Le député Thierno Alassane Sall s’en prend vivement à la gestion de l’Assemblée nationale et au projet d’encadrement des fonds spéciaux porté par la majorité parlementaire. Dans une déclaration publiée vendredi 18 septembre 2026, il accuse Ousmane Sonko et son camp de chercher à légaliser, sous une nouvelle appellation, des fonds qu’ils dénonçaient auparavant.
Au cœur de sa sortie : le projet visant à encadrer les fonds spéciaux. Le Bureau de l’Assemblée nationale avait déclaré recevable, le 2 septembre, une proposition de loi organique destinée à modifier la loi organique n°2020-07 du 26 février 2020 relative aux lois de finances. Cette initiative faisait suite à la censure, le 25 août, d’une précédente proposition de loi sur les crédits spéciaux par le Conseil constitutionnel, qui avait estimé que la matière relevait du domaine de la loi organique.
C’est dans ce contexte que Thierno Alassane Sall accuse le pouvoir de vouloir « blanchir les fonds politiques déclarés jadis haram », en les présentant désormais comme des « fonds spéciaux ». Selon le député, ce changement de terminologie permettrait de poursuivre l’utilisation de ces ressources tout en leur donnant un cadre légal.
L’élu conteste également les conditions d’adoption et de gestion du budget de l’Assemblée nationale. Il affirme que l’institution n’aurait jamais voté explicitement de « fonds politiques, spéciaux ou de solidarité » et dénonce ce qu’il considère comme un manque de transparence dans la procédure budgétaire.
Thierno Alassane Sall met notamment en cause les conditions d’acquisition de véhicules destinés aux députés. Il affirme que ces acquisitions n’auraient pas été autorisées par le budget et demande des explications sur leur financement.
Le député critique enfin le recrutement, au sein de l’Assemblée nationale, d’anciens membres du gouvernement. Il s’interroge sur les bases budgétaires et administratives de ces recrutements et y voit une contradiction avec le discours de transparence défendu par la majorité.
Ces déclarations interviennent alors que le débat sur l’encadrement des fonds spéciaux reste ouvert au Sénégal. La nouvelle proposition de loi organique doit poursuivre son parcours institutionnel, après que le Bureau de l’Assemblée nationale a annoncé qu’il saisirait le président de la République pour avis conformément à l’article 69 du règlement intérieur.