.

Aucun compte rendu suffisamment détaillé de son intervention à Dakar n’a toutefois permis d’établir avec certitude l’intégralité de ses propos. Il convient donc de ne pas lui attribuer de citations ou de propositions précises qui ne seraient pas vérifiables.

Angeline Ndayishimiye : les femmes, actrices du développement

La Première Dame du Burundi, Angeline Ndayishimiye, a également pris part à cette rencontre continentale. Dans son intervention rapportée à l’issue de la mission, elle a rappelé la place essentielle des femmes dans la construction de l’avenir, au sein des familles, des communautés, du monde professionnel et des pays.

Elle a insisté sur la nécessité pour les femmes de prendre une part active à leur propre développement, ainsi qu’à celui de leurs familles et de leurs pays.

Cette approche rejoint l’objectif général de la campagne : renforcer les capacités des femmes et des filles afin qu’elles puissent mieux faire face aux difficultés quotidiennes, aux changements climatiques et aux conséquences des conflits.

La participation de la Première Dame burundaise témoigne de la volonté de partager les expériences nationales et de consolider la coopération entre les pays africains autour de la résilience.

Zita Oligui Nguema : dépasser les discours pour protéger durablement les femmes

La Première Dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, a également pris part à la mobilisation de Dakar. Son intervention a mis l’accent sur la nécessité de ne pas faire reposer la résilience des femmes et des filles sur leur seule capacité à surmonter les épreuves.

Elle a défendu une approche reposant sur des mécanismes de protection durables, un accompagnement concret et une coopération renforcée entre les pays africains.

Cette position souligne l’importance de réponses structurées aux difficultés rencontrées par les femmes, particulièrement lorsque les crises climatiques ou les conflits fragilisent leurs conditions de vie.

Le Gabon participe à cette dynamique à travers ses engagements au sein de l’OPDAD et ses initiatives nationales en faveur de la santé, de la protection sociale et de la stabilité des familles.

Les autres Premières Dames : une mobilisation continentale

La rencontre a également réuni Fatoumatta Bah-Barrow, Première Dame de Gambie, Brigitte Touadéra, Première Dame de la République centrafricaine, et Débora Katisa Carvalho, Première Dame du Cap-Vert.

Leur présence a contribué à la dimension continentale de cette initiative, qui entend favoriser la coopération entre les pays africains sur les questions relatives à la protection des femmes, à l’éducation des filles et à leur autonomie.

Les comptes rendus publics consultés ne permettent cependant pas de restituer de manière fiable et distincte l’intégralité des interventions individuelles de chacune de ces participantes. Leurs déclarations ne peuvent donc être détaillées sans disposer des discours ou des enregistrements correspondants.

Changements climatiques et conflits : des défis qui exigent des réponses durables

Les différentes prises de parole s’inscrivent dans un contexte où les crises climatiques et sécuritaires accentuent les difficultés rencontrées par de nombreuses femmes et jeunes filles.

Les inondations peuvent entraîner des pertes matérielles, interrompre les activités économiques et perturber la scolarité des enfants. L’érosion côtière et les difficultés d’accès à l’eau affectent également les moyens de subsistance de certaines communautés. Dans les zones touchées par les conflits, les déplacements et l’insécurité aggravent les risques de précarité et de violences.

Face à ces défis, la résilience suppose de renforcer les mécanismes de protection, de garantir l’accès à l’éducation et aux soins, de développer les possibilités de financement et de soutenir les activités génératrices de revenus.

Elle implique aussi de reconnaître les femmes comme des actrices de la prévention, de la gestion des crises et de la reconstruction, plutôt que comme de simples bénéficiaires de l’aide.

L’OPDAD face à l’enjeu de la mise en œuvre

À travers la campagne « Building Resilience », l’OPDAD entend encourager une mobilisation qui dépasse les déclarations d’intention. La rencontre de Dakar a permis de mettre en avant des priorités communes : l’éducation des filles, la protection de leurs droits, l’autonomisation économique des femmes et leur participation aux décisions.

L’enjeu est désormais de traduire ces orientations en programmes adaptés aux réalités de chaque pays, avec des moyens suffisants et des résultats pouvant être évalués.

En accueillant ses homologues africaines, Marie Khone Faye a ainsi placé le Sénégal au cœur d’une dynamique de coopération consacrée à la résilience des femmes et des filles.

La portée de cette mobilisation dépendra de la capacité des États, des partenaires et des organisations concernées à transformer les engagements annoncés en actions durables. Car renforcer la résilience ne consiste pas uniquement à aider les femmes à faire face aux crises : il s’agit aussi de leur donner les moyens de préserver leurs droits, de développer leurs activités et de participer pleinement à la construction de l’avenir du continent.

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