Économie Économie sociale : un protocole de 50 millions de dollars annoncé entre le Sénégal et SIDDCO wassare newsOctober 27, 202608 views Alioune Badara Dione et un représentant de SIDDCO Group lors de la signature du mémorandum annoncé à 50 millions de dollars. Le ministre sénégalais de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Badara Dione, a annoncé la signature à Dubaï d’un mémorandum d’entente avec SIDDCO Group portant sur un investissement privé de 50 millions de dollars. L’accord vise des activités de transformation agroalimentaire, d’entrepreneuriat féminin et de formation professionnelle dans le cadre du PRECOSOL. La signature est intervenue lors d’une mission au salon Africa Gulf Real Estate Expo, organisé les 19 et 20 octobre à Dubaï, en présence de l’ambassadeur du Sénégal aux Émirats arabes unis. SIDDCO figure parmi les partenaires présentés par l’événement. Un mémorandum, pas encore un décaissement Le montant de 50 millions de dollars correspond à l’investissement annoncé dans le mémorandum. Les informations publiques disponibles ne permettent pas encore d’établir qu’il a été décaissé, ni d’en connaître le calendrier, les tranches de financement, les garanties éventuelles ou la répartition géographique. Cette distinction est essentielle : un mémorandum fixe une intention et un cadre de coopération, tandis que la réalisation dépend ensuite des contrats d’exécution, des contrôles, des autorisations et de la mise à disposition effective des fonds. Trois axes autour de l’agroalimentaire Selon le ministre, le projet s’articule autour de trois priorités. La première est le développement de coopératives productives solidaires équipées de micro-meuneries alimentées à l’énergie solaire. La deuxième concerne l’entrepreneuriat féminin dans la boulangerie. La troisième porte sur la formation professionnelle et la création d’emplois collectifs dans l’agroalimentaire. Le mécanisme est présenté comme un partenariat public-privé sans endettement pour l’État. Le recouvrement du financement serait assuré à partir des ventes réalisées par les coopératives productives solidaires bénéficiaires. Ce que ce montage implique pour les bénéficiaires Ce modèle peut réduire la charge directe sur les finances publiques, mais il transfère une partie du risque vers les activités productives. Les coopératives devront vendre suffisamment pour couvrir leurs coûts, rémunérer le travail, entretenir les équipements et rembourser le financement selon des conditions qui restent à publier. La viabilité dépendra donc de l’accès aux matières premières, de la qualité des produits, des débouchés commerciaux, du prix de l’énergie et de la gouvernance des coopératives. Dans la boulangerie et la meunerie, la concurrence, la régularité de l’approvisionnement et le pouvoir d’achat des consommateurs pèseront directement sur les résultats. Des milliers de bénéficiaires annoncés, sans cible détaillée Alioune Badara Dione évoque des milliers de jeunes et de femmes susceptibles de bénéficier d’opportunités économiques. Aucun nombre précis, aucune liste de zones d’intervention ni aucun calendrier de sélection n’ont toutefois été rendus publics dans l’annonce. L’évaluation du projet devra donc s’appuyer sur des indicateurs vérifiables : montant réellement mobilisé, nombre de coopératives financées, équipements installés, taux de remboursement, chiffre d’affaires, emplois créés et revenus générés pour les femmes et les jeunes. Une coopération Sénégal–Golfe à confirmer par l’exécution L’accord s’inscrit dans la volonté du Sénégal d’attirer des capitaux du Golfe vers des projets à impact social. Il intervient aussi pendant l’année 2026, déclarée année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire par les autorités sénégalaises. La portée économique du mémorandum dépendra désormais de sa transformation en financements et en unités de production opérationnelles. Le chiffre de 50 millions de dollars donne l’échelle annoncée ; les contrats et les résultats diront quelle part sera effectivement investie.