Dakar, 28 août 2026 – Le secteur financier sénégalais fait l’objet d’une surveillance renforcée de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Selon le rapport annuel 2025 de l’institution, 11 sanctions disciplinaires et pécuniaires ont été prononcées contre des établissements financiers établis au Sénégal au cours de l’année 2025. Une dynamique de contrôle qui s’est poursuivie en 2026 avec notamment le retrait de l’agrément de Locafrique, établissement financier sénégalais.
À l’échelle de l’UMOA, la Commission bancaire a prononcé 71 sanctions disciplinaires et pécuniaires en 2025. La Côte d’Ivoire arrive en tête avec 20 sanctions, devant le Sénégal avec 11, puis le Bénin avec 10. Le Burkina Faso, le Mali et le Togo comptent chacun huit sanctions, tandis que le Niger enregistre six décisions.
Pour le Sénégal, les 11 sanctions concernent des établissements de crédit, des institutions de microfinance et un établissement de monnaie électronique. Elles se répartissent entre quatre blâmes, deux avertissements et cinq sanctions pécuniaires.
Une surveillance renforcée en 2025
Le rapport annuel de la Commission bancaire, publié en août 2026, fait état d’un renforcement général de la supervision dans l’espace UMOA.
En 2025, l’institution a réalisé 82 missions de vérification sur place, concernant notamment 38 établissements de crédit, cinq compagnies financières, trois établissements de monnaie électronique et 36 institutions de microfinance de grande taille.
Elle a également pris 40 mesures d’injonction et une mise en garde. Trente blâmes et six avertissements ont par ailleurs été prononcés au niveau de l’Union.
Locafrique perd son agrément en 2026
La surveillance s’est poursuivie en 2026 avec une décision concernant directement le Sénégal.
Lors de sa 154e session, tenue le 1er juillet 2026, la Commission bancaire de l’UMOA a décidé le retrait de l’agrément de la Compagnie Ouest Africaine de Crédit-Bail, Locafrique. L’établissement a été mis en liquidation et radié de la liste des établissements financiers agréés.
La décision fait suite, selon la Commission bancaire, à plusieurs manquements. L’institution évoque notamment la non-production du plan de redressement demandé, des infractions à la réglementation prudentielle, une activité de crédit devenue quasi inexistante et l’absence de perspectives viables de redressement à court et moyen termes.
La Commission bancaire fait également état de reportings réglementaires non transmis régulièrement depuis l’exercice 2024, ainsi que d’une situation de cessation de paiement et d’un actif net déficitaire à fin décembre 2024.
Le contrôle se durcit dans l’espace UMOA
Ces différentes décisions interviennent dans un contexte de renforcement de la surveillance du système financier régional. Le rapport annuel 2025 souligne notamment une hausse importante des mesures de contrôle et des sanctions.
Malgré ce durcissement réglementaire, le secteur bancaire de l’UMOA demeure globalement en progression. À fin 2025, le total de bilan des établissements de crédit atteignait 82 298,8 milliards de francs CFA, en hausse de 14,1 %. Les crédits à la clientèle ont progressé de 5,5 %, tandis que le résultat net du secteur bancaire a atteint 1 252,1 milliards de francs CFA, soit une hausse de 25,5 % sur un an.
La situation montre ainsi un double mouvement : d’un côté, une activité bancaire et financière globalement dynamique ; de l’autre, une volonté accrue du régulateur de sanctionner les établissements qui ne respectent pas les exigences réglementaires, prudentielles et de gouvernance.
Pour le Sénégal, les 11 sanctions recensées en 2025, auxquelles s’ajoute le retrait d’agrément de Locafrique en 2026, illustrent cette intensification du contrôle du secteur financier.
Sources : Commission bancaire de l’UMOA, BCEAO.