Énergie Diourbel : près de 600 localités restent hors du réseau électrique wassare newsOctober 28, 2026012 views L’accès à une électricité fiable est déterminant pour l’éducation, les services publics et l’activité économique. Photo de référence : Banque mondiale. L’accès à une électricité fiable est déterminant pour l’éducation, les services publics et l’activité économique. Photo de référence : Banque mondiale. Le taux d’accès dépasse 60 % dans le département de Bambey, mais n’atteint que 44 % à Mbacké. Les retards de raccordement persistent alors que des équipements ont déjà été positionnés. Près de 600 localités de la région de Diourbel ne sont toujours pas raccordées au réseau national d’électricité, selon le directeur de l’Agence régionale de développement (ARD), Samba Laobé Mbaye. Ce déficit recouvre de fortes disparités : le taux d’accès dépasse 60 % dans le département de Bambey, tandis qu’il s’établit à 44 % à Mbacké. Ces données ont été présentées mercredi lors d’un Comité régional de développement consacré à la campagne nationale sur la transition énergétique juste. La rencontre, présidée par l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Djibril Diop, s’est tenue en présence de Yaye Catherine Diop, directrice de la transition énergétique au ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Le chiffre de 600 désigne des localités non raccordées au réseau. Il ne permet pas, à lui seul, de connaître le nombre exact d’habitants ou de ménages concernés, ni de déterminer si certaines zones disposent de solutions autonomes comme des kits solaires ou des mini-réseaux. Cette distinction est essentielle pour mesurer précisément le déficit d’accès. Un écart de plus de 16 points entre Bambey et Mbacké Avec un taux supérieur à 60 %, Bambey se situe au moins 16 points au-dessus de Mbacké. Le niveau exact de Bambey n’ayant pas été détaillé, l’écart réel pourrait être plus important. Les données du département de Diourbel n’ont pas non plus été communiquées lors de la rencontre. La comparaison montre que la moyenne régionale ne suffirait pas à rendre compte des besoins. Deux communes d’une même région peuvent connaître des situations très différentes selon leur distance du réseau, la densité de l’habitat, le coût d’extension des lignes et l’avancement des programmes publics. Pour les autorités locales, la priorité est donc d’identifier les villages à raccorder, leur population, les infrastructures publiques présentes et la solution technique la plus adaptée. Une extension du réseau national peut convenir aux zones proches des lignes existantes. Dans les localités plus éloignées, les mini-réseaux solaires ou les systèmes individuels peuvent parfois être déployés plus rapidement. Des retards malgré des équipements déjà positionnés Samba Laobé Mbaye a déploré des retards dans l’exécution des programmes de raccordement, alors que des équipements électriques ont déjà été mis en position. L’information soulève une question de mise en œuvre : le matériel disponible ne produit un effet qu’après l’achèvement des travaux, les contrôles techniques et la mise sous tension. Les éléments rendus publics ne précisent ni le nombre de chantiers concernés, ni leur calendrier initial, ni les entreprises chargées des travaux. Aucun budget régional détaillé, aucune liste des localités et aucune nouvelle date de mise en service n’ont été annoncés. Ces informations permettraient pourtant de distinguer les difficultés d’approvisionnement, les retards administratifs, les contraintes foncières ou techniques et les problèmes de coordination. Elles offriraient aussi aux collectivités un outil pour suivre l’avancement réel, au-delà du nombre d’équipements livrés. Un retard rural qui dépasse la région de Diourbel Le Sénégal affiche un taux national d’accès à l’électricité de 84 %, selon une synthèse publiée par la Banque mondiale en janvier 2025. Mais l’institution estimait encore que plus de 30 % des communautés rurales n’étaient pas raccordées au réseau. Les chiffres de Diourbel s’inscrivent dans ce contraste entre une couverture nationale relativement élevée et des déficits persistants hors des grands centres. La Banque mondiale soutient notamment un programme d’extension qui prévoit près de 4 000 kilomètres de lignes, le raccordement de 200 000 ménages, ainsi que l’alimentation de 600 structures de santé et 200 écoles. Ces objectifs sont nationaux : ils ne doivent pas être interprétés comme des réalisations propres à Diourbel. Le pays vise parallèlement une part de 40 % d’énergies renouvelables dans son bouquet électrique à l’horizon 2030 et une hausse de 70 % des capacités de production dans le cadre de son partenariat pour une transition énergétique juste. L’augmentation de l’offre ne supprimera cependant pas automatiquement le dernier kilomètre qui sépare les villages du service. Ce que le raccordement peut changer pour les habitants Pour un ménage, l’électricité fiable réduit la dépendance aux lampes à piles, aux batteries externes et aux déplacements pour recharger un téléphone. Elle peut aussi permettre l’usage d’équipements de conservation, de ventilation ou de transformation, à condition que le coût du branchement et de la consommation reste supportable. L’effet économique est tout aussi important. Les ateliers, commerces, moulins, unités de froid et petites entreprises peuvent élargir leurs horaires et investir dans des machines. Dans une région où l’agriculture, l’élevage, le commerce et les services occupent une place majeure, la qualité de l’alimentation compte autant que le raccordement initial : des coupures fréquentes limitent les gains attendus. Pour les écoles, l’électricité facilite l’éclairage, l’usage d’ordinateurs et l’accès aux ressources numériques. Dans les postes de santé, elle est nécessaire à l’éclairage des soins, à la conservation de certains produits et au fonctionnement des équipements. Ces bénéfices sont généraux ; les données disponibles ne permettent pas encore de compter les écoles ou structures sanitaires concernées parmi les 600 localités. Le coût du service reste une deuxième barrière Être situé dans une zone électrifiée ne garantit pas que chaque ménage soit effectivement branché. Le coût du raccordement intérieur, l’achat d’un compteur, les installations domestiques et le paiement régulier des factures peuvent maintenir des familles en marge du service. Une politique d’accès universel doit donc mesurer plusieurs niveaux : présence du réseau dans la localité, nombre de ménages raccordés, continuité du service, puissance disponible et coût supporté par les usagers. Le seul taux d’accès agrège ces réalités sans toujours révéler les obstacles restants. La transition dite juste ajoute une exigence : les investissements doivent réduire les inégalités territoriales et ne pas concentrer les nouveaux moyens sur les zones déjà les mieux desservies. Dans ce cadre, le taux de 44 % à Mbacké constitue un indicateur d’alerte et un point de référence pour évaluer les progrès futurs. Les indicateurs à publier pour mesurer les progrès Le prochain bilan régional gagnerait à préciser la liste des localités non raccordées, le nombre de ménages concernés, les solutions retenues, les budgets, les entreprises attributaires et les dates prévues de mise en service. Une carte publique permettrait aux communes et aux habitants de vérifier la couverture annoncée. Le suivi devrait également distinguer les équipements posés, les travaux achevés et les installations réellement mises sous tension. Ce dernier indicateur est le seul qui confirme qu’un service est disponible. Le nombre de nouveaux branchements et la qualité de l’alimentation permettront ensuite d’en mesurer l’utilisation. La réunion de Diourbel a mis un chiffre sur l’ampleur du retard. Pour les près de 600 localités concernées, la prochaine étape décisive sera la publication d’un calendrier vérifiable et la transformation des équipements déjà positionnés en raccordements effectivement utilisables.