L’affaire des 27 véhicules acquis par la Primature pour un montant annoncé de plus de 900 millions de francs CFA suscite de nouvelles interrogations au Sénégal. Au cœur de la controverse : l’origine des véhicules et leur éventuel lien avec un parc automobile saisi dans le cadre d’une procédure visant Lansar Auto.
Lors d’un point de presse tenu mercredi à Yoff, le conseiller juridique, fiscal et financier de Lansar Auto, Gorgui Dia, a demandé des explications sur les conditions dans lesquelles ces véhicules auraient été acquis par la Primature sous Ousmane Sonko. Selon lui, plusieurs éléments laisseraient penser que certains des véhicules concernés pourraient provenir du parc saisi de l’entreprise.
Selon les éléments présentés par la défense de Mahmadane Sarr, propriétaire de Lansar Auto, l’entreprise disposait initialement de 117 véhicules neufs, notamment des véhicules haut de gamme. Leur valeur aurait été comprise entre 80 et 125 millions de francs CFA l’unité.
Ces véhicules avaient été acquis par Lansar Auto grâce notamment à un financement bancaire estimé à 6,9 milliards de francs CFA. À la suite de difficultés de remboursement, le parc a fait l’objet d’une saisie par l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC).
La défense affirme qu’après plusieurs opérations de vente aux enchères, elle aurait procédé à un rapprochement entre l’inventaire initial et les véhicules effectivement retrouvés.
Selon cette version, 30 véhicules figurant dans l’inventaire initial seraient aujourd’hui introuvables.
C’est ce constat qui alimente les interrogations de Lansar Auto. L’entreprise estime que le rapprochement entre les 30 véhicules manquants et les 27 véhicules annoncés comme ayant été acquis par la Primature mérite d’être éclairci.
Autre point soulevé par Lansar Auto : le prix d’acquisition annoncé.
Les 27 véhicules auraient été achetés pour un montant global supérieur à 900 millions de francs CFA, soit environ 34 millions de francs CFA par véhicule.
Gorgui Dia estime que ce montant est particulièrement faible au regard de la valeur initialement annoncée pour certains véhicules du parc saisi, dont le prix pouvait atteindre plusieurs dizaines de millions de francs CFA supplémentaires. Il s’interroge également sur les conditions de leur cession et notamment sur la question d’une éventuelle vente aux enchères.
À ce stade, il est important de distinguer les soupçons exprimés par Lansar Auto des faits officiellement établis.
Lansar Auto affirme qu’il existe une correspondance possible entre les véhicules manquants de son ancien parc et ceux acquis par la Primature. Mais les éléments disponibles publiquement ne permettent pas, pour l’instant, d’établir avec certitude que les 27 véhicules achetés par la Primature sont précisément ceux qui auraient disparu du parc saisi.
Dakaractu rapporte d’ailleurs que Me Gorgui Dia ne dispose pas, à ce stade, d’un procès-verbal officiel permettant d’établir formellement cette correspondance.
L’affaire soulève ainsi plusieurs questions : quelle est exactement l’origine des 27 véhicules ? Dans quelles conditions ont-ils été acquis ? Quel organisme a procédé à la vente ? Et que sont devenus les véhicules manquants du parc initialement saisi ?
Ces interrogations placent l’ONRAC et les autorités concernées au centre de l’attention. Une clarification officielle des procédures de saisie, d’inventaire, de vente et d’acquisition permettrait de déterminer si les véhicules évoqués par Lansar Auto sont effectivement liés à ceux achetés par la Primature.
Pour l’heure, Lansar Auto demande des explications, tandis que la correspondance entre les 27 véhicules achetés et les 30 véhicules déclarés manquants reste à démontrer par des documents officiels.