Éducation Programme « Un étudiant, un ordinateur » : l’Assemblée nationale ouvre le dossier des marchés publics du MESRI wassare newsAugust 7, 2026017 views Dakar – Le contrôle parlementaire entre dans une nouvelle phase au Sénégal. L’Assemblée nationale doit examiner, lors de sa séance plénière prévue le 10 août, la proposition de création d’une commission d’enquête parlementaire consacrée au programme « Un étudiant, un ordinateur », une initiative destinée à faciliter l’accès des étudiants aux outils numériques. Cette commission, si elle est adoptée par les députés, aura pour objectif de faire la lumière sur les conditions de mise en œuvre du programme au cours des dernières années, notamment sur les procédures de passation, d’attribution et d’exécution des marchés publics liés à cette initiative. Près d’une décennie de contrats examinée Lancé dans le cadre de la modernisation de l’enseignement supérieur sénégalais, le programme « Un étudiant, un ordinateur » visait à réduire la fracture numérique dans les universités en permettant aux étudiants de disposer d’équipements informatiques adaptés à leurs besoins académiques. Au fil des années, le dispositif a mobilisé d’importantes ressources publiques, avec plusieurs marchés conclus pour l’acquisition et la distribution d’ordinateurs. Les députés souhaitent désormais examiner la gestion de ces marchés sur une période couvrant près d’une décennie. Les investigations devraient notamment porter sur : les conditions de sélection des fournisseurs ; la conformité des procédures avec les règles de la commande publique ; le suivi de l’exécution des contrats ; l’utilisation des ressources financières mobilisées. Un outil de contrôle de l’action publique La mise en place de cette commission s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer le rôle de l’Assemblée nationale dans le contrôle de la gestion publique. Ces dernières années, plusieurs dossiers ont fait l’objet de demandes d’investigation parlementaire, notamment dans les domaines du foncier, de la gestion des biens de l’État, des recettes fiscales, des ressources halieutiques ou encore de certains mécanismes financiers. À travers ces initiatives, les députés entendent exercer davantage leur mission de contrôle et contribuer à renforcer la transparence dans l’utilisation des fonds publics. Entre transparence et évaluation des politiques publiques Au-delà de la recherche d’éventuelles irrégularités, cette enquête parlementaire pourrait également permettre d’évaluer l’impact réel du programme « Un étudiant, un ordinateur ». Alors que la transformation numérique de l’enseignement supérieur est devenue un enjeu stratégique, la question centrale reste celle de l’efficacité des investissements réalisés : les équipements ont-ils atteint les bénéficiaires ciblés ? Le programme a-t-il permis d’améliorer les conditions d’apprentissage des étudiants ? Les objectifs initiaux ont-ils été atteints ? Si elle voit le jour, la commission disposera de plusieurs moyens d’investigation, notamment l’audition des responsables concernés, l’examen de documents administratifs et financiers ainsi que la formulation de recommandations. Cette nouvelle démarche illustre une évolution du débat public au Sénégal, où la question de la gouvernance, de la transparence et de la responsabilité dans la gestion des ressources publiques occupe désormais une place centrale.