Le groupe parlementaire Pastef a tenu, vendredi 14 août 2026, une conférence de presse consacrée notamment aux travaux de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Parmi les principaux sujets abordés : la proposition de loi relative au régime juridique des crédits spéciaux, portée notamment par le député Guy Marius Sagna.
Lors de cette rencontre, le parlementaire a voulu clarifier la position de Pastef. Selon lui, le parti n’a jamais demandé la suppression des crédits spéciaux, mais leur encadrement et leur contrôle. Il estime que ces fonds doivent être réservés à des opérations sensibles, notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité et du renseignement, et ne doivent pas servir à des fins politiques ou partisanes.
Mohamed Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef, a également défendu la mise en place d’un mécanisme de contrôle parlementaire. Il propose notamment des comités restreints capables de vérifier l’utilisation de ces fonds, avec des rapports qui ne seraient pas nécessairement rendus publics en raison du caractère sensible de certaines opérations.
Une réponse après des tensions avec le gouvernement
Cette clarification intervient dans un contexte de désaccord entre la majorité parlementaire et l’Exécutif. Lors de l’examen en commission de la proposition de loi, le gouvernement avait présenté six amendements par l’intermédiaire du ministre de la Justice, Me Moussa Sarr. Les députés de Pastef ont rejeté l’ensemble de ces amendements.
Parmi les points de désaccord figurait notamment la définition des crédits spéciaux. Le gouvernement souhaitait élargir leur champ à certaines situations sociales ou humanitaires, tandis que les initiateurs de la proposition veulent limiter leur utilisation à des domaines sensibles comme la défense, la sécurité et le renseignement. Le contrôle de ces fonds constitue également un point de divergence entre les deux parties.
C’est dans ce contexte que Guy Marius Sagna a dénoncé les tentatives visant, selon lui, à remettre en cause les engagements de Pastef. Il a assuré que le groupe parlementaire utiliserait tous les moyens légaux pour défendre sa position et éviter une utilisation politique des crédits spéciaux.
Le dossier attendu en séance plénière
La question des crédits spéciaux doit désormais être examinée en séance plénière dans le cadre de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. La proposition de loi n°34/2026 figure officiellement parmi les textes inscrits à l’ordre du jour de cette session.
Le débat sur les crédits spéciaux apparaît ainsi comme un nouvel épisode des tensions entre le gouvernement et la majorité parlementaire. Pastef affirme vouloir maintenir ces fonds tout en renforçant leur contrôle, tandis que les discussions sur leur champ d’application et leurs mécanismes de contrôle restent ouvertes.
Sources : DakarActu · PressAfrik · RTS