Addis-Abeba : Thérèse Faye Diouf plaide pour des réformes en faveur des coopératives et de l’économie du soin

La place des coopératives dans la création d’emplois décents et la reconnaissance du travail de soin en Afrique était au centre des échanges du Congrès régional des coopératives africaines, organisé du 25 au 28 octobre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie. À cette occasion, Thérèse Faye Diouf, vice-présidente de la Commission permanente du Parlement panafricain chargée des affaires monétaires et financières, a appelé à des réformes législatives, réglementaires et institutionnelles pour renforcer le secteur coopératif et mieux valoriser l’économie du soin.

Intervenant autour du thème « Du travail informel aux emplois décents : réformes légales et réglementaires pour les coopératives et l’économie du soin », la parlementaire a insisté sur la nécessité de placer les travailleurs au cœur des politiques de développement. Elle a notamment défendu un modèle économique garantissant de meilleures conditions de travail, une participation aux décisions, un accès à la protection sociale et une rémunération plus équitable.

Pour Thérèse Faye Diouf, la transformation de l’économie africaine passe également par une meilleure organisation des travailleurs, particulièrement ceux qui évoluent dans le secteur informel. Dans cette perspective, les coopératives représentent un mécanisme permettant de mutualiser les ressources, de partager la propriété des activités et de renforcer la participation démocratique de leurs membres.

Toutefois, elle estime que le développement de ces structures nécessite un environnement juridique et institutionnel adapté. L’accès au financement, aux marchés et à des mécanismes de gouvernance efficaces demeure notamment un enjeu pour permettre aux coopératives de se développer durablement.

La parlementaire a également mis l’accent sur la reconnaissance de l’économie du soin, qui englobe les activités rémunérées ou non liées à l’accompagnement des personnes, à l’assistance aux familles et à la prise en charge des besoins quotidiens. Malgré son importance pour le fonctionnement des sociétés, ce travail reste souvent peu reconnu et insuffisamment valorisé.

Elle a ainsi plaidé pour une meilleure protection des personnes qui exercent ces activités, ainsi que pour des investissements dans les services de soin. Selon elle, leur formalisation pourrait contribuer à créer des emplois décents, notamment pour les femmes et les jeunes, tout en améliorant les conditions de travail dans ce secteur.

Son intervention s’inscrit également dans la dynamique engagée autour de l’élaboration d’une loi type africaine sur les coopératives. Ce processus, auquel ont participé plusieurs acteurs institutionnels et représentants du mouvement coopératif lors de consultations organisées à Nairobi en août 2023, vise à fournir aux États africains un cadre de référence pour renforcer leurs législations nationales.

Organisée par l’Alliance coopérative internationale – Afrique (ACI-Afrique), en collaboration avec ses membres en Éthiopie, la rencontre d’Addis-Abeba a réuni des responsables publics, des organisations de travailleurs, des réseaux coopératifs, des partenaires au développement, des chercheurs et des représentants de la société civile.

Les discussions ont notamment porté sur les liens entre travail décent, égalité des genres, emploi des jeunes, développement des coopératives et formalisation de l’économie. L’objectif est de favoriser un dialogue continental sur les réformes politiques, juridiques et financières nécessaires pour renforcer le mouvement coopératif et assurer une meilleure reconnaissance du travail de soin en Afrique.

À travers cette intervention, Thérèse Faye Diouf a ainsi mis en avant la nécessité de faire évoluer les cadres réglementaires afin que les coopératives et l’économie du soin puissent contribuer davantage à l’inclusion économique et à la création d’emplois décents sur le continent.

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