Transport TER vers l’AIBD : bien plus qu’un train, un projet stratégique qui traverse les alternances politiques wassare newsAugust 2, 2026098 views L’extension du Train express régional (TER) entre Diamniadio et l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) franchit une étape décisive. Les essais de vitesse à 160 km/h se sont achevés avec succès, ouvrant la voie à la phase de « marche à blanc », ultime étape avant la mise en service commerciale. Au-delà de la performance technique, cette avancée rappelle qu’un projet d’infrastructure de cette envergure dépasse les alternances politiques et s’inscrit dans une vision de long terme. Le TER est aujourd’hui l’un des investissements publics les plus structurants réalisés au Sénégal depuis plusieurs décennies. Conçu pour moderniser les transports, désengorger Dakar et rapprocher la capitale de son nouvel aéroport international, le projet répond à une logique de transformation durable de l’économie et de l’aménagement du territoire. Une vision née sous Macky Sall Lancé sous la présidence de Macky Sall dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE), le TER représentait un changement de paradigme dans les infrastructures de transport. L’objectif n’était pas seulement de construire une ligne ferroviaire moderne, mais de créer un corridor économique reliant Dakar, Diamniadio et Diass, appelé à devenir le nouveau centre de gravité du développement national. À l’époque, le projet avait suscité des critiques portant sur son coût, son financement et ses priorités. Pourtant, plusieurs années après son lancement, le TER s’est progressivement imposé comme un équipement structurant, utilisé quotidiennement par des dizaines de milliers d’usagers. L’extension jusqu’à l’AIBD complète désormais cette vision initiale en reliant directement la capitale à son principal hub aérien. La continuité de l’État avant les clivages politiques Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et du gouvernement de PASTEF, plusieurs grands projets hérités de l’ancien régime ont fait l’objet d’audits, de réévaluations ou de ralentissements. Le TER fait partie des infrastructures qui illustrent une autre réalité : lorsqu’un projet présente un intérêt stratégique pour le pays, sa continuité devient un impératif de l’État. Les nouveaux essais réalisés sous les nouvelles autorités montrent que, malgré les changements politiques, les investissements structurants peuvent être poursuivis jusqu’à leur aboutissement. Cette continuité est souvent considérée comme un indicateur de maturité institutionnelle. Les grandes infrastructures dépassent les mandats présidentiels et produisent leurs effets sur plusieurs décennies. Un levier pour l’économie Au-delà du transport des voyageurs, cette extension peut renforcer l’attractivité économique du Sénégal. Une liaison rapide entre Dakar et l’aéroport facilite les déplacements des investisseurs, des touristes, des hommes d’affaires et des travailleurs. Elle améliore également la compétitivité de la plateforme aéroportuaire et favorise le développement des activités autour de Diamniadio et de Diass. Dans un contexte où le Sénégal cherche à rassurer les partenaires financiers et à relancer l’investissement, disposer d’infrastructures modernes constitue un avantage important. Préserver les projets structurants Le TER rappelle qu’une politique publique ne devrait pas être jugée uniquement à l’aune de son initiateur, mais aussi de son utilité pour les générations futures. Les changements de majorité sont normaux dans une démocratie. En revanche, les projets d’intérêt national gagnent à être préservés lorsque leur pertinence est démontrée. L’enjeu pour les nouvelles autorités ne consiste donc pas seulement à lancer de nouveaux programmes, mais aussi à assurer la continuité, l’entretien et l’amélioration des infrastructures déjà réalisées. L’extension du TER vers l’AIBD illustre cette logique. Après dix années d’études, de travaux et de coopération internationale, le projet approche de son terme. Son inauguration marquera certes l’aboutissement d’un chantier ferroviaire, mais surtout la confirmation qu’une vision de développement peut survivre aux alternances politiques lorsqu’elle répond à un intérêt national.