Mort d’Ismaïla Gaoussou Diémé à l’UCAD : le principal suspect interpellé après cinq ans de cavale

Dakar — Cinq ans après les violents affrontements survenus au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), l’affaire de la mort d’Ismaïla Gaoussou Diémé connaît un nouveau rebondissement. A. Sarr, présenté comme le principal suspect dans cette affaire, a été interpellé le 16 août 2026 au poste frontalier de Karang, alors qu’il tentait de rejoindre la Gambie.

Les faits remontent au 25 mars 2021. Une violente bataille rangée avait éclaté devant le Pavillon E du campus social de l’UCAD entre des membres de Kékendo et de Ndéfleng. Au cours des affrontements, Ismaïla Gaoussou Diémé avait été grièvement blessé à l’arme blanche.

Évacué à l’Hôpital Principal de Dakar, il est décédé le 11 avril 2021, des suites de ses blessures. Cette précision est importante : le 25 mars correspond à la nuit des affrontements et de la blessure, et non à la date du décès.

Une affaire relancée cinq ans plus tard

Après les faits, les investigations avaient conduit plusieurs témoins à désigner A. Sarr, présenté comme membre de Ndéfleng, comme la personne qui aurait porté l’arme blanche lors des affrontements. Selon les éléments rapportés par la presse, certains témoins l’auraient notamment identifié comme étant porteur d’un sabre au moment de la bataille.

Le dossier avait été ouvert au commissariat de Point E avant d’être transféré à la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar. Une opposition à la sortie du territoire avait également été émise contre le principal mis en cause présumé.

A. Sarr aurait toutefois quitté le Sénégal et trouvé refuge en Gambie. Il serait ensuite revenu au Sénégal après plusieurs années, en évitant les contrôles aux frontières.

Interpellé alors qu’il voulait repartir vers la Gambie

Le 16 août dernier, alors qu’il tentait à nouveau de rejoindre la Gambie par le poste frontalier de Karang, A. Sarr a été identifié et interpellé par la Police de l’air et des frontières.

Il a ensuite été remis à la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar, qui a repris les investigations sur cette affaire vieille de plus de cinq ans.

Dans le cadre de la reprise du dossier, le frère de la victime aurait également été entendu par les enquêteurs. Plusieurs documents relatifs au décès d’Ismaïla Gaoussou Diémé auraient été versés au dossier, tandis que des témoins auraient de nouveau été auditionnés.

Le suspect reconnaît les affrontements mais nie le coup mortel

Lors de son audition, A. Sarr aurait reconnu avoir participé à la bataille rangée de mars 2021.

Il nie toutefois avoir détenu la machette ou le sabre et conteste être l’auteur du coup ayant entraîné les blessures mortelles d’Ismaïla Diémé. Il aurait expliqué avoir quitté le Sénégal après avoir appris qu’il était cité dans cette affaire.

Cette version devra désormais être confrontée aux témoignages recueillis et aux autres éléments du dossier.

Une affaire à replacer dans son contexte

Les affrontements de mars 2021 avaient été largement présentés à l’époque comme une confrontation entre Kékendo et Ndéfleng. Mais les autorités universitaires avaient appelé à ne pas réduire l’affaire à un conflit entre communautés.

Le Conseil restreint de l’Assemblée de l’UCAD avait notamment déploré la présence sur le campus social de personnes n’ayant plus de lien avec l’université. Il avait également pris des mesures concernant le campus social et les amicales étudiantes.

Le même Conseil avait précisé qu’Ismaïla Gaoussou Diémé n’était plus inscrit à l’université depuis 2015.

Le principal mis en cause présenté à la justice

Après son interpellation et son audition, A. Sarr a été présenté au parquet de Dakar, selon les informations publiées les 21 et 22 août 2026.

Après plus de cinq années de fuite, cette interpellation marque ainsi une nouvelle étape dans le dossier.

À ce stade, A. Sarr demeure présumé innocent. Les témoignages et éléments recueillis dans le cadre de l’enquête ne constituent pas une condamnation. Il appartient désormais à la justice de déterminer les responsabilités dans la mort d’Ismaïla Gaoussou Diémé.

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