Afrique Justice Opinion Guinée : la révocation d’Algassimou Diallo suscite de nouvelles contestations Ndeye Fatou MbayeAugust 21, 2026052 views La révocation d’Algassimou Diallo ne fait pas l’unanimité en Guinée. Après la décision du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), plusieurs interrogations sont soulevées sur les éléments ayant conduit à la sanction de l’ancien magistrat. Le garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, avait justifié la mesure en évoquant des faits qu’il juge incompatibles avec les obligations de la fonction de magistrat. Il avait notamment déclaré qu’« à partir de l’instant, il n’est plus magistrat ». Mais Guillaume Bangoura conteste fortement cette version. Selon lui, ni l’audio présenté dans cette affaire, dont l’authenticité resterait à établir, ni les faits reprochés au magistrat ne seraient suffisamment explicités dans les documents publics de la procédure. Il met également en cause la forme de la décision administrative. Guillaume Bangoura estime que celle-ci ne présenterait pas, selon lui, les éléments essentiels d’une décision motivée, notamment le rappel précis des faits, les motifs de la sanction ainsi que les voies et délais de recours. Autre point soulevé : les droits de la défense. Guillaume Bangoura affirme ne pas avoir trouvé d’éléments établissant clairement qu’Algassimou Diallo aurait été entendu par la formation disciplinaire du CSM ou qu’il aurait pu être assisté par son avocat. L’affaire est également liée au nom de Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre et figure de l’opposition guinéenne. Les autorités ont évoqué des échanges attribués à Algassimou Diallo avec l’opposant. Cellou Dalein Diallo, de son côté, dément avoir eu une quelconque conversation avec le magistrat. Pour Guillaume Bangoura, ces différents éléments alimentent donc des interrogations sur les motivations réelles de la révocation. Il va jusqu’à évoquer l’hypothèse d’un « complot », tout en contestant la solidité des éléments avancés contre le magistrat. À ce stade, ces critiques constituent toutefois des prises de position et des contestations de la procédure. Elles doivent être distinguées des éléments officiellement retenus par le Conseil supérieur de la magistrature et des explications données par le ministère de la Justice. Sources : propos de Guillaume Bangoura ; informations publiées par les médias guinéens sur la décision du Conseil supérieur de la magistrature, GuineeNews, Guinee360, AfricaGuinée.