Alors que l’épidémie d’Ebola mobilise les autorités sanitaires, le choléra continue de se propager en République démocratique du Congo, touchant plusieurs provinces et de nombreuses zones de santé.
La République démocratique du Congo fait face à une double urgence sanitaire. Alors que l’épidémie d’Ebola concentre une grande partie de l’attention, le choléra continue de faire des victimes dans plusieurs régions du pays.
Selon les chiffres rapportés le 24 août 2026, près de 39 500 cas suspects de choléra et 1 173 décès ont été enregistrés depuis le début de l’année. La situation inquiète l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins sans frontières (MSF), notamment en raison d’une létalité plus élevée dans certaines zones qui ne sont pas habituellement touchées par la maladie.
Plusieurs provinces touchées
Le choléra ne se limite pas à une seule région de la RDC. Des foyers ont notamment été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui figurent parmi les principales zones touchées.
Au Sud-Kivu, MSF a notamment mené des interventions dans les zones de santé de Miti-Murhesa, Ruzizi, Kitutu, Nundu, Fizi et Kimbi-Lulenge.
Dans le Nord-Kivu, des interventions ont également concerné plusieurs zones de santé, notamment Bambo, Kirotshe, Kitsule et Kibua.
La maladie touche également l’ouest du pays. Le Kwango et le Sud-Ubangi ont notamment été concernés. Dans le Kwango, l’épidémie s’est étendue à plusieurs zones de santé, dont Popokabaka, où plus d’un millier de cas et plusieurs dizaines de décès ont été rapportés depuis le début de la flambée.
Au Sud-Ubangi, l’OMS avait également signalé une progression importante des cas, faisant de cette province l’un des foyers préoccupants de l’ouest du pays.
Une situation particulièrement préoccupante à l’Est
Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu concentrent une part importante des cas recensés. Cette situation s’explique notamment par les déplacements de populations, les difficultés d’accès aux soins, la faiblesse des infrastructures d’eau potable et d’assainissement ainsi que le contexte sécuritaire difficile.
Certaines zones de santé sont particulièrement vulnérables. Au Sud-Kivu, Fizi, Nundu, Kitutu, Ruzizi et Miti-Murhesa font partie des zones où des interventions spécifiques contre le choléra ont été menées.
Le risque d’une crise sanitaire éclipsée par Ebola
Pour l’OMS et MSF, l’un des principaux risques est de voir la mobilisation contre Ebola détourner les ressources et l’attention des autres urgences sanitaires.
Le choléra peut pourtant rapidement devenir mortel lorsqu’il n’est pas pris en charge à temps. L’accès à l’eau potable, l’amélioration de l’assainissement, la disponibilité des traitements et le renforcement des centres de prise en charge constituent donc des priorités.
Cette situation intervient alors que la RDC fait face simultanément à une importante épidémie d’Ebola dans plusieurs provinces de l’est et du nord-est du pays. Les autorités et leurs partenaires doivent ainsi gérer plusieurs crises sanitaires en même temps.
Face à cette situation, l’OMS et les organisations humanitaires appellent à maintenir la réponse au choléra tout en poursuivant les efforts contre Ebola, afin d’éviter que les populations touchées par d’autres maladies ne soient laissées sans assistance.